Fierville, ouvr. cité, p
LA MISSION DE L ÉVÈQUE d'aLBI 393
pour la conclusion d'un mariage entre sa sœur D^ Isabel et Charles de France. L'un était héritier présomptif de la couronne ; l'autre allait devenir reine de Gastille, car Henri IV, pris de soupçons sur la légitimité de sa fille D"* Juana, avait reconnu formellement, Tannée précédente, les droits de sa sœur à sa succession. De Cordoue, Jean Jouffroy reprit, en compagnie de l'archevêque de Séville, le chemin de la France, passant par Madrigal ^ où résidait la princesse, et où il allait user de toute son éloquence persuasive pour la convaincre de la brillante perspective qui se déroulait devant elle si elle acceptait de s'unir à un futur roi de France. Mais D^ Isabel resta sourde à tant de belles paroles ; elle répondit modestement qu'elle devait obéir aux lois du royaume -, en réalité elle entendait n'obéir qu'aux caprices de son cœur, et épouser un prince de son choix, le fils du roi d'Aragon (leur union fut bénie en effet le 25 octobre 1469) ^,
Mécontent de cet échec, le cardinal Jouffroy rentre en France. Mais une alliance franco-castillane peut être consolidée par un autre moyen, *avec le concours efficace du grand-maître de l'ordre de Saint-Jacques-de-Compostelle, don Juan Pacheco, marquis de Viilena, qui correspond à cet effet avec Louis XI*. Le parti que D"* Isabel avait refusé, Henri IV ne tarde pas à songer à l'offrir à sa propre fille Juana, dite la «Beltraneja », à laquelle il pourrait restituer les droits à la succession qu'il lui avait précédemment retirés. Le roi de France en est informé^ dès la fin de novembre, par le protonotaire Don Luis Gonzalez de Atienza ^, qui vient le trouver à Amboise de la part de