SON TOMBEAU
reaiix qui séparoit le chœur, sur laquelle estoit un pourlraict de ce duc, mais elle en fut ostée du temps du cardinal de Sourdis ». Ce serait donc à un modeste médaillon que ce serait borné le monument projeté, dont le roi avait voulu faire les frais; et ce médaillon aurait disparu au temps du cardinal de Sourdis, c'est-à-dire entre 1600 et 1628 ^ D'ailleurs il est bien évident qu'un véritable tombeau a élevé», comme ceux des archevêques Arnaud de Canteloup, Hélie de Raymond et Pey Berland, placés jadis sous les enfeus qui entourent le chœur de la cathédrale de Bordeaux, n'aurait pu trouver place « contre la première marche du chœur par où l'on monte à l'autel » (les cérémonies du cuite en eussent été singulièrement gênées), mais bien dans le déambulatoire ou dans les chapelles absidales, comme le tombeau d'Antoine de Noailles, lieutenant du roi en Guyenne, ou celui de Jeanne de La Tour, inhumée dans le chœur parce qu'elle était princesse de sang royal -.
Sympathique à la population qui l'avait bien accueilli, ayant toujours agi dans l'intérêt de ses administrés, le duc fut certainement regretté, ainsi que nous en trouvons la preuve dans une chronique locale, d'ailleurs tardive ^': «L'abbé de Saint- Jeand'Angély, soupçonné d'avoir fait prendre le poison au duc, fut contraint de vider la ville, aultrement le peuple Teût assommé, tant il estoit affligé de la mort du duc Charles ».
Le frère Jourdain Faure, abbé de Saint-Jean-d'Angély, ne s'éloigna d'ailleurs pas de Bordeaux d'entière bonne volonté » '. Odet d'Aydie, après la disparition de son maître, fit
î. L'ouvrage de Ph. Moreau, Le tableau des Armoiries de France, paru en 1609, et que cite Marionneau, dit seulement : « Charles duc de Guienne, fils de France- étoit représenté à nud chef à Saint André de Bordeaux, mais ses armes ôtées, puis naguiéres étoient timbrées de couronnes à hauts fleurons ». Assurément la conclusion qui tirent de ce texte et Marionneau et l'abbé Catien, annotateur de Lopés, est tout à fait imprévue. J'ai consulté sur ce point M. Paul Çourteault, si documenté sur l'histoire de Bordeaux, qui a bien voulu me confirmer dans mon opinion.
2. « Prout stirpem regiam decet » (Archives historiques de la Saintonge^ t. XXIÎI, p. 307; . Ceci expliquerait pourquoi les chanoines se proposaient d'y placer aussi le duc Charles qu'ils s'engageaient à traiter « en fils de roi ».