‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 507 sur 598 · MANIFESTE DU DUC DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

MANIFESTE DU DUC DE BOURGOGNE

les (^ officiers, domestiques et commensaux » du duc délunt, en Ibnctions à l'époque du décès de son frère, jouiraient leur vie durant des privilèges, franchises et libertés qui leur avaient été accordés par C.harles de France. Louis XI spéculait ainsi sur le caractère propre aux courtisans, enclins à se rapprocher toujours du pouvoir, et sur la nécessité de vivre qui empêche les fonctionnaires de demeurer dans l'opposition : leur ancien maître disparu ^ la plupart devaient fatalement se rallier sans peine au dispensateur des places et des bénéfices, à celui qui promettait de conserver aux titulaires des charges et des emplois, quels qu'ils fussent, tous les avantages qu'ils en avaient précédemment retirés. Louis XI savait ne pas s'y tromper ; l'appel produisit son efï'et-, et à dater de ce jour on retrouve auprès du roi de France bçaucoup d'officiers, de

et châtellenie de Tours, dans une collection particulière ; Pièce justificative n" CXLVI. — Le lendemain 14 juin, fut signé le pardon de tous les rebelles (Commines, édit. Lenglet-Dufresnoy, t. III, p. 195). Le roi avait reçu la supplique suivante à laquelle il avait fait bon accueil : « Plaise au Roy nostre Sire donner à ung chascun des povres officiers de feu monseigneur de Guienne vostre frerc, que Dieu absoille, une lettre d'affranchissement en pareille forme et manière que ses propres officiers les ont, et afin que chascun d'iceulx puisse monstrer de sondit affranchissement que au vidimus d'icelui on adjouxte et donne foy comme en l'original, et soient icelles parties contenues en icelui original » (Bibliothèque nationale, ras. français 20495, f^' 90;.

1. La mort du duc eut de singulières conséquences. La solde des archers et hommes d'armes tenant garnison en Quercy sous Gilbert de (Jiabannes n'avait pas été régulièrement payée pendant la longue maladie de Charles de Guyenne ; quelques-uns d'entre eux rentrèrent chez soi. On dressa un rôle de ces paiements non effectués, et on l'adressa à Denis Du Sablon ; mais le duc disparu, il fut impossible de découvrir la demeure de ce comptable, même de savoir s'il était mort ou vivant, et le rôle ne put jamais être retrouvé (Bibliothèque nationale, ms. français 27971, dossier 33621, n " 10).

2. Quelques officiers avaient prématurément quitté le service de Charles de Guyenne, comme on abandonne un navire qui est sur le point de sombrer ; par exemple Jean de La Doue, contrôleur de la recette ordinaire d'Agenais, dont la fonction vacante pour ce motif est attribuée le 9 février 1472 par le duc à Jacques Gruete, «hasteur de la cuisine de nostre bouche » (Archives départementales de la Gironde, G 4102 ; publ. dans les Archiveit liisloriqnes delà Gironde, t. XXV, p. 23). De même, dès 1471, Guillaume de Sulh% l'ancien défenseur de Bourges, avait accepté du roi la charge de sénéchal de Rodez et reçu une partie des dépouilles du comte d'Armagnac (Archi^ ves départementales de la Haute-Garonne, B 4, ff. 331, 379 et 417 ; x\rchlves nationales, X'^ 8606, f'^ 259 ; Bibliothèque nationale, ms. Clairambault 782,f"199).

466 LA MORT DE CHAULES DE FHANCE

magistrats et de serviteurs dont les noms figuraient précédemment dans les états des comptes du duc de Guyenne, et parmi eux quelques-uns de ceux qui avaient combattu le roi avec le plus d'acharnement *. Voici quelques exemples.

Gilbert de Chabannes, seigneur de Curton, de très bonne heure attaché à Charles de France à qui il prêta de fortes sommes d'argent, capitaine de Gisors en 1465, puis sénéchal de Guyenne, capitaine de La Réole et de Marmande, devint plus tard pour le roi sénéchal et capitaine de Bazas, puis gouverneur et sénéchal du Limousin, chevalier de l'ordre du roi -.

Jean Aubin, seigneur de Malicorne, est porté en 1473 sur l'état des officiers au service de Louis XI comme jouissant de 1200 livres de pension •■ ; de même Louis Sorbier, ancien sénéchal de Périgord et ({ui l'était encore en 1483 '' ; de même Colinet de La Croix, ancien sénéchal des Lannes •'.

Odet d'Aydie '', ancien bailli de Cotentin en 1454-1455, lieutenant du duc de Bourbon en Normandie à l'époque de la Ligue et l'un des confidents de Charles de France, est en 1470 conseiller du roi dont il a reçu 10000 écus, et, le jour de la mort du duc de Guyenne, il est qualifié d'amiral de Guyenne et de capitaine de Blaye ; des lettres de pardon lui sont accor-

1. Le trésorier Pierre Morin passa, lui aussi, au service du roi. qui le chargea, en décembre 1473, d'établir exactement le domaine de Guj'enne et <i'y réprimer les abus qui s'y sont introduits (Pièce justificative n" CXLVII); en 1474, il occupe les fonctions de contrôleur des recettes de Guyenne (Bibliothèque nationale, Pièces originales, vol. 2053, Morin, n** 10). Plus tard on le retrouve il478) argentier de la princeî>se de Viane, puis en 1494 général des finances en Navarre (Archives départementales des Basses-Pyrénées, E 80 ; (radier, Le livre des syndics des Etats de Béarn, 1889. pp. 97, 100 et 350).

2. Lettres de Louis A7, édit. Vaesen, t. V, p. 33 ; Bibliothèque nationale, ms. français 4643, f" 62 ; Archives nationales, X»=» 8606, fo 291. Cf. Comte de Chabannes, Histoire de la maison de Chabannes, passim. — Le 14 décembre 1473, le Parlement de Paris ordonna de mettre une mention spéciale sur les lettres par lesquelles (Charles de Guyenne avait fait don à Chabannes des seigneuries de Mirabel et de Béalville (Archives nationales, X»a i486, f" 123).

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