Légende empruntée au « Livre des psaumes », cxvii
aux armes de France et de Guyenne ', et cantonnée de fleurs de Jys et de léopards alternés.
Poids : 7 gr. 76, double (et même davantage) de l'ancien franc à cheval de Jean II et de Charles V (3 gr. 80).
Pièce magnifique et précieuse ^, dont il n'y a pas d'analogue en France, et d'excellente fabrication. Frappée à titre d'essai, elle n'a jamais dû circuler comme monnaie de change.
[Cabinet de France, n" 1504 (anc. collection Dassy et Gariel).J
PuBL. : Poey d'Avant, Monnaies féodales de France, pi. 67, n« 8 ; — Caron, Monnaies féodales, pi. XI, n° 13 ; — Engel et Serrure, Traité de numismatique du moijen-àge, t. III, p. 1002 (fig. 1561).
IV, — Hardi dor .
A. Une fleur de lys entre un point et un signe indéterminé. KAROLYS-.-DVS-.AQVITANIE. Au centre, buste du duc, de face, couronné, tenant une épée, dans un cercle quadrilobé.
1. Et non d'Angleterre comme on l'a écrit très souvent, par suite d'une quasi similitude (on sait que les armoiries d'Angleterre ont trois léopards, celles de Guyenne n'en ont qu'un), et aussi du fait que les monnaies frappées à Bordeaux après la conquête de la Guj^enne sont toujours inspirées très nettement des anciennes monnaies frappées dans la même ville pendant la domination anglaise ; la comparaison ne laisse subsister aucun doute à cet égard, et il suffit de jeter un regard sur les diverses figures représentées sur la planche lxmi du livre de Poey d'Avant.
2. Décrite pour la première fois par de Boze dans l'Histoire de l' Académie royale des inscriptions, t. I (1717), p. 288.
3. On sait que le mot « Hardi » en numismatique dérive par corruptioii de l'anglais « farthing », signifiant « liard ». Cf. A. de Longpérier, dans la Revue numismatique, 3" série, t. II (1884), p. 103, et H. Gruebcr, Handhook of the coins of Grcat Uriiain and Ireland in the Britisli Muséum (1889). C'était une monnaie originaire de Guyenne qui fut frappée également en. France sous Louis XI, (Jharles VIII et Louis XII ; mais le Hardi d'or est un produit spécial de l'atelier bordelais. Dans une ordonnance de Louis XI, du 17 novembre 1473, il est dit que le roi, avant de céder la Guyenne à son frère, avait prescrit la fabrication de hardis à trois deniers de loi et à seize sols huit deniers de taille, et de deniers bourdelois à seize grains de loi ; que, au temps où Charles était duc de Gujenne, on avait frappé des hardis à trois deniers de loi et à dix-huit sols de taille ; qu'enfin, aprèslamort de son frère, le roi avait signé des ordonnanceg sur les monnaies sans mentionner les hardis et les deniers bourdelois. Il réparait cette omission en faisant frapper de nouveaux hardis. Cf. Ordonnances des rois de France, t. XVIII». p. 432.
MONNAIES d'oH 491
R. -f- : XPC: VINCIT : XPC: RENAT : XPG: INFERAT.
Croix feuillue, cantonnée de deux fleurs de lys et de deux léopards, dans un cercle quadrilobé.
Poids 3 gr. 25.
[Pièce importante, spéciale à la Guyenne et n'ayant sa similaire en France qu'en argent.
[Cabinet de France, n" 1506; Collection Ern. Labadie,à Bordeaux.)
PuBL. : Duby, Traité des monnaies des barons, pi. 38, n° 12.