Sée, Louis Xr et les villes, pp
4. Jean Maubuc, portier de son hôtel, est gratifié par lui du don d'un moulin, au pays de Gaure, pour en jouir à perpétuité, le 17 novembre 1469 {Archives historiques delà Gironde, t. XXV, p 29). Cet hôtel, auquel Charles de France ordonna de faire diverses réparations en 1471 (Archives municiales de Saint -Jean -d'Angél\% CC 48 ; Pièce justificative n<* CXXXV), a été démoli à l'époque des guerres de religion ; il existe encore une rue du Château. — Par contre, les séjours du duc à Saintes ne paraissent pas avoir été très fréquents ; il donna à la ville, le 25 août 1469, le corps de logis qui devint l'hôtel de ville et le palais ; aujourd'hui la bibliothèque publique et l'école communale se partagent ce qui subsiste du vieil édifice très fortement remanié ; cf. Ch. Dangibeaud, La ville de Saintes à la fin du X/A'e siècle (Saintes, 1900), t. IV, p. 12.
5. D'après Massiou, Histoire de Saintonge et d'Aunis, t. III (1838), p. 371, qu'on peut d'ailleurs assez souvent prendre en défaut. Dans son Histoire de Saint-Jean-d' Angélij d'après les registres de l'échevinage (1886), l'ancien archiviste municipal Saudau ne laisse rien entrevoir des mauvais rapports que l'on a supposé avoir existé entre le duc et les habitants.
358 l'administration de la GUYENNE sous le duc CHARLES
tance ou de révolte de la part des habitants, on peut bien croire que le roi n'y aurait pas été étranger. C'est en effet l'époque (mai 1472) où Louis XI marchera vers la Saintonge pour s*en rendre maître, escomptant la mort de son frère.
D'aucuns ont également fait allusion ^ à des plaintes que les Bordelais auraient formulées contre l'administration de leur duc, à des maladresses que ce prince aurait commises, à une révocation faite postérieurement par Louis XI de toutes les innovations que son frère y aurait introduites au préjudice des habitants. C'est mal interpréter les textes que de leur donner un pareil sens, qui serait volontiers un contre-sens. Où sont ces plaintes ? Nul ne lésa jamais entendues. Où sont ces maladresses et ces innovations? Nul ne pourrait les citer. Tout cet échafaudage, bien peu solide, s'appuie sur un passage de l'ordonnance de mai 1473 par laquelle Louis XI, redevenu maître de la Guyenne, octroiera aux Bordelais de nouveaux privilèges, passage où on lit ceci : « sans ce que les restrinctions et nouvelletez qui leur pourroyent avoir esté sur ce faictes, du temps que icelluy nostre frère a tenu et possédé les dis pais et duché de Guyenne, leur puisse en aucune manière préjudicier, mais tout ce que par luy ou ses dis officiers auroit esté faict et innové au préjudice desdis privileiges, franchises, libériez, dons, cessions et octroys des dis supplians, nous l'avons de nostre plus ample grâce révocqué et adnullé » -. Voilà qui suffit à faire le procès d'un régime ! Ne voit-on pas là qu'il s'agit d'une vague formule, où le conditionnel est employé intentionnellement ? Ne comprend -on pas qu'en employant cette clause finale dans un texte destiné à des populations récemment redevenues françaises, le roi a eu principalement en vue d'effacer toute trace de l'autorité du duc défunt, et d'empêcher qu'on exhibât ultérieurement quelque texte dont il n'aurait pas eu connaissance en temps utile ?
Pour être sincère, il nous faut cependant ne pas celer un document qui semblerait devoir nous donner tort. Après les