SON TRAIN DE MAISON
mier panetier ; Artus de La Forêt et Golinet de Yonnes ont le titre d'écuyers tranchants ; Guillaume Prévost est maître des requêtes de son hôtel ; Ythier Marchant *, maître de sa chambre aux deniers, l'accompagne dans la plupart de ses déplacements. Il a un chapelain particulier, messire Gilbert Mareil, prêtre - , et un autre pour sa suite, messire Antoine de Morelet^ , également prêtre ; un médecin, Robert du Lyon* ; un
« petit seigneur » en 1455-1456 cet article : « A Colinet de Grossy, aiant l'administration et gouvernement de François de Lesparre, écuj^er, 144 livres ». (Archives nationales, K 530 b, n° 1).
1. Et non « un marchand nommé Ythier », comme l'ont imprudemment imprimé tour à tour Legeay, Histoire de Louis XI, t. I (1874), p. 305 ; H. Sée, Louis XI et les villes (1891), p. 359 ; et Gombet, Louis XI et le Saint- Siège (1903), p, 123. Ce personnage, un peu énigmatique, et dont l'influence plutôt néfaste paraît avoir été considérable sur Gharles de France, mériterait d'être mieux connu ; voir sur lui: Vitu, Notice sur François Villon (1873), p. 45, et Œuvres complètes de François Villon, publ. par Aug. Longnon (1892), p. 323. Il reparaîtra plus d'une fois dans la suite de ce travail. Je le suppose proche parent de Jean Marchant, que je trouve maître de la chambre aux deniers de la comtesse d'Angoulême en 1465 (Bibliothèque nationale, ms. français 26090, n° 421 ; Bibliothèque municipale de Reims, coll. Tarbé, carton 6, n" 5 ; et Dupont-Ferrier, Quœ fuerint tam a regibus quam a comitibus in Engolismensi apanato comitatu instilnta (Parisiis,1902,in-8),p. 235). Son prénom semble indiquer une origine berrichonne ou angoumoisine. Je le sais du moins fils de Aymeri Marchant, conseiller au Parlement de Poitiers (Ordonnances des rois de France, t. XIII, p. 218), puis au Parlement de Paris, et général des aides (Bibliothèque nationale. Pièces originales, vol. 1838, doss. Marchant, n" 238). La première pièce oii nous aj'ons rencontré le nom d'Ythier Marchant est du 22 octobre 1461 (Archives nationales, P 13, n° 316).
2. Il est en même temps chantre et chançine à la Sainte-Ghapelle de Bourges, et demeurera attaché à la personne de Gharles, tant et si bien que le roi, par lettres données à Montils-lez-Tours le 23 janvier 1472, l'en punit en lui enlevant sa prébende, laquelle est octroyée à Jean Beaufils, sommelier ordinaire du roi ; la protestation des chanoines contre cette nomination ne fut pas accueillie, et cependant il ne semble pas que Gilbert Mareil ait perdu sa place (Bibliothèque nationale, nouv. acq. latines 1534, iï. 92-93).
3. Qui remplaçait sans doute messire Robert Renart, prêtre, qualifié de même et titulaire d'une pension. On rencontre aussi mention du carme Guillaume da Rocher comme chapelain et confesseur de sa maison.
4. Le médecin Robert du Lyon paraît avoir joui d'une grande notoriété. Une lettre, très postérieure il est vrai (vers 1480), écrite à Louis XI par un autre médecin nommé Claude de Molins (publ. par Marchegay, Addition à la notice historique intitulée Jean Bourré, dans le Bulletin de la Soc. industrielle d'Angers, t. XXVIII, n*' C), signale le talent et le dévouement dont il a fait preuve, ainsi que son confrère maître Bernard, en soignant le jeune Cliarles, fils du roi, et ©n le guérissant.
apothicaire, Yvonnet Ghappelain ; un fauconnier, Jean d' Anton ^ ; un enlumineur, Jean de Laval ^ , à côté duquel il faut citer Henri de Vulcop, précédemment attaché à la maison de sa mère ^ , et un barbier, Guyon Radereau. Six écuyers forment sa garde d'honneur : parmi eux Ion remarque Jacques de Rochechouart *, Huguet Le Rascle, et un allemand, Richard Ahamer ^ , auquel il donnera plus tard (1470) en récompense la seigneurie de Monségur^ . Sa maison compte encore deux écuyers d'écurie (Guillaume de Sully, seigneur de Youillon, et Claude de La Châtre), un sommelier d'armures, un sommelier de fruiterie, quatre sommeliers de cave et deux de paneterie, un écuyer de cuisine, un cuisinier en titre, un saucier, un potager, un pâtissier, un boulanger, un barillier, un palefrenier, un chevaucheur, un maréchal, un fourrier, un huissier d'armes, et de nombreux pages et valets. Sa gouvernante figure encore sur les états de la dépense ducale, mais à titre de pensionnaire seulement et titulaire d'une rente de cent livres. Enfin Charles de France a désigné plusieurs juristes pour être à son service comme conseillers, avocats et procureurs en Parlement, le cas échéant ^ ; et il a décidé de leur attribuer des indemnités de
1. Cet officier, d'origine poitevine et saintongeaise, et parent de l'historien de Louis XII, épousa Marguerite de Mareuil. Voir, sur sa famille, Beauchet- Filleau, Dictionnaire des familles nobles du Poitou, 2« édit., t. I, p. 188.
2. Cet artiste est encore cité dans les comptes de 1467-1468 comme peintre de Charles de France, alors duc de Normandie (Bibliothèque nationale, ms. français 21477, 3. 28 et 47 ; Pièces justificatives n°^ XLI et LXI). — On le trouve aussi momentanément employé par le roi à peindre des panonceaux pour l'enseigne du capitaine de sa garde, en 1464 : « A Johannes de Laval, peintre de Monseigneur le duc de Berry, la somme de quatre livres tournois contenue oudit VII*^ roolle, pour sa façon et estoffes d'avoir fait et assiz de fin or batu sur l'un desdits panons, d'un costé et d'autre, ung grant soleil gettant raj^es )) (Archives nationales, KK 65, f» 114). Cf. même registre, fo 67 yo ; publ. dans les Nouvelles Archives de l'Art français, 1878, p. 193; et Bibliothèque de l'École des Chartes, LV (1894), p. 312.
3. Pièce justificative n« II. — Cf. L. de Grandmaison, Essai d'armorial des Artistes français, dans Réunion des Sociétés des Beaux Arts des départements, XXVIir(1904), p. 589.
4. Geoffroy de Rochechouart rend hommage à Charles de France pour diverses seigneuries du Berry, le 22 juin 1463 (Archives départementales du Cher, C 814, fo 25).
5. Cité quelquefois, mais à tort, sous le nom de Ahanier (c'est ainsi qu'il a été classé au Cabinet des titres de la Bibliothèque nationale).