‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 551 sur 598 · IIII^'^ X · texte numérisé non relu

IIII^'^ X

Catherine Huline, lavandière du corps LX livres

Julienne de Beaulieu, lavandière de l'hostel

Jehan Chambellan, fourrier

Guillaume Vachicr, varlet de fourrière

Yvonnet Chappellain. apothicaire

Jehan Taillannier, huissier de salle

Jehan de Laval, enlumineur

M»-* Guillaume Prévost, conseiller de mondit seigneur et

maistre des requestes de l'hostel

Messlre Anthoine de Morrelet, prestre et chappclain du

commun

Pensions à volonlé :

W Jean de Poupaincourt .^ conseillers et advocals

François PL^Îlé :^^^.^ seigneur en Parlement

Thibaut Arthaud '

Regnaud de Dormans l aussy conseillers et sollîci-

Jehan Chencteau \ teurs des causes et procez

Jehan Philipes j en laditte Cour

Guillaume Hrinon |

Estienne de Toury I

Damoiselle Jehanne Mareschalle, naguieres gouverne-

resse dudit seigneur C

M«î Ythier Marchant, maistre de la Chambre aux deniers.

Messire Robert Pienart, prestre, chappellain du commun. .

Henri de Villecocq, peintre et enlumineur.

Alain Guyot, varlet des pages.

Jehan Louvier, dit Bonny, sert de l'eau.

Jacques Le Turc, portier.

M« Pierre Boitel, controUeur des finances IX^^

Frère Guillaume du Rocher, prieur de Notre Dame des

Carmes de Melun, confesseur du commun.

'Guillaume de Clermont

-Chariot Eastard

-Jehan de La Grange i

Yvon de Lavedant /

Copie du XVII» siècle. (Bibliothèque Sainte-Geneviève, ms. 848, f" 43.)

Mandement de Louis XI aux baillis de Sens et de Chartres, et à Philippe Giiérin. ordonnant la mainmise sur Beaugency. possession de Dunois, pour punir celui-ci d'avoir participé aux machinations qui ont amené le départ de Charles de Berry pour la Bretagne.

(9 mars 1465)

Loys par la grâce de Dieu roy de France, à nos amez et feaulx conseillers et chambellans le sire de Landes, bailly de Sens, et à Jehan de Roche-

chouart, chevalier, baiJly de Chartres, ou à leurs lieutenans, et à noire cher et bien amé pannetier Philippe Guerin, escuier, salut et dilection. Pour ce que avons esté deucmeut informés que nostre beau cousin de Dunois a esté principalle cause d'avoir fait aller ou pais de Bretaigne nostre beau frère de Berry sans nostre sceu, voloir et plaisir, pendant le temps que estions en pèlerinage à Notre Dame du Pont Saint Junien, par quoy est à doubler qu'il y ait machination faicte ou préjudice de nous et de la chose publique denostre Roj^aume ; nous, pour ces causes et autres ad ce nous mouvans, nous mandons et enjoingnons bien expressément et à chascun de vous, si comme à luy appartiendra, que incontinent et en toute diligence vous prenés et mectés roiaument et de fait en nostre main la ville et chastel de Baugency avecques ses appartenances et tous et chascuns les biens appartenans à nostre dit cousin de Dunois, en commectant à la garde de ladite ville et chastel de Baugencj' et de ses dites appartenances gens suffisans et ydoines qui nous en puissent et saichent respondre et rendre bon compte et reliqua en temps et lieu, jusques ad ce que par nous autrement en soit ordonné, en contraignant ad ce tous ceulx qu'il appartiendra par toutes voies et manières en tel cas requises, nonobstant oppositions ou appellations quelxconques ; de ce faire vous donnons plain povoir, auctorité, commission et mandement especial, mandons et commendons à tous nos justiciers, officiers et subjets que avons et à chascun de vous, vos commis et députés, en ce faisant, obéissent et entendent diligemment, prestent et donnent conseil, confort et aide, se requis en sont. Donné à Poitiers, le neuviesme jour de mars l'an de grâce mil quatre cent soixante quatre et de notre règne le quatriesme. Copie du XVIII» siècle. (Archives nationales, R4 461, f* 54 v«.)

Pouvoir donné par Charles, duc de Bcrnj, au duc de Bourbon de supprimer dans le royaume le recouvrement des aides et impositions de toutes sortes^ à l'exception de celles qui sont nécessaires à la sûreté du royaume et à l'entretien des gens de guerre.

(13 mars 1465)

Charles, filz et frère de roys de France, duc de Berry, à nostre très chicr et très aymé frère le duc de Bourbonnois et d'Auvergne, salut. Pour ce que souventes fois et par chascun jour avons heu plusieurs plaintes et clamours par la plus part des seigneurs du sang noz parans et autres notables hommes du royaulme en tous estas du desordre, faulte de justice, voyes de fait, de force, de violance, griefz, opressions et charges inportables sur le peuple et autres grans deffaulx et scandalles qui avoient et ont cours en tous les estas et cndrois dudit royaulme, à quoy avons désiré et desirons pourveoir par le conseilh et avis de vous et autres seigneurs noz parans avec dez autres notables hommes dudit royaulme, nous pour ce faire sûmes départis d'avec Monseigneur et brief entendons entrer au pais et tirer par lez parties-

