‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 55 sur 598 · Lettres de Louis XI, t. II, p · texte numérisé non relu

Lettres de Louis XI, t. II, p

9. Archives départementales du Cher, série G ; — Jacques Soyer, dans les Mémoires de la Société historique, littéraire et scientifique du Cher 4® gériî, t. XIII (1898\ p. 166.

tient aussi des lettres apostoliques en faveur du trésorier de la Sainte-Chapelle S ainsi que des privilèges du pape en faveur de quelques-uns des religieux de son entourage ^, et parait avoir conservé, même après son départ, de bonnes relations ^ avec ces autorités berrichonnes.

Le caractère doux et conciliant du prince avait dû lui attirer les sympathies les plus étendues, bien que, encore assez inexpérimenté, il ait généralement abandonné une assez grande autorité à ses officiers. Mais quelques-uns d'entre eux, et non des moindres, étant originaires du pays, les froissements pouvaient

1. Bibliothèque nationale, nouv. acquisitions latines 1534, ffo 74 v^ et 78. — Plusieurs ecclésiastiques berrichons, attachés à la personne du duc, le suivirent quand il quitta le paj s. Benoit Richard, chapelain de la Sainte- Chapelle, aj'ant eu quelques déboires à Bourges, partit pour rejoindre Charles de France avec le consentement du chapitre, puis lorsqu'il revint, suppliant qu'on lui rendit sa prébende (mai 1469), ses confrères ne lui tinrent pas rigueur (Idem, nouv. acq. latines 1534, f" 31).

2. Notamment à Pierre de Callemesnil, à Guillaume d'Auge, à Jacques Boucher, à Louis de Neufbourg: " Dudum tibi pro meritis singulis Pétri de Calesmenil, canonici sacre capelie Bituricensis, magistri in artibus, et Guillermi d'Auge, decani ecclesie Béate Marie de Cleriaco, Aurelianensis diocesis, in medicina doctoris, et nonnullarum aliarum personarum per nobilem Carolum ducem Bituricensem nobis nominatarum, tria ecclesiastica bénéficia , volentes Petrum, Guillelmum et alios , consideratiomem

prefati ducis nobis super hoc humiliter supplicantis, . et omnia bénéficia,

cum cura vel sine cura, que quilibet Pétri, Guillelmi et aliorum nominatorum.... obtinetvel expectat, tibi cum prefato Petro de Calesmenil qui, in artibus magister, elemosinarius dicti ducis ac ipsius capellanus existit, ac Jacobo Boucher, in utroque, et Johanne Baretti, in decretis bacallariis-, Johanne de Motha, decretorum doctore, Ludovico de Novoburgo, magistroin artibus, Galesio Gourdin, in artibus etiam magistro, Senonensis, Turonensis, Parisiensis, Rothomngensis et Morinensis diocesis, familiaribus ac dilectis dicti ducis, ut quecumque tria, dummodo graduati fuerant, cum aliis familiaribus vel dilectis ducis, ut quecumque duo bénéficia, curata seu alia invicem incompatibilia.... recipere, et retinere licite vaîeant ", 25 avril 1464 (Archives du Vatican, Pie II, Registre 513, f' 165»). — La lettre est adressée au cardinal -prêtre du titre de Saint-Eusèbe, Richard de Longueil, évêque de Coutances.

3. Lorsqu'en 1470 Charles recommanda, en même temps que le roi il est vrai, un enfant de chœur aux chanoines de la Sainte-Chapelle de Bourges, sa demande fut favorablement accueillie (Idem, nouv. acquisitions latines 1534, f'J48). A peu près à la même époque, on a signalé un don de 30 sous tournois que les ménestrels de l'ancien duc de Berry reçurent des mêmes chanoines (Archives départementales du Cher, C 22, f" 129 ; Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements, 1908, p. 84).

l'université de BOURGES 43

peut-être disparaître plus aisément, et les combinaisons d'influence locale avaient chance, malgré les rivalités toujours à redouter, de mieux réussir.

Ce qui d'ailleurs put, dans une certaine mesure, contribuer à rendre le jeune duc de Berry assez populaire, ce fut l'idée qu'il voulut réaliser de créer à Bourges, priinatie d'Aquitaine, une université K On voit là une de ses premières préoccupations après qu'il eut pris possession de l'apanage. Le pays était assez pauvre. Ce pouvait être plus tard une source d'honneurs et de revenus pour la ville. Louis XI, qui lui-même avait déjà participé à la fondation des universités de Nantes et de Valence, fit bon accueil à cette proposition ; et, dans les lettres patentes qui établissent dans la capitale du Berry l'Université de droit, médecine et arts (décembre 1463), avec des privilèges égaux à ceux dont jouissaient les établissements similaires de Paris, Orléans, Tours et Poitiers, il prend soin d'indiquer que son frère a bien été l'instigateur de cette création -. Une bulle confirmative du pape Paul IV rappelle également cette précieuse intervention. Mais l'installation de la nouvelle Université n'eut lieu qu'en 1467, et, lorsque les fondations rivales demandèrent sa suppression " peu de temps après (1470), le jeune duc de Berry n'était plus à Bourges pour s'intéresser à l'institution dont il avait préconisé l'organisation et suivi les premiers progrès *, ayant donné

1 . Marcel Fouruier, L'ancienne Université de Bourges, dans les Mémoires de la Société historique, littéraire et scientifique du Cher, 4*^ série, t. IX, (1893), pp. 3-93.

2. *' Cum itaque nuper a nobis pro parte carissimi ac dilectissimi fratris nostri Càroli, ducis Bituricensis, requlsitum cxtiterit ut in villa et civitate Bituriccnsi Universitas studentium seu générale studium instituatur. Ordonnances des rois de France, t. XVI, p. 150 ; et Marcel Fournier, Les statuts et privilèges des Universités françaises, t. III (1892), p. 413. — Il n'est donc pas exact d'écrire, avec quelques historiens, que cette création élait due au fait que Louis XI était né à Bourges.

3. Delachenal, Histoire des avocats au Parlement de Paris (1885!, pp. 434-445; et Mémoires de la Société historique du Cher, 4<^ série, t. IX (1893), pp. 37-61. Cette multiplication des universités nuisait à la fortune des autres plus anciennes, notamment de celle d'Orléans peu éloignée.

4 D'après Catherinot, Annales académiques de Bourges, utilisé par Marcel Fournier dans les Mémoires de la Société historique du Cher cités, p. 87, le premier recteur, Jean Béguin, docteur en théologie, mourut en 1468 et fut inhumé le 29 mai dans l'église Saint-Oustrille ; les premiers professeur^

ainsi une preuve d'intérêt aux manifestations intellectuelles dont une éducation littéraire, très soignée dès le plus^eune âge, avait développé le goût.

Malheureusement, d'autres préoccupations vont détourner Charles de France de ces heureuses dispositions. Son influence allant grandissant dans l'Etat, il y tient déjà un rang honorable, et s'apprête, inconsciemment peut-être, à y jouer un rôle prépondérant.

s'appelaient Jean Pinot (du diocèse de Limoges), docteur en droit ; Pierre de Janoillac (du diocèse de Bourges), également docteur en droit ; Simon Surgi (du diocèse d'Évreux), docteur en médecine ; François de Chaulx, Philippe de Buis, Jean Bertrand et Jean Bertaud (tous trois du diocèse de Limoges), régents es arts.

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