CHAPITRE III
Dans une de ses lettres patentes S comme dans son discours à l'assemblée de Tours - , Louis XI se félicite de voir à la lin de l'année 1464, régner par tout le royaume un calme et une tranquillité admirables, de constater que nobles, bourgeois, laboureurs, marchands, gens d'église,, jouissent à l'envi d'un bien-être appréciable et conforme à leur condition respective. D'après le souverain, le commerce est prospère et les transactions faciles; et, la sécurité aidant, français et étrangers peuvent se livrer avantageusement au trafic qui crée la richesse d'un pays. Ces belles assurances officielles, ces paroles réconfortantes cadraient-elles exactement avec la vérité ?
Tout en faisant la part de l'exagération naturelle chez un monarque heureux de jouir des bienfaits de la paix et s'efîorçant de la maintenir, il est bien juste de penser qu'après les longues années de grand trouble dues à l'occupation anglaise, après cette triste période de malaise général qui avait fait couler tant de sang et anéanti la fortune publique, le peuple appauvri se sentait renaître depuis qu'il pouvait espérer recueillir sans obstacle le produit de son travail et faire fructifier la terre sans être accablé d'impôts de guerre toujours renouvelés ^ .