‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 413 sur 598 · RELATIONS AVEC LA ROCHELLE · texte numérisé non relu

RELATIONS AVEC LA ROCHELLE

La Rochelle ne parait pas avoir eu à se plaindre de son nouveau maître. Dès le 2 juin 1469, les maire et échevins obtiennent la confirmation, « la plus grande et spécifique qui eust esté faicte » *, de tous les anciens privilèges et droits, nommément de ceux que mentionnent l'ordonnance de 1372 ; il suffira d'énumérer les principaux pour en souligner l'importance. La ville ne peut être séparée de la couronne ; les biens des habitants ne peuvent être saisis pour fortifier les châteaux et places des environs ; le roi s'engage à secourir la ville en cas de siège ; les bourgeois sont exempts de tous impôts qui ne seraient établis de leur consentement exprès, de la traite de dix sols par tonneaux de vin et de quatre deniers pour livre ; ils ne sont responsables* de leurs deniers communaux que devant eux-mêmes; les amendes qu'ils sont susceptibles d'encourir ne peuvent être taxées qu'en présence de deux bourgeois; ils ne sont soumis à aucun droit de péage pour leur commerce, par mer ou par terre, dans toute l'étendue du royaume ; ils jouissent des droits de communauté, de police, de justice sur les étrangers, de courtage, de lestage et de délestage des navires, d'acquisition de fiefs sans payer finance : le droit de noblesse est concédé aux maire et échevins, et à leur postérité. Par ses lettres, le duc Charles y ajoute encore : abolition du droit de baptisage ^ en leur faveur; octroi du droit de barrage ^, du droit de balisage*; don aux maire et échevins du pouvoir de conférer les offices ; exemption de commissions royales; autorisation de charger les marchandises d'un impôt de 2000 livres par an afin de contribuer aux fortifications et autres nécessités de la ville ; enfin, non obligation pour la banlieue de contribuer à la garde et défense de la cité.

La bienveillance témoignée par Charles de France aux Rochelais dès les premiers jours était telle qu'ils eurent tôt fait de la reconnaître. L'occasion ne tarda pas à se présenter. Le duc

1. Archives historiques de la Saintonye et de l'Aunis, t. XIV (1886), pp. 385-389. Cf. Archives nationales, JJ 214, f» 9 ; Bibliothèque nationale, ms. français 16906, fiF. 219-267, et français 18971, fif. 24-50.

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