Archives nationales, KK 261; Pièce justificative n» LXXX
6. Le fort du Hà, del Far, figure sur les anciens plans de Bordeaux, et notamment sur celui de Lattre (1733). Bâti en 1454, immédiatement après l'expulsion des Anglais, il était situé au-delà de la cathédrale, non loin du palais de justice actuel et de la prison ; le cours d'Albret passe sur son emplacement ; il existe encore tout près de là une rue du Hà, Henri IV avait songé un instant à le faire démolir ; mais cette masse incohérente et rébarbative a subsisté jusqu'au règne de Louis- Philippe. Voir L. Drouyn, Bordeaux vers U50 (1874), p. 122, et G. Jullian, Histoire de Bordeaux (1895), p. 446.
7. Le fort de la Lune était situé sur le bord du fleuve et a disparu
374 l'administration de la GUYENNE S^OUS le duc CHARLES
nocturne à l'embouchure de la Gironde, la Chambre des Comptes,, à laquelle le conseil ducal avait renvoyé une supplique des marins \ autorise la réfection du phare de Cordouan ^ par les soins du maître des œuvres du duché (14 avril 1472), et rétablissement d'un droit sur les bateaux chargés de vin qui montaient ou descendaient le long de la côte de Soulac '\ pour parer aux dépenses de cette reconstruction.
Les quelques années pendant lesquelles Charles de France gouverna la Guyenne ne furent pas toutes heureuses. Nous avons dit les ravages qu'y causa la peste * ; il semble bien qu il y ait eu en outre menaces de disette. On ne parviendrait pas autrement à expliquer les lettres^ par lesquelles il enjoignit aux sénéchaux de Guyenne, de Saintonge, de Périgord, de Quercy-Agenais et de Bazadais, d'interdire toute exportation, hors du duché, des blés en provenance des sénéchaussées de Périgord, Quercy et Agenais, pendant un laps de temps de trois mois ; il somma en même temps les capitaines des places situées sur le cours de la Garonne de ne pas s'opposer à la descente de ces blés par eau jusqu'à Bordeaux; il ordonna à tous abbés, chapitres, nobles et marchands possédant des greniers de les ouvrir et de faire conduire jusqu'à Bordeaux, où elles
également ; mais on peut dire qu'au centre du tableau que présentait la ville de Bordeaux au XVIIe siècle « s'étalait le majestueux croissant du port de la Lune » (Jullian, p. 420). — Le capitaine du château de la Lune était en février 1472 Jean Carbonnel, que l'on voit passer un marché avec Georges Du Chastel pour la fourniture d'un mât à une gabarre, réclamée à toute diligence par le duc de Guyenne (Bibliothèque nationale. Pièces originales, vol. 594, doss. 13863, n» 138). On rencontre le nom de Guj^ot du Molin, qualifié en mai 1472 de contrôleur des travaux des châteaux de Bordeaux (Bibliothèque nationale. Pièces originales, vol. 1781, de Lyon, n'> 8).
1. Ils avaient eux-mêmes une « fuste » qui devait transporter les matériaux et ainsi alléger les frais.
2. Bibliothèque nationale, ms. français 20855, p. 117 ; cf. G. Labat, Documents sur la ville de Royan et la tour de Cordouan, t. II (1888), pp. 4- 7, et Ch. Bourel de La Roncière, Histoire de la marine française, t. II (1900), p. 539.