Voir ci-dessus, p
PROTESTATION DES AUSCITAINS 381
d'université, les nobles étant à l'armée ou trop vieux pour se battre, les officiers ordinaires et commensaux du duc, du roi et de la reine : sur cette somme la quote part de la Bigorre et de l'Armagnac était comptée pour 5500 livres par an ^ auxquelles il fallait ajouter les émoluments dus au receveur Etienne Petit -, spécialement commis pour faire la levée de cet impôt dans la région, et ces frais montaient à 235 livres tournois"'.
Les Etats d'Armagnac avaient de leur côté accordé au duc de Guyenne une somme de 14000 écus comme impôt de « crue »; les habitants d'Auch se refusèrent à payer la part qui leur incombait ^, et, par devant notaires dûment appelés, le 27 juin 1471, assemblés dans la maison commune^, les notables habitants, marchands, bourgeois, ouvriers, avec les consuls de la cité en tête de liste, s'empressent de constituer des délégués, chargés de leurs procurations, qui pourront s'adresser de leur part au comte de Foix, gouverneur général du duché et lieutenant de Charles de France, chaque fois qu'il sera nécessaire, avec mission de protester et de s'opposer à la perception de cet impôt : ces délégués sont des habitants d'Agen, de Condom et d'Auch, auxquels sont adjoints des spécialistes et des jurisconsultes, procureurs et avocats au Parlement de Toulouse, procureurs à la Cour des Grands Jours de Guyenne, licenciés et bacheliers en droit et en décret. Nous ne savons ce qu'il advint de cette protestation, qui s'explique aisément^.
1. On prit cette décision le 6 novembre 1471, pour être valable le 1'^'' janvier 1472. Deux trimestres à peine s'étaient donc écoulés lors de la mort du duc de Guyenne ; et d'ailleurs le comte d Armagnac était rentré en possession de ses domaines dès le mois de décembre 1471.
2. On trouve déjà Etienne Petit receveur général du Languedoc en 1443 (Du Fresne de Bcaucourt, Histoire de Charles Vil, t. III, p. 466, et Bibliothèque nationale, ms. français 26071, n'> 4902), receveur et trésorier de France en 1464 (Archives nationales, KK 65), etc.
3. Archives nationales, K 71, n'*12; Pièce justificative n'> CXXVIII.
4. Augmentée de 25 livres que réclamaient les officiers ducaux sous prétexte que la cité d'Auch était divisée « per parsanos ».
5. Archives municipales d'Auch, AA 4, n" 334; Pièce justificative n" CXX
6. Auch, en effet, n'a jamais fait partie de l'apanage , mais des liens étroits ont toujours existé entre la Guyenne proprement dite et l'Armagnac : plusieurs fois au XVP siècle les consuls d'Auch se rendirent aux Etats de Guyenne ; en 1652, leurs successeurs sont informés que les ennemis du roi vont attaquer la ville pour se rendre maîtres de « toute la haulte Guienne ».
382 l'administration de la GUYENNE sous le duc CHARLES
D'après le compte de la recette de la sénéchaussée de Quercy, déjà cité^ la dépense des réparations, frais de justice, voyages, taxations, contributions à certains frais d'ordre général, et gages des officiers de la sénéchaussée, s'élève à 1714 livres 4 sous un denier, alors que les recettes ne représentent qu'un total de 1551 livres 2 sous 9 deniers : d'où un fâcheux déficit de 163 livres environ. Il en est de même ailleurs ; en Saintonge -, la recette monte à 7569 livres 6 sous 5 deniers, la dépense à 8167 livres 16 sous 9 deniers, d'où un déficit de 598 livres 10 sous 4 deniers, à reporter au prochain exercice. -
Un état général des fonds et des lieux sur lesquels étaient assignés les gages des fonctionnaires ducaux, dressé le 22 février 1471 ^, nous permet de connaître l'ensemble du budget de Charles de France. Indépendamment des revenus domaniaux précédemment indiqués, nous y remarquons les chiffres suivants : la ferme de la traite des blés en Saintonge rapporte 5500 livres tournois, la traite des vins à La Rochelle 9000, les aides de Saintonge 8000, les tailles de Saintonge 19000, les tailles du Périgord 6000, l'octroi du Périgord 2000, les tailles du Quercy 8000, l'octroi du Quercy 3000, l'octroi de la sénéchaussée de Guyenne 8000, l'octroi de la sénéchaussée des Lannes 2000, l'aide de la même sénéchaussée 8000, le salin de Guyenne 2000, le salin de Saintonge 6000, les tailles d'Agenais, Gascogne, Armagnac et des jugeries de Rivière et de Verdun 14000, l'octroi des mêmes sénéchaussées 7000. Ces sommes, jointes à quelques autres revenus divers, et à la pension de 12000 livres que le duc recevait du roi, formaient un total annuel de 163961 livres 5 sous.
Dans la sénéchaussée de Quercy, les dépenses se répartissent ainsi : ouvrages et réparations, 25 livres 10 sous 9 deniers ; frais de justice, 19 livres 2 sous 6 deniers ; voyages et taxations, 30 livres ; gages d'officiers, 852 livres 15 sous. Ces
1. Bibliothèque nationale, ms. français 23901, fF. 226-234 ; Pièce justificative no XCVII. — La comptabilité annuelle parlait du 24 juin, jour de la fête de saint .Tean-Baptiste.
2. Bibliothèque nationale, ms. français 23915, ff. 127-134 ; Pièce justificative no XCVIII.
3. Bibliothèque nationale, Pièces originales, vol. 1293, n'^ 29129 ; Piè( justificative n'> CXII.