Bibliothèque nationale, ms. français 15537, f
pitoyable plaidoyer ! Et quels déplorables arguments ! On sent au fond de tonte cette rhétorique peu sincère un esprit très anxieux, une âme exempte de noblesse ; et c'est là tout Louis XI.
D'une note anonyme remise au roi, vers le début d'octobre, sur ce qui se passe à la cour de son frère, il ressort que l'abbé de Bégar et Ythier ^larchant sont à cette date auprès du duc de Bourgogne, sans doute pour continuer les négociations relatives au mariage ; le bruit courait que la princesse Marie de Bourgogne serait en Guyenne avant deux mois ^ Aussi la méfiance du roi augmente-t-elle chaque jour. Toute sa politique succombera si cette union, tant redoutable à ses yeux, se réalise. Une dernière tentative est décidée pour déjouer les « détestables » projets de Charles de France.
Dès les premiers jours de novembre partent pour Bome deux nouveaux plénipotentiaires, Guillaume Compaing, archidiacre de l'église d'Orléans et conseiller au Parlement, et Antoine Baguier, secrétaire du roi '-. Ils doivent prier instamment le pape Sixte IV de maintenir dans toute sa vigueur le serment par lequel Charles de France s'est engagé formellement à ne pas épouser Marie de Bourgogne ^. Ils s'efforceront de contrebalancer les influences que peuvent exercer à Bome les diverses ambassades du duc de Guj^enne : la première, au mois d'août, était composée du sénéchal Patrick Folcart et du sénéchal Louis Sorbier^; la seconde, qui suivit de près, et avis pris spécialement de Jean Aubin, de Thierry deLenoncourt, del'évêque de Montauban et de l'abbé de Saint-Jean-d'Angély réunis en conseil 5, fut dirigée par l'évéque de Montauban, à qui fut