d'icelluy royaulrae par donner ordre esditz deffaulx, et entre lez autres provisions délibéré et conclud faire consolager le povre peuple, pour faire cesser toutes aides, impositions et autres exactions sans riens souffrir lever d'ores en avant sur eulx, fors seullement la tailhe des gens d'armes nécessaire pour leur soulde et enlretenement, et desirons que en tous lez endrois dudit ro^'aulme il soit fait le plus promtement [que estre pourra ; pourquo}^ considerans le bon ' vouloir que (comme sommes acertainés) vous avés au bien dudit royaulme et chose publique, vous avons donné et donnons plain pouvoir et auctorité de fere crier et publier de par nous et lesdits seigneurs du sang par toutes voz terres et seignories et toutes autres où vous passcrés, et ailleurs que verres estre asseuré, que lesdites aides, impositions et tous autres sucides, fors seullement ce que est nécessaire pour le soudoy et entretenement de cculx qui servent à la seurcté et deffense dudit roj'^aulme, cessent et n'ont plus cours, et qu'elles sont cassées et abatues et mises au néant, sans ce qu'il en soit doresnavant aucune chose levé ne exigé ; vous donnons aussy pouvoir de faire faire et faire par vous commis et depputés deffense et commandement à tous lez collecteurs, fermiers, impositeurs et recepveurs desdites aides en tous lez lieux oii vouldrés aller ou envoier, de riens en prandre ne demander d'ores en avant sur poine de confiscation de leurs corps et de biens, auxquels voz commis avons donné et donnons semblable pouvoir, et lez auctorisons quant ad ce faire, pourtant vidimus soubz seel autenticque de ces présentes, lequel vidimus voulons valoir par vos dits commis comme ce présent original ; promettans et promettons soubz nostre honneur et en parolle de prince tenir ferme et estable à tousjours tout ce que fait avons, dit, promis, et octroyé audit soulagement dudit peuple et fait crier et publier sans jamais aler à l'encontre, et avec ce vous donnons pouvoir <ie prandre ou fere prandre et recepvoir de tous lez receveurs dez tailhe s dez gens d'armes, aides, greniers, quartaiges et autres subcides tous lez deniers qu'ilz ont en leurs mains et tout ce qu'ilz lèveront d'ores en avant par lesdits gens de guerre, et de lez contraindre reyaulment et de fait à lez vous bailler par toutes voyes que verres estre à faire, pour d'iceulx deniers souldoier et entretenir lez gens de vostre armée, ausquelx recepveurs, fermiers et tous autres mandons vous obéir. Donné à Nantes, le Xlll'" jour de mars l'an mil IIII'^ LXIIII, soubz nostre seel en l'absence du grant.

Par monseigneur en son conseilh : Marchant.

Vidimus du 24 mars suivant. (Archives nationales, R2 26, n« 322.)

Fragment d'un compte de travaux exécutés pour la fortification

de la grosse tour de Bourges.

(Mars 1465)

A Pierre Charretier, raenuzier, la somme de XX solz tournois pour le boys et façon de deux barbecannes par luy faictes, mises et assises en ladite

grosse tour de Bourges et par marchié avec luy par mesdits seigneurs de Linieres, Luçay et Voullon, pour ce, par vertu dudit pappier fait pour iceluy mois de mars rendu cy devant sur le chappitre d'artillerie en la première partie dudit mois de mars, et lettres patentes de mondit seigneur transcriptes et rendues au commancement de ce dit compte, et quittance du dit Pierre Charretier rendue ou chappitre de provisions dudit mois de mars sur la partie de Estienne Thierry, cordier, ladite somme de.. XX s. t.

A Estienne Chauvet, maistre des euvres de charpenterie en Berry, la somme de VI livres XII solz VI deniers tournois qui deue luy estoit pour les causes cy après déclarées, c'est assavoir pour la vente, bail et délivrance par luy faicte en ladite grosse tour de six toises de boys, au pris de II s. t. la toise, vallent XII s. t., quatre toises d'autres boys au pris la toise de XX d. t., vallent VII s. VIII d. t., LXXVI planches au pris de VII den. obole tournois la planche, vallent XLVII s. VI d. t., cinq cens de clou, VIII s. IIII d. t., lesquelles parties ont esté mises et employées au pont de la poterne de ladite tour ; et pour la journée de quatorze hommes, à chascun une journée et deux journées dudit Chauvet, qu'ilz ont vacquees à faire et remettre en point ledit pont desdits boys et clou, au pris les quatorze de III s. IIII d. t., à chascun par jour, et ledit Chauvet de V s. t., vallent ensemble la somme de LVI s. VIII d. t., pour ce VI 1. XI s. VI d. t.

A Simon Boullaye, maçon, demourant à Bourges, la somme de XIII s. IlIId. t. pour avoir fait, fourny et baillé les parties qui s'ensuivent, c'est assavoir pour une charretée de menue pierre II s. VI d. t., pour une tumbeleree de menu sable XV d. t,, une caree de chaulx XV d. t., ung cent de chautille III s. IIII d. t., lesquelles parties ont esté mises et employées tant pour estonpper ung grant pertuys qui estoit en ladite grosse tour au logis doulle, comme aussi retonpper et remaçonner la haulteur d'une des cheminées de ladite tour, et aussi pour la journée de deux maçons qui ont vacqué à faire les choses dessus dictes, V s. t., pour ce XIII s. IIII d. t.

A Jehan Fausse, Pierre Lejeune, Jehan Poirier, Jehan Baudet, Loys Delavau, et André Soret, manouvriers, la somme de VII s. VI d. t., pour leur journée, peine et sallaire d'avoir maneuvré et besongné en ladite toui par ung jour entier et menues affaires d'icelle, pour ce VII s. VI. d. t.

Original. (Archives nationales, K 530 3, n^ 17.)

Autre fragment du même compte.

