RUPTURE AVEC LA BOURGOGNE
Mais dans l'entourage des deux princes, on souhaitait plutôt la guerre. Certaines gens ont toujours tout à gagner à pêcher en eau trouble. Les uns comptaient sur la faiblesse du duc de Guyenne, facile à conduire ; les autres sur l'esprit inquiet du roi, qui ne pouvait jamais être en repos \ toujours prêt à la lutte. Un des plus sérieux champions de la guerre était le connétable de Saint-Pol ; ses terres se trouvaient dans les domaines du duc de Bourgogne, et il avait grand désir de les recouvrer ; il prétendait avoir assez d'intelligences en Flandre et en Brabant pour y faire naître une rébellion contre Charles le Téméraire. Le duc de Guyenne se laissa persuader que les 400 ou 500 hommes d'armes dont il pouvait disposer pourraient utilement aider le roi -.
L'horizon s'assombrissait singulièrement. Entre Louis XI et le duc de Bourgogne le fossé s'élargissait-'. L'assemblée des notables que Louis XI réunit à Tours en novembre 1470* déclara le roi affranchi du traité de Péronne imposé par la violence, prononça la confiscation des biens du duc de Bourgogne situés en France, et formula l'avis que les ducs de Guyenne, de Bretagne et d'Anjou n'étaient nullement tenus d'observer à l'égard de Charles le Téméraire les promesses d'amitié qu'ils avaient signées. Peu de temps après (16 lévrier 1471), les ambassadeurs royaux, l'évêque Louis de Harcourt, Tanneguy du Chàtel, Yves
thèque nationale, ms. français 6758, ff. 58 et 59) ; eu septembre et en décembre 1470, on en peut signaler deux chaque mois (ms. français 6758, ff. 63 et 66 ; ms. français 6759, ff. 74 et 76 v") ; en janvier 1471, trois (Idem, ff. 80 v», 81, 82) ; en février 1471, un (Idem, f" 92 v") ; en mars 1471, un (Idem, fo 94 bis v°).