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Entretien de la navigation

370 l'administration de la GUYENNE sous le duc CHARLES

ayant fait annoncer sa venue pour le 6 juillet 1469, on fit de magnifiques préparatifs pour le recevoir ; on lui prodigua les marques d'honneur les plus patentes : maire, échevins, pairs et notables de la ville, tous à cheval, l'allèrent chercher à la Moulinette, accompagnés d'archers et d'officiers qu'on distinguait à la livrée municipale dont ils étaient revêtus, et lui remirent les clefs. Un peu après, non loin de Tasdon *, ce fut le tour du clergé, en procession, chantant le « Te Deum » et d'autres hymnes, auquel s'étaient joints les abbés de Saint-Michelen-l'Herm *, de la Grâce-Dieu 3, de Gharon * et de Saint-Léonard-des-Chaumes ^, et les enfants de chœur des cinq églises paroissiales et des couvents, portant chacun un panonceau aux armes ducales. A l'entrée de la ville, à la porte Saint-Nicolas, on offrit au duc un dais richement agencé, que la ville avait fait confectionner spécialement, et porté par six échevins avec six lances ; puis le cortège ainsi constitué se dirigea en grande pompe vers la maison du maire Jean Mérichon, plusieurs fois gouverneur de La Rochelle ^. Le duc est monté sur un cheval bayard, vêtu d'une robe courte en damas blanc fourrée de martre. Quelques minutes après, une jeune fille richement parée se présente devant le prince, et lui offre « la figure et forme d'un cœur », symbole représentant par là, assure le chroniqueur, que «La Rochelle estoit vierge, c'est à dire à nul autre qu'à luy, et estoit chaste et entière en sa fidélité, et luy donnoit en ceste journée son cœur et le tout de ses habitans ». Des estrades élégamment parées, une fontaine artificielle supportée par quatre grandes cariatides figurant des hommes sauvages,

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