VIII INTRODUCTION
borer les récits de Jean de Roye ; témoin oculaire ^ , dépourvu de passion et d'hostilité irréfléchie, il se contente d'être un narrateur consciencieux qui enregistre honnêtement et sait, malgré quelques légères entorses à la chronologie, dont aucun de ses contemporains d'ailleurs n'est exempt, donner une juste représentation de la situation de Paris à l'époque troublée de la guerre du Bien public. Non utilisé jusqu'ici par les historiens du règne, il fournit certains détails qui ne sont pas à dédaigner.
Quoique insuffisamment informé de ce qui se passe au loin, Jacques Du Clercq, qui réside à Arras, nest pas un chroniqueur à mépriser ; ony lit quelques détails que ses contemporains ont ignorés ou volontairement écartés ; on y trouve surtout la confirmation des renseignements notés ailleurs ; ony constate encore une louable franchise, qui s'exprime par cette réserve significative (chap. 55): (r De toutes lesquelles choses je ne sçais pas bien le vrai ».
A ces principales sources d'autres, secondaires, peuvent être jointes : ce sont Mathieu d'Escouchy, Lefèvre de Saint-Remy, Jean Chartier^ pour les années de jeunesse de Charles de France ; Jean de Wavrin ; le roman du Joiwencel, composé par Jean de Biieil ; Olivier de la Marche, qui a connu le frère de Louis XI en Bretagne ; Jean de Haynin et la Chronique du Mont-Saint-Michel, pour l'année 14^65 ; Guillaume Leseur, pour les relations du prince avec la maison de Foix. C'est dans une mesure très restreinte que ces différents chroniqueurs apportent une indication nouvelle, et leur opinion importe assez peu. Les chroniqueurs étrangers offrent encore moins de ressources que les précédents .
Aïais ce sont surtout les documents d'archives inédits qui nous ont facilité la composition de ce livre. Ils sont fort nombreux et d'origine très diverse 2. On les trouvera pour la plupart en pièces justificatives. Ils viennent s'ajouter aux recueils déjà publiés sur cette période, l'un par Lenglet-Dufresnoy dans son édition de Philippe de Commines (114-7), l'autre par Quicherat dans le tome II des Mélanges historiques
{!) Jean Maiipoinl a un homonyme, qui achète en l^GS la seigneurie de Ver-lez-Chartrès (Archives départementales d'Eure-et-Loir, E 1808) par un acte où il est qualifié d'originaire « du pays de Poitou », et avec lequel il ne semble pas devoir être confondu.
(2) Archives nationales, à Paris ; Archives départementales de l'Ain, de l'Aisne, de rAvcyron, du Calvados, de la Charente-Inférieure, du Cher, de la Côte-d'Or, des Côtes-du-Nord, de la Haute-Garonne, du Gers, de la Gironde, de l'Indre, de l'Isère, des Landes, de la Loire-Inférieure, du Lot, du Lot-et-Garonne, de la Manche, de la Haute-Marne, de Meurthe-et-Moselle, du Nord, du Pas-de-Calais, des Basses-Pyrénées, des Hautes-Pyrénées, de la Seins-Inférieure, de Tarn-et-Garonne, de l'Yonne ; Archives municipales d'Agen, Albi, Amboise, Amiens, Angers, Auch, Aurillac, Bayonne, Blaye, Bordeaux, Bourg-en-Bresse, Bourg-sur-Gironde, Cadillac, Caen, Cahors, Caylus, Châlons-sur-Marne, Clermont-Ferrand, Condom, Cordes, Dax, Dun-le-Roi^