Archives nationales, P 13, n
2. " A noz amez et feaulx les auditeurs de noz comptes et à noz seneschal, advocat, procureur et clerc de noz fiefz en nostre dit duchié. "
3. Les 12 et 21 octobre précédents, le roi s'adresse encore directement à son bailli de Berry pour semblable objet (Archives nationales, P 13, n"^ 312-313). De nouveau, le 3 décembre 1465, le roi recevra l'hommage de ses sujets berrichons (Idem, n» 432).
4. La première en faveur de Simon Jourdain, de Gorbigny en Nivernais, oii il est question d'une fausse bulle et d'un faux procureur de chevaliers teutoniques (Archives nationales, JJ 190, f" 42 VP) ; la seconde en faveur de Jean Valée, sergent royal au bailliage de Berry (même registre, f° 45 v»).
5. Cf. un don de dix tonneaux de vin portés à Tours " au duc de Berry", puis ramenés à Amboise, en septembre 1461 (Archives municipales d'Orléans, GG 558) . — G'est en septembre 1461 qu'il accompagna à Tours le roi faisant alors son entrée solennelle (Bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. V, p. 191) et il 3\ demeura encore en octobre, lorsque Louis XI y signa des lettres de pardon pour le duc d'Alençon (Archives nationales, JJ 198, fo 37) ; la présence de Gharles de France est mentionnée dans l'acte: *' Ainsi signé, par le Roy, en son grand conseil auquel monseigneur Charles de France, monseigneur le duc de Bourbon. . . et autres plusieurs estoient ".
LA CRÉATION DE l\\PANAGE 27
patentes de novembre 1461 ^ , que le moment est venu d'avantager son jeune frère, auquel leur père n'a jamais octroyé d'apanage et n'a même jamais donné « aucun nom ou titre » ^. Ce point a plus d'importance qu'on ne pourrait le supposer. S'il est avéré, en effet, que Charles de France portait déjà le titre de duc de Berry du vivant de son père, — sans qu'il y ait eu un acte officiel pour le consacrer — Louis XI devenu roi, n'aurait fait que confirmer un état de choses existant en ajoutant au titre une création d'apanage par laquelle était accordée au titulaire, avec des droits et des ressources personnelles, l'intronisation au nombre des pairs du royaume, à l'instar des anciens ducs de Berry. Sur ce point les historiens modernes ont été trompés ^, et l'un d'eux ^ a pu formuler cette opinion que Charles de France « tenait tout de son frère ».
Ne perdons point de vue la jeunesse du nouveau duc. Il a quinze ans à peine révolus. Ce n'est pas l'âge des grandes décisions, surtout chez un prince d'apparence maladive et de tempérament délicat. On ne s'étonnera donc pas de rencontrer peu de faits saillants dans l'existenceetl'entouragedu jeune Charles qui semble avoir généralement résidé à Bourges. Le roi lui accorde pour ses plaisirs des dons particuliers ^, qui peuvent s'élever à 1650 livres par an, indépendamment des 1200 livres de pension qui lui étaient servies régulièrement.
Au début de l'année 1462, Madeleine de France sa sœur,
1. Ordonnances des rois de France, t. XV, p. 208 ; — Lenglet du Fresiioy, édit. des Mémoires de messire Philippe de Commines (Paris, 1747, in-4),t.II, p. 358. — Cf. Dupin, Des apanages en général (1827), p. 29.
2. « Eu advis et regard à ce que nostre dit feu seigneur et père n'avoit encores fait appanage ne donné nom ou titre de seigneurie à nostre très chier et très amé frère Charles de France ".
3. Même Quicherat, annotateur de la chronique de Thomas Basin, t. II de l'édition, p. 100.