A Guillaume Heliot, marchant demourant à Bourges, la somme de XII livres II sols VI deniers tournois pour les parties cy après declairees, c'est assavoir pour la vente de dix douzaines de traict d'arbalestre à la raison de cinq escuz pour une arballestre garnie d'un martinet à tillolles, au pris de LX s. t., et pour une autre arballestre avecques le saint à deux poulions, au feur de XLV s. t., le tout livré par le dit Heliot en ladite grosse tour de Bourges pour la fortiffication d'icelle, pour ce XII 1. II s VI d. t.

A Jehan Poncet, marchant demeurant audit Bourges, la somme de IIII 1. 111 s. IIII d. t., pour la vente, bail et délivrance par lui faicte en la grosse tour dudit Bourges de XXV livres de fil d'arballestre pour faire cordes et tranchefilles, au prix de III s. IIII d. t. chascune livre, vallent ladite somme

de IIII 1. m s. IIII d. t.

A Yvon de Lagree, demeurant à Vierson, la somme de LV s. t. pour pareille somme par lui baillée et délivrée à Jehan Vezon, serrurier audit Vierzon, sur ce qui lui povoit estre deu pour la façon et estoffes de certaine quantité de fers de traict pour la fortification de ladite grosse tour de Bourges, pour ce LV s. t.

A Jehan Bourget, artilleur, et Guillaume Petitjehan, fondeur et esbaucheur de bois, la somme de IIII 1. X. s. t., c'est assavoir audit Bourget LX s. t . pour ses peines et sallaires d'avoir esté et besongné en ladite tour à faire du traict d'arballestre par l'espace de douze jours entiers, au pris de V s. t. par jour, et audit Petitjehan pareillement pour avoir aidé et esbauché ledit bois à faire le dit trait par lesdits douze jours au pris de II s. VI d.

t. par jour, vallent XXX s. t., pour ce IIII 1. X s. t.

A Jaquet de Sartieres, tant en son nom comme ou nom de Pierre Girardet, menusiers, la somme de LX s. VI d. t. pour la vente, bail et délivrance par eulx faicte en le grosse tour de Bourges des parties qui s'ensuivent, c'est assavoir ung cent de tampons de bois à tamponner les canons de ladite grosse tour, [pour] le pris de XIII s. VIII d. t., quatre calibres 'pour faire les pierres des canons, III s. IIII d. t,, deux barrilz à mectre pouldre de canon, le pris de VII s. VI d., et quatre livres de souffre vif au pris de IX s. la livre, vallent XXXVI s. t., lesquelles parties ont esté livrées comme dit est par lesdits menusiers, et montent ensemble à la dite somme

de LX s. VI d. t.

A Jehan Bouchart, Anthoine Matheron, Jehan Marideau et Pasquet Leconte, charpentiers, la somme de CIIIIs. II d. t., c'est assavoir audit Bouchart XXX «. X d. t.; tant pour ses peines et journées et despens d'avoir esté et vacqué à besongner de son mestier de charpentier en la grosse tour de Bourges par cinq jours entiers, au pris chascnn jour de IIII s. II d. t. comme pour une pièce de bois prinse en sa maison pour faire les chevalletz aux serpentines, X s. t., audit Anthoine pour autres cinq journées qu'il a vacquees avecques ledit charpentier à besongner dudit mestier en ladite tour au pris de II s. VI d. t., par jour, XII s. VI d. t., audit Marideau pareillement pour autres cinq journées qu'il a vacquees en ladite tour audit mestier de charpenterie au pris de III s. IIII d. t., vallent XVI s. VIII d. t. • et au dit Pasquet Leconte pour avoir vacqué par autres cinq journées qu'il a vacquees à besongner avecques les dessusdits charpentiers en ladite tour audit pris de III s. IIII d. t. par jour, XVI s. VIII d. t. ; et pour une poultre de bois prinse chiez Jehan Gauchier pour faire la cullee des gros canons XXV s. t. ; et pour le syage et aménage de ladite poultre, II s. VI d. t. • lesquelles parties montent ensemble ladite somme de. . . . GIIII s. II d t Original. (Archives nationales, K 530 3, n» 18.)

Autre fragment du même compte.

(Avril-juin 1465)

A Jaquet Drouet, marchant demeurant à Bourges, la somme de XXII 1. 1. pour la vente, bail et délivrance par lui faicte en ladite grosse tour de Bourges de deux brigandines pour la garde et deffense d'icelle, au pris de VIII escuz d'or chascune brigandine, pour ce XXII I. t.

A Robert Fayet et Jehan Cousin, marchans, la somme de XX l. XVII s. VI d. t. pour la vente, bail et délivrance par eulx faicte en ladicte grosse tour le V<^ jour du mois d'avril pour la fortiffication et deffense d'icelle, de trois grosses et deux douzaines de traict d'arbaleste ferré, le pris de XIX 1., une autre grosse de pareil traict non ferré, le pris de XXX s. t., et une arche où estoit ledit traict, le pris de VII s. VI d. t., pour ce... XX 1. XVII s. VI d. t.

A Guillaume Ghauvet, canonnier, la somme de VI 1. 1. pour vingt cinq journées qu'il a vacquees en ladite tour durant le mois de mars derrenier passé pour faire pouldres de canons et plusieurs autres choses neccessaires pour l'artillerie de ladite tour, pour ce VI 1. t.

A Simon Martin, maneuvre, la somme de XV s. t. pour six journées qu'il a vacquees et employées en ladite tour avecques ledit Ghauvet pour lui aider à batre la pouldre de canon et faire plusieurs autres choses touchant ladite artillerie, depuis le premier jour de ce présent mois d'avril jusques au V^ ensuivant incluz, pour ce XV s. t.

