‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 416 sur 598 · ENTRÉE DU DUC A LA ROCHELLE · texte numérisé non relu

ENTRÉE DU DUC A LA ROCHELLE

embellissaient la ville. Des chants de réjouissance, puis des prières dites à l'église Saint-Barthélémy, complétèrent cette solennelle réception ; le lendemain un discours fort respectueux et louangeur pour le duc fut prononcé par un des personnages notables de la cité, M^ Jean Delacroix, licencié es lois, tandis que Téchevinage lui offrait cent cinquante marcs de vaisselle d'argenté

Les Rochelais s'entendirent fort bien à profiter de la présence de Charles de France dans leurs murs pour se faire octroyer encore quelque nouvelle faveur. Craignant que d'autres villes de l'apanage ne cherchassent à obtenir tel ou tel privilège susceptible de porter préjudice aux leurs, et à ceux de la Saintonge en général, et « jugeant d'aultruy par eulx mesmes », ils se firent délivrer, le 26 juillet, des lettres par lesquelles tous privilèges ou franchises accordés aux villes et communautés du nouvel apanage ne pourront porter tort à ceux de La Rochelle ; puis, le même jour ils obtinrent la suppression du connaissement pour les marchandises chargées dans leur port jusqu'à concurrence de 30 livres : sérieux avantage profitant aux commerçants Rochelais'-. Et, quelques mois après, comme les receveurs ducaux mettaient des obstacles à la jouissance du quart de la traite sur les vins et les blés transportés de Saintonge, — jouissance concédée par Louis XI en 1464, — les maire et échevins eurent recours au duc qui la leur octroya de nouveau par lettres du 23 octobre 1469^, après déduction faite des gages d'officiers et des frais obligatoires pour la perception de cet impôt : le produit en sera affecté aux travaux de défense et de fortification. L'année suivante, Charles de France affirme son autorité à La Rochelle par la nomination comme maire de la ville de l'un de ses hauts fonctionnaires de l'ordre judiciaire : Jean Langlois, seigneur d'Angliers, procureur général ^ ; et en

1. Archives Iiisloriques de ht Saintonge et de VAiinis, t. XIV (1886). pp. 389-393 (Histoire de La Rochelle, par Amos Barbet). — Cf. Jourdan, Ephémérides historiques de La Rochelle [ISQl), pp. 234-236 (d'après le Livre de la Poterne, le registre du gouverneur, etc.).

2. Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, t. XIV, p. 394.

3. Bibliothèque nationale, ms. français 18970, ff. 113 et 117 : cf. Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis (Amos Barbot), p. 394.

4: On peut voir dans le récit d'Amos Barbot, p. 407, comment Jean

s 72 l'administration de la GUYENNK sous le duc CHARLES

1471, c'est un de ses écuyers d'écurie ordinaires, Guillaume Fretis, qui occupera cette fonction.

Par lettres données à Saintes le 12 août 1469, Charles de France accorde ^ aux habitants de Saint-Jean-d'Angély le droit de souchet ^ pour dix ans, confirmant ainsi des lettres octroyées par Charles VI cinquante ans auparavant, pour aider aux réparations urgentes et fortifications de la ville. L'année suivante (25 juin 1470), il ordonne qu'on afferme de nouveau le droit de pavage octroj^éà la ville en lui conservant la destination primitive dont on l'avait détourné à tort '^. Plus tard,des difficultés naquirent entre le prince et les échevins de cette ville au sujet d'une somme de 118 livres 13 sous 2 deniers tournois à laquelle ils avaient été imposés : condamnés à payer par une sentence de la Gourdes Grands jours, les échevins refusèrent lorsque le sergent ducalJean Prévost voulut les contraindre à s'exécuter. D'où ordre à M^ Jean Duquesnoy, licencié es droits, de saisir d'office les cens et les rentes de la ville et d'en confier la gestion à des commis-^ saires spéciaux^. Sur protestation des habitants et du maire Elle Cumont,qui affirmèrent l'urgente nécessité d'employer aux réparations utiles les deniers et revenus communaux, la Cour des

Langlois réussit à apaiser le courroux du roi contre lui après la reprise de possession de la ville de La Rochelle par Louis XI, une fois Charles de France disparu. — Une quittance de Jean Langlois au receveur de Saintonge, du 26 juin 1470, est conservée à la Bibliothèque nationale. Pièces originales, vol. 1643, Langlois, n** 4.

1. Archives municipales de Saint-Jean-d'Angély, CC 11 n*> 37 (orig. jadis scellé).

2. Prélèvement de d'eux deniers par pinte de vin et cinq sous par tonneau, pour le vin vendu en ville, et de cinq sous par tonneau déchargé au port. On l'appelait « souquet » à Beaucaire (Sée, Louis XI et les villes, p. 118),

•et c'était le même impôt qu'on désignait dans le nord sous le nom d'appétissement de la pinte de vin. Charles de Guyenne l'accorda pour douze ans à la ville de Cahors le 26 août 1469 (Archives municipales de Cahors, CC 41) et à Saint-Sever. Voir ci-dessus, p. 365.

3. Bibliothèque nationale, ms. français 20584, n" 52 (en vidimus). Pièce justificative n» XCIV.

4. Archives municipales de Saint-Jean-d'Angéh', CC 54, n" 23 (expédition du temps). — L'analyse de cet acte (du 29 février 1472), donnée par l'inventaire imprimé des archives de cette ville, est fort erronée : la somme indiquée est inexacte, et le titre de « comte de Poitou » n'a jamais figuré dans ce document, qui débute ainsi ; « Karolus, filius et frater Francorum regum, dux Acquitanie, comes Xanctonensis et dominus Rupelle, priaio ex dilectiset fidelibus in curia nostra Magnorum Dierum consiliario, » etc.

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