Histoire de France, t. III (1875), p
Viri ville l'admet au contraire ^ ; tandis que Henri Martin écrit ^r <( La meilleure justification du roi paraît être dans la longue maladie de son frère ; un homme empoisonné par un fruit ne survit pas huit mois » •'. Legeay, biographe de Louis XI ^, n'insiste guère sur la fin prématurée du duc de Guyenne, et se complait à hausser les épaules en présence de l'accusation, née aussitôt après sa mort, et répandue très vite, puisqu'on la retrouve inscrite dès 1477 dans le livre de raison tenu par un habitant d'une province fort éloignée du théâtre des événements, Guillaume de Bagnols ^.
Cette histoire, acceptée par les uns, rejetée par les autres, est plus que sujette à caution et inventée après coup ^. Colette de Chambes, étant morte le 16 décembre 1471, n'a pas pu, en plein hiver, manger la moitié d'une pêche offerte par l'aumônier de la maison ducale ; car une pêche mure à cette époque " eût été un fruit bien rare, même pour le menu d'un repas offert à un prince. Puis l'effet si lent du venin, sur un corps affaibli et malade comme l'était celui de Charles de France, doit nous laisser bien incrédules. Laissons donc ce récit fabuleux, que les historiens ont répété à l'envi, et où la légende a fait victorieusement son chemin. La vérité est très différente.
Depuis un an le duc de Guyenne, déprimé,>dépérissait d'un jour à l'autre^. Médecins et chirurgiens se trouvaient malhabiles à le soigner ; ses forces diminuaient peu à peu ; des sueurs étranges l'affaiblissaient ; une fièvre inquiétante le minait ^. Il semble bien qu'il y ait là tous les symptômes d'une maladie de