A Martin de Gharpeignes, marchant demeurant à Bourges, la somme de XV 1. XII s. VI d. t. pour la vente, bail et délivrance par luy faicte en ladicte grosse tour de LXXV livres de sallepestre pour faire pouldre de canon au pris de IIII s. II d. t. la livre, pour ce XV 1. XII s. VI d. t.

A Jaquet Dolet, demeurant à Bourges, la somme de XXIII s. IIII d. t. pour la vente, bail et délivrance par lui faicte en ladite grosse tour le VII** jour dudit mois d'avril de deux cens tampons de bois pour servir aux canons, serpentines et vulgaires d'icelle, pour ce XXIII s. IIII d. t.

A Pierre Bureau, Jehan de La Gousture et Jehan Benoist, tailleurs de pierre, la somme de XLIII s. IIII d. t., pour leurs journées et sallaires par eulx emploiees en ladite grosse tour à faire des pierres pour les caiions d'icelle, pour ce XLIII s. IIII d. t.

A Jehan Bourget, artilleur, et Guillaume Petitjehan son aide, la somme de XL s. t. pour leurs journées qu'ilz ont chascun d'eulx vacquees en ladite grosse tour depuis le premier jour dudit mois d'avril jusques au V^ jour dudit mois ensuivant incluz, à faire en icelle et pour icelle du traict d'arbaleste, auprisledict Bourget de IIII s. Il d. t. et ledit son aide de II s. VI d. t. pour ce XL s. t.

A Pierre Girardet, Jacques de Sertieres, menuisiers, V s . t. pour le bois et façon de deux gros mosles à coulevrines, ung à casuble (?)à tailler lesdites pierres de canon, et six petiz mosles à faire plombées, mis, baillez et délivrez en ladite grosse tour, pour ce V s. t.

A Jehan Le Bègue et Pierre Drouart, artilliers, la somme de LV s. t. sur ce qu'il leur povoit estre deu pour leurs journées, peines et sallaires

d'avoir achevé certaine quantité de traict des flèches mises comme dit est en ladite grosse tour de Bourges, pour ce LV s. t.

A Hervé Guerin, la somme de XXV s. t. pour la vente, bail et délivrance par lui faicte en ladite grosse tour de Bourges de une charretée de charbon de saule à faire pouldre de canon pour la fortiffîcation d'icelle tour, pour ce XXV s. t.

A Pierre Chauvet, maueuvre, la somme de XII s. VI d. t. pour ses peines et sallaircs d'avoir vacqué par cinq journées en ladite grosse tour de Bourges pour aider à Guillaume Chauvet, fondeur, à faire des coulevrines au pris de II s. VI d. t. par jour, pour ce XII s. VI d. t.

A Jehan Bourget, artilleur, et Guillaume Petitjehan, son aide, la somme de XXXIIII s. VII d. t. pour leurs peines et sallaires d'avoir esté et vacqué en icelle grosse tour à faire du trait d'arbaleste pour la garde de ladite tour, chascuu par cinq journées entières, au feur le dit Bourget de IIII s. II d. t. par jour, et ledit aide de II s. VI d. t. aussi par jour, vallent XXXIII s. un d. t., et XX d. t. pour une livre de cole pour coler ledit traict, pour ce XXXIIII s. VII d. t.

A Pierre Bijault, faiseur d'arballestes, la somme de XXV s. t, pour ses peines et sallaires d'avoir abillé et adoubé une des arbalestes de ladite grosse tour de Bourges par marchié fait avecques lui par messeiscneurs de Linieres, VouUon et Luçay, pour ce " XXV s. t .

A Thevenin Ferrât, brigandinier, la somme de XIIII 1. II s. VI d. t., tant pour la vente d'unes brigandines par lui faictes et livrées en ladite grosse tour de Bourges pour Berthelot Bance, canonnier et maistre des euvres de mondit seigneur, comme pour cinq quartiers de drap violet pour cou\Tir lesdites brigandines, pour ce, par vertu dudit papier fait pour ledit mois de juing signé desdits seigneurs de Linieres, Luçay et Voullon, cy rendu, et lettres patentes de mondit seigneur transcriptes et rendues au commencement de ce dit compte : néant, pour ce que ledit trésorier n'en a aucune chose paie pour ce que sa recepte ne le povoit porter, mais en a fait sa ceduUe audit Ferrât, et pour ce rend icelle somme de XIIII I. II s. VI d. t. cy après ou chappitre de debtes que mondit seigneur aura à paier et assigner, pour ce , néant.

A Pierre de la Couste, menuisier, la somme de XLI s. X d. t., pour les parties cy après déclarées, c'est assavoir V s. t., pour avoir fait deux mosles de colevrines à clefz, VI s. VIII d. t., pour la façon de deux tresteaulx et d'une table et pour avoir rougné [La suite manque].

Original. (Archives nationales, K 530 ♦, n' 8.)

