‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 462 sur 598 · APPEL AUX ARMES · texte numérisé non relu

APPEL AUX ARMES

roi de France a tôt fait de convoquer le ban et l'arrière-ban de ses meilleures troupes ^ ; de la sorte, il force ses voisins à agir en conséquence, à rechercher des alliances, à prendre toutes précautions indispensables. C'est ainsi que Charles de Guyenne se voit, lui aussi, contraint de faire appel aux nobles de son apanage- ; c'est ainsi que, par acte du 21 juin 1470, il renouvelle solennellement et jure d'observer les traités de Caen et d'Ancenis^. Puis, le 30 juillet suivant ^ il promet, à Reculée-lez- Angers ^, d'aider de tout son pouvoir Henri VI à remonter sur le trône d'Angleterre ^\ et à tenir la main à l'exécution des conventions nuptiales réglées entre le prince de Galles et Anne,

1. Voir, par exemple, les montres faites les 6-12 mai 1470 à Tours, Chinon. Loches et Craon par Georges de La Trémoille ; en juin, à Bourges, Château neuf-sur-Cher, Graçay et La Châtre, par Guillaume de Thouars, «t à Argenton par le maréchal de Commiuges ; en juillet à Sens, Melun et Montargls par Robert de Connyghara ; le 1*' août à Poitiers, par Louis de Crussol, sénéchal ; le 13 septembre, à (^aen, par le maréchal de Lohéac (Bibliothèque nationale, collection Clairambault, ms. 235, ff. 125 à 137).

2. Mandement adressé de Surgères, le l''^' juillet 1470, à Odet de Lomagne (Catalogue d'une inléressanle série de lettres autographes et de documents historiques, vente du 29 avril 1904, u^ 13). — A Surgères, le duc était l'hôte de Jean Aubin son chambellan, qui y tenait garnison et n'était pas tendre pour ses voisins ; on a cité à cette même époque ses vexations et agressions contre les enfants mineurs de Pierre de Peyré, seigneur de Ciré en Aunis, qui avait combattu dans les troupes roj-^ales à Montlhéry et avait eu un frère tué ; les fermes leur appartenant avaient été incendiées et la terre de Ciré remise brutalement aux mains du duc de Cnj-^enne ; Jean de Peyré, venu au secours des jeunes enfants, fut mis à mort, et les meurtriers obtinrent des lettres de rémission du duc de Guj'^enne, puis en 1473 du roi (Archives historiques du Poitou, t. XXXVIII, pp. 392-394).

3. Archives départementales de la Loire-Inférieure, E 96. — Dans le courant du même mois, ces traités sont successivement confirmés par Antoine de Chabannes, Nicolas marquis du Pont, Jean duc de Bourbon, Alain d'Albret, Jean duc de Calabre, Jacques duc de Nemours, Louis de Bourbon comte de Montpensier, Gaston comte de Foix, le maréchal de Lohéac (André de Laval), Guillaume d'Harcourt, Jean duc d'Alençon, et le marquis de Canillac, chambellan du roi.

4. Lettres de rois et reines, publiées par Champollion-Figeac (Collection des Documents inédits, t. II, p. 488).

5. Aujourd'hui faubourg d'Angers, en amont sur la rive droite de la Maine (Maine-et-Loire). L'éditeur de ce texte a malencontreusement lu ce nom « Rinter », sans pouvoir, bien entendu, l'identifier. Sur le manoir de Reculée, récemment construit et richement décoré, voir Lecoy de la Marche, Le roi René, t. Il (1875), pp. 39-41.

6. Henri VI mourut assez mystérieusement à Londres le 21 mai 1471.

l'une des filles de Warwick ^ ; il s'est retrouvé en Anjou avec Warwick, le duc de Clarence, Marguerite d'Anjou et son fils Edouard, tous adversaires déclarés d'Edouard IV ; il a reçu du roi 5500 livres tournois à titre d'indemnité exceptionnelle pour qu'il pût supporter la dépense occasionnée par ce voyage *, au cours duquel il assista, le 25 juillet, à Angers -^ à ce mariage du prince de Galles qui paraissait lui tenir fort à cœur.

Un événement considérable s'était produit entre temps : le 30 juin, la reine de Ffance mettait au monde, à Amboise, un fils tant attendu. On l'appela Charles. Il devint l'héritier du trône, tandis que le duc de Guyenne s'en trouvait définitivement écarté- Le roi ne put dissimuler sa joie. Son frère n'en témoigna publiquement aucune mauvaise humeur. Il affecta même de continuer officiellement à rester en bons termes avec le roi et ne songea pas à modifier la ligne de conduite précédemment adoptée depuis quelques mois. On le vit solliciter du roi une lettre de recommandation auprès du pape et de certains cardinaux en faveur de son grand aumônier le prieur de Saint-Marcel, désireux de se faire attribuer les revenus de l'abbaye de Saint- Jean-d'Angély *. Recevant à Bordeaux, au mois de janvier 1471, une lettre du duc de Bourgogne, il n'osa prendre sur lui de répondre avant de s'être informé plus sûrement de l'exactitude des faits auxquels elle se référait ^. Et les messages continuèrent toujours fréquents entre les deux frères ^.

1. Le 5 juin, Jacquet Rabateau avait annoncé à Jean Bourré que Warwick avait pris la mer « à grant armée d'Anglois » qui descendroni on ne sait où (Bibliothèque nationale, ms. français 20488, f" 24 ; cf. ms. français 20483, f*^ 8).

2. Extrait d'un registre de la Chambre des comptes (Bibliothèque nationale, ms. français 20691, p. 908).

3. Le séjour de Charles de France à Angers es! encore signalé par sa présence à la rédaction des lettres de pardon accordées, sans doute sur sa demande, par Louis XI à Poncet de Rivière et à Pierre d'Urfé (Commines, édition Dupont, t. III, p. 269, et Archives historiques du Poitou, t. XXXVIII, p. 269).

4. Bibliothèque nationale, ms. français 20855, p. 75 ; Pièce justificative n" CIV.

5. Original (Bibliothèque de la ville de Nantes ; Autographes, vol. 668, n" 16) ; copie contemporaine (Archives départementales du Nord, Registre de Lettres missives, fo 213). Pièce justificative n» CVIII.

6. En juillet et en août, on possède la trace de deux messages (Biblio-

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