Lettre du duc de Berrij au comte de Vendôme. (11 juillet 1465)

Mon cousin, je me recommende à vous . Comme povez savoir, moy et les plus puissans princes et seigneurs du sanc sommes joings et unis ensemble

pour et en entencioii que bonne provision soit donnée au desordre qui, depuis le trespas de Monsieur cui Dieu pardoint, a esté et est en tous les estas du Royaume, ainsy qu'avez peu assez congnoistre,et tout pour le bien de Monsieur, mesmes dudit Royaume et de la chose publicque d'icellui, et pour ce que vous estes des seigneurs du sanc, j'ay bien voulu vous en advertir, vous priant que avecques moy et les dits autres seigneurs vous vueillez assister et ajoindre, et ce faisant serez bien recongneu, et si serez bien porté et soustenu sans aucun doubte. Au par sus, je vous prie que vueillez venir ce jourd'hui ycy parler à moy afin que je vous donne plus à plain à congnoistre la bonne et juste entencion d'entre nous tous, et je prie à Dieu qu'il vous doint ce que desirez. Escript à Vendosmc, ce jeudi XI® jour de juillet.

Vostre cousin, Charles .

MlLET.

Copie contemporaine. (Archives nationales, J 1021, n» 15<:.) Copie du XVIIe siècle. (Bibliothèque nationale, ms. fiançais 7880, f* 91).

Interrogatoire à la Bastille et condamnation de François et de Gratien Meriau. deau, impliqués dans le projet de livrer Paris aux confédérés de la Ligue du Bien public.

(Juillet 1465)

Du jeudy XXV« jour de juillet, en la Bastille, l'an mil IIIIc LXV.

Par devant nous Tristran l'Ermite, chevalier, et Jehan Beson, conseilliers et commissaires de par le roy nostre sire en ceste partie, fut attaint Franfoys Mereaudeau, soy disant clerc du greffe civil ou Ghastellet de Paris, aagé de XXVII ans ou environ, qui, après serment par lui fait de dire vérité^ interrogué par quantes foiz il a esté devers mondit seigneur de Berry depuis demy an en ça et qui lui envoja, dit qu'il n'y a point esté et que personne ne luy a envoie. Et dit, sur ce interrogué, qu'il ne parla oncques ne dist à personne quelconques que maistre Jehan Berard l'envoyoit devers son père qui estoit au lit de la mort et lequel l'avoit mandé, sinon à la derreniere foiz quant il revint de Thouars et d'Argenton, cuidant trouver le roy pour avoir de luy la confirmation des greffes des auditoires dudit Ghastellet de Paris, et en passant par Tours, il ala veoir en l'ostel sire Pierre Berard se on vouloit riens rescripre, et on lui demanda s'il venoit à Paris tout droit^ et il respondi que ouy. Et dit que lors la femme sire Pierre Berard, Pierre La Biette et Philippe des Essars lui dirent qu'il dist à maistre Jehan Berard qu'on lui avoit plusieurs foiz escript Testât en quoy son père estoi et qu'il n'en tenoit compte, et qu'il y vint comment qu'il fust, et luj cscripvy ledit Philippe des Essars lettres de sa main comment qu'il fust, qu'il alast devers sondit père et qu'il estoit habandonné des médecins ; lesquelles lettres il qui parle aporta audit maistre Jehan Berard, lequel deux ou trois jours après monta à cheval et s'en ala au pays de Touraine, et il qui parle avecques lui, où il fut et demoura XIIII ou XV jours. Et dit que à ceste seconde foiz il parti le jour sainct Jehan de ceste dite ville de

Paris avecques ledit Berard et arriva le jeudi enssuivant en la ville de Tours, et que le jeudi et vendredi il demoura en ladite ville de Tours, et le samedi se partit dudit lieu de Tours et s'en ala disner à Lengays, à l'ymaige Saint Martin, et de là au giste à Montsoreau ; duquel lieu il se parti environ entre cinq et six heures au soir, et ala toute nuyt en la ompaignie d'un nommé Loys Chabot et d'ung des efifans de Monsieur de Monsoreau, et arrivèrent à Montereau Bellay environ entre dix et onze heures de nuyt ; et dit que lors il estoit nouvelles que les Bretons descendoient au Pont de Sel ; et le landemain s'en ala en l'ostel son père à Saint Clementin pour le veoir et lui parler de deux procès qu'il a en la court de Parlement, où il séjourna deux jours seuUement ; et, les deux jours passés, se parti et s'en vint à Tours où il arriva le jeudi au soir, et auquel lieu il se tint jusques au samedi enssuivant ; et dit que paravant ladite saint Jehan environ ung mois ou trois sepmaines, et au premier voyage qu'il fit et partit de Paris, il estoit parti de ceste dite ville de Paris pour aler devers sondit père, pour ce qu'on disoit que le roj' devoit tirer à Thouars ou en Touraine, afin d'avoir de lui la confirmation des greffes desdits audictoires, et tint pareil chemin qu'il fit depuis et tel que cy dessus est dit ; et fut tant à Argen^ ton, Saint Glementin que à Maulevrier six ou sept jours, en la fin desquelx il s'en tira à Tours et à Amboize ; et afferme que à cedit premier voyage i^ ne fut aucunement devers mondit seigneur de Berry ; et si dit que à son partement il ne dist oncques à personne qu'il s'en allast devers mondit seigneur de Berry, et qu'il avoit de grandes recommandacions à lui de par ledit Berard et sa femme, et dit que oncques homme de ceulx à qui il s'estoit descouvert de ce que dit est ne lui dist que ce fust folle et grande entreprinse, et que s'il estoit trouvé saisi d'aucunes lettres, il estoit en dangier de sa vie ; et si ne respondi point à cellui qu'il ne s'en souffroit aucunement, et qu'il y avoit certains termes entre mondit seigneur de Berrj'^ et ladite Berarde que jamais personne ne sauroit entendre ; dit aussi et afferme qu'il ne dist point qui savoit bien qu'il devoit dire de bouche.

Interrogué sur ce qu'il dit encores, que pour mieulx passer et faire son voyage, il fauldroit qu'il alast en l'ostel de son perc, qui estoit pas à grant distance du lieu où estoit mondit seigneur de Berry, dit qu'il n'en parla oncques ; il dit oultre que le dimenche, dont ledit maistre Jehan Berard et lui partirent le jeudi enssuivant, ledit maistre Jehan Berard ala devers Gracien, frère d'il qui parle, lui prier qu'il lui pretast ou feist prester cinquante escuz sur ung diament ou le plus qu'il pourroit ; et lors ledit Gracien envoia quérir il qui parle en l'église Saint Germain où il estoit, et lui dist ledict Gracien, présent ledict Berard, qu'il alast devers maistre Simon Belin son compère tant faire qu'il lui pretast lesditz cinquante escuz ou ce qu'il pourroit, et que on ne les tiendroit point, ce qu'il qui parle fit, et ala devers ledit Belin, lequel lui dist que c'estoit grant chose de prester si grant argent, et lui presta XXVIII pi[e]ces d'or tant en salus que en escuz.

Interrogué sur ce qu'il est trouvé que lui et ledit maistre Simon Belin avoient esté sur les murs de Paris, après le retour d'il qui parle, fait du

convoy dudit Berard l'espace de quatre heures, et que pendant ce temps il qui parle dist audit maistre Simon que, combien ledit Berard eust fainct d'aler par devers ledit sieur de Chissc son père, toutes voyes ce avoit esté en intencion d'aler par devers ledit monseigneur de Berry qui l'avoit mandé par lui qui parle dès la première fois qu'il y avoit esté ; dit que de ce il ne parla oncques audit Belin et s'en rapporte à lui et à raison ; dit oultre, sur ce interrogué, que oncques lesdits Philippe des Essars ne maistre Jehan Berard ne l'envoyèrent devers monseigneur de Berr}*. et si ne dist oncques audit Belin ne à aultres que pour ce que lesdits Berard et des Essars doubtoient que icellui monseigneur de Berry ne pârvenist à ses fins, il n'y estoit ozé aler ne escripre, doubtans que les lettres ne feussent trouvées ne qu'il qui parle eust attendu deux jours ou trois pour aler devers le dit seigneur ; et s'en rapporte audit maistre Simon, à tous autres, et à raison.

Dit oultre qu'il ne fut oncques devers monseigneur de Berry ne ne parla oncques à ung sien secrétaire qui fut audit sieur de Chissé, à Laillier ne à ung autre des gens de mondit seigneur de Berry, et s'il' n'a point dit que la derreniere foiz qu'il fut devers ledit duc de Bcrr3% qu'il eust fait savoir que monseigneur de Charroloys n'estoit point cncores passé la rivière d'Oize, bien dit que quant il fut à Tours, il y arriva ung des gens de monseigneur de Mongauguier, qui dist que ledit sieur de Mongoguier estoit prisonnier, et que les Bourguygnons estoient par delà la rivière d'Oize bien XXX lieues, et que quant il fut au chasteau d'Argenton, on lui demanda des nouvelles où estoient les Bourguignons, et il leur raconta ce que ledit serviteur dudit de Mongauguier lui avoit dit.

Dit oultre, sur ce interrogué, qu'il n'a point dit que de prime face qu'il arriva vers mondit seigneur de Berry, il trouva le dit seigneur et toute l'armée aux champs, et que il qui parle fut fort recuilly et chevaucha longuement près après, et joingnant de la personne de mondit seigneur de Berry, et si dit qu'il n'a point dit que lesdits Berard et des Essars lui eussent dit et decîairé qu'ilz ne faisoient aucune doubte que mondit seigneur de Berry ne parvint à sesdites fins et qu'ilz avoicnt bien intencion de gouverner à la bonne foy ceulx qui gouvernoicnt auctour le roj'.

Dit aussi que il n'a point dit que les dessusdits ne aucuns des gens dudit seigneur de Berry lui eussent dit que l'en savoit bien comment l'en devoit avoir le roy et que ledit seigneur de Berry et autres de sa compaignie se tenoient seurs d'aucunes personnes d'enctour le roy; et si ne nomma oncques il qui parle à personne, ne ne dist que à Poncet de La Rivière, fust l'ung de ceulx qui dévoient livrer le roy.

Interrogué s'il parla point audit Laillier ou à autre secrétaire dudit seigneur de Berry pour faire avoir à Gracien, frère d'il qui parle, toutes les offices que tient maistre Jehan Prévost, dit que non, et qu'il ne dist oncques à personne qu'il eust parlé audit Laillier ne audit secrétaire de ce que dit est.

Dit aussi qu'il ne dist oncques que ledit Laillier lui eust respondu et respondit que ung nommé maistre Guillaume, secrétaire dudit monseigneur de Berry, en avoit ja le don et toute la confiscation dudit maistre Jehan Prévost

avoit fait audit Gracien, frère d'il qui parle, mesmeraent quant ledit monseigneur de Berry en seroit requis par la femme dudit maistre Jehan Berard, et aussi n'a point dit que on avoit ja fort mis avant icellui Gracien envers icellui monseigneur de Berry.

Denye aussi avoir dit que à son partement de mohdit seigneur de Berry, lui eust esté dit qu'il fist deligence de faire aller ledit Berard devers ledit seigneur de Berry, et qui n'y avoit aucune personne de conseil, et estoit l'eure venue qu'il devoit partir, et qu'il qui parle feist diligence de retourner à J^aris et leur raporter des nouvelles.

Dit que, à sondit derrenier voyage, en revenant d'Argenton, il trouva environ Moliherne environ cent compaignons de guerre bretons de la compaignie de mondit seigneur de Berry, qui l'arresterent, et lui demandèrent plusieurs choses ; et après qu'ilz leur eut tenu par aucun temps, lui donnèrent congié après ce qu'ilz lui eurent fait acroire qu'il estoit espié, et que ceulx de Tours l'avoient envoyé pour espier ; et s'en retournant en trouva huit ou dix autres, lesquelz faingnoient d'estre au roy, qui l'aresterent semblablement et lui demandèrent oii estoient les Bretons ; depuis en retrouva d'autres «t finablement s'en vint jusques en la ville de Tours, et dit que en ladite ville de Tours ne fut point prins ne mené devers Messieurs du Maine et grant seneschal de Normandie à qui Dieu pardoinct, mais y ala de sa voulenté, et leurdist tout le train qu'il avoit trouvé et que les Bretons s'en aloient devers Vandosme, et que quelquez grans jeulx que ledit grant seneschal lui eust fait en l'interroguant, il n'avoit peu autre chose de luy.

Dit aussi et confesse que après qu'il ot parlé ausdits sieurs, il parla audit maistre Jehan Berard et lui demanda sMl vouloit riens mander à Paris qui lui bailla lettres pour apporter à sa femme.

Et denj'e avoir dit audit Berard qu'il convenoit qu'il allast devers mondit seigneur de Berry, ne que ledit Berard lui eust respondu qu'il n'y iroit point jusques à ce qu'il eust fait savoir le partement de l'armée de mondit seigneur de Berry à monseigneur de Charroloys, et qu'il se diligentast de ce faire, et que desdittes parolles oncques ne parla.

Il denj'e avoir dit qu'il ne se attendoit pas ausdits Berard et des Essars touchant la provision qu'il requeroit, et que madame la princesse qui estoit à Araboise lui avoit promis en lui baillant unez lettres qui par lui elle avoit escriptes audit monseigneur de Berry, contenans entre autres choses que la royne n'estoit grosse d'enffant.

Denye aussi avoir dit que mesdits seigneurs de Berry et de Charroloys contendoient à entrer dcdens Paris, et que aussi tost ilz meneroient mondit seigneur de Berry coronner à Bains, en disant par lui qu'il parle qu'ilz ne feroient point mourir le roj^ maiz le tiendroient prisonnier et lui bailleroient par chascun an environ IIII« francs pour nourrir ses gens qui au- <;unes foiz le meneroient chasser, et que c'estoit tout son fait ; et si ne dist oncques que les choses dessusdites lui eussent esté dictes par les officiers <le mondit seigneur de Berry.

Dit oultre que, lui estant sur la muraille avecques ledit Bellin, il ne dist

point qu'il fust délibéré à aler faire sçavoir le parlement de mondit seigneur de Berrj' au conte de Charrolois estant pour lors en la France.

Dit oultre, sur ce interrogué, que asses tost après son retour, la femme de maistre Jehan Berard le manda et lui dist qu'elle avoit envoie son variât nommé Jehan de Bourges à deux ou trois lieues de ceste ville tirant vers Laigny touchant certains onguemens, et que sondit varlet s'estoit ingéré d'aler audit Laigny parler à certains Bourguygnons qui y estoient, c'est assavoir à Monsieur de Habourdin, et que à ceste cause avoit esté prins et emprisonné ou Chastcllet pour ce qu'il s'en estoit venté à aucuns du Palaiz en priant pour ce, par elle à il qu'il parle, qu'il sceust oudit Chastellet s'il la chargoit point ; car si la chargoit, c'estoit à tort, et seroit tout son hostel deshonnoré ; et dit que à celle cause s'estoit tiré devers ledit Guillaume Michel, qui est clerc du greffe du lieutenant criminel dudit Chastellet, en lui priant qu'il voulsist savoir par la confession dudit de Bourges il la chargoit point, et lequel Michel, après ce qu'il eust venu le procès, lui dist qu'il ne la chargoit point et que ce n'estoit riens.

Et dit, sur ce interrogué, que de l'entreprinse qui estoit de boutter les Bourguignons ou Palaiz par la poterne de Galilée, il ne sceut oncques riens» et qu'il estoit hors Paris.

Dit qu'il se rapporte à maistre Simon Bellin se le landemain qu'il fut avecques lui sur la muraille, après soupper, il qui parle lui dist sur une couche, en l'ostel dudit Gracien, frère d'il qui parle, que [ung] nommé maistre Regnault, qui est filz des deux Cynes en la rue de la Harpe, et lequel vint oudit hostel, après neuf heures au soir, parler à ladite femme dudit Berard, estoit cellui qui devoit faire l'entrée aux Bourguignons ou à monseigneur de Berry en la ville de Paris par la poterne du Palaiz appellée Galilée, et que ladite Berarde en estoit conscentent.

De la relevée dudit jour, pour ce que ledit FVançois Mereaudeau s'estoit au matin rapporté à maistre Simon Belin de tout son fait et dénégations faictes, nous commissaires susdits avons fait venir et amener devant nous en la Bastille ledit maistre Simon, pour estre confronté audit François, et auquel maistre Simon, après serement par lui fait de dire, lui deuemert adverti, de non charger ledit François sans cause, avons fait faire lecture de mot à mot de la confession et depposition par lui autresfoiz faicte verbalement par Monsieur le lieutenant gênerai. Monsieur de Trenel et autres, par lui depuis et assez tost après mise et reddigee par escript par l'ordonnance de mondit seigneurie lieutenant gênerai, et lui avons baillé à lire mot à mot ; et lequel maistre Simon a declairé par grant serement icelle depposition estre véritable, en tant que touche ledit François, et icelluj' François Mereaudeau, ce oyant, a dit que de tout il n'estoit riens, fors ainsi qu'il avoit devant dit et depposé, et ce fait nous a requis interroguer par serement icellui maistre Simon s'il avoit point esté induit ou séduit par aucuns, mesmement par les greffiers civil et criminel du Chastellet de Paris ou par autres leurs aliez et complices, ce que lui avons accordé ; et en sa présence avons fait jurer si grant serement qu'on ne peut plus en tel cas, et interrogué le-

dit maistre Simon s'il avoit aucunement esté séduit ou induit à dire et déposer contre vérité ce qui est contenu en sa confession et depposition par les greffiers civil et criminel du Chastellet de Paris ne par autres leurs aliez et complices, et lequel maistre Simon a juré et affermé que par eulx ne par autres n'avoit esté séduit à dire ne depposer ce qu'il avoit dit, maiz seullement ainsi que ledit François lui avoit.

Ce fait, pour ce que ledit François s'estoit rapporté audit maistre Simon Be- Iin,futpar nous commissaires conclud et délibéré que ledit François seroitmis en question, maiz pour l'eure tardive fut différé jusques au landemain matin.

Et le vendredi XXVI^ jour dudit mois de juillet, pour mettre à exécution ladite sentence interlocutoire donné le jour d'ier, ledit François Mereaudeau fut livré au questionneur, lié et par lui mis en question, et ne voult aucune chose confesser en son préjudice qu'il a dit et confessé en sa première confession, et pour ce requist estre mis hors de ladite question et qu'il diroit vérité : fut pour ce deslié et mis devant le feu. Et lui estant devant le feu, a dit et confessé qu'il avoit ouy dire à ladite Berarde qu'elle avoit envoyé son varlet quérir de longuement devers la demoiselle de Gournay, et que ladite demoiselle de Gournay l'avoit mené devers le sire de Habourdin à Laigny, et que de ce qu'elle lui avoit mené, elle le desavouoit, et si dit il qui parle qu'il avoit semblablement ouy dire à ladite Berarde que, le soir dont maistre Regnault fut parler à elle en l'ostel dudit Gracien, frère de luy qui parle^ il y estoit allé pour et afin d'avoir la clief de la porte de Galilée qui respond sur la rivière, sans déclarer pourquoy faire .

Et pour ce que autre chose ne vouloit dire ne confesser ne parler de l'entreprinse, il a esté remis en ladite question, lui estant en laquelle il a dit ce que dit est audit maistre Regnault en sa personne, etoultre a dit et confessé que ladite Berarde l'avoit envoie devers Monseigneur de Berry par deux foiz, et par devers son secrétaire, qui fut à messire Pierre Berard, et ung nommé Laillier porter à mondit seigneur de Berry une chançon et recommandation pour lui souvenir tousjours d'elle et aussi de Gracien son frère et d'il qui parle ; et dit qu'il demanda audit Laillier pour sondit frère les offices et de maistre Jehan Prévost, et pour lui il demanda les offices de greffe et notaire que tient sondit frère.

Ce fait, a esté descendu et mis devant le feu, et derechief interrogué sur ce que dit est, à lui leu mot après autre ; et il a dit que ladite Berarde lui avoit dit deux ou trois jours avant son emprisonnement que ledit maistre Regnault estoit aie vers elle touchant la clef de la porte de Galilée, sans dire ne declairer pour quoy ne à quelle ; a dit aussi que ladite Berarde le charga quant il convoya son mary à Tours, qu'il voulsist porter à ung nommé Lail- 1er et à ung secrétaire de monseigneur de Berry unez lettres et une chançon pour bailler et présenter de par elle à mondit seigneur de Berry, lequel elle disoit estre ja fort aprouché de Tours, et lequel qui parle de ce faire se charga ; et dit que lesdites lettres n'estoient aucunement closes, par quoy il les leut, et contenoient celles dudit Lailler : « Mon amy, je me recommande à vous, plaise vous présenter ceste chançon et ces lettres à Monseigneur de

B«rry ». Mais du contenu de ladite chançon il n'est pas bien recors ; et dit ^u'il finera bien d'avoir le double d'elle ; et dit qu'il ala devers lui à Mouliherne où estoit monseigneur de Berry et aussi ledit Lailler, auquel il bailla lesdites deux pères de lettres et chançon pour icelles chançon et lettres ^dressans à mondit seigneur de Berry lui bailler ; et que paravant il y avoit porté à son premier voyage qu'il dit avoir fait à Thouars, dont n'est riens, unez lettres de par la femme Pierre Morin et ladite Berarde aux dessus dits ^serviteurs de mondit seigneur de Berry et à ung autre (des noms n'est recors), à qui ladite femme dudit Morin rescripvoit ; et si dit, sur ce requis, qu'il leur dist lesdites nouvelles de la prinse dudit sieur de Mongoguier de sa place de Neelle et siège qu'ilz tenoient devant une sienne autre place qui ne sçavoit nommer.

Ce fait, fut mandé Jehan de Bourges et interrogué par serement de dire vérité des voyages qu'il avoit faiz par devers mondit seigneur de Berry ; et il a dit et affermé qu'il n'en avoit fait aucuns, et oultre qu'il ne savoit rien» de l'entreprinse de Galilée ; et quant au voyage de Laigny, il dit qu'il n'y estoit point aie par l'ordonnance de ladite Berarde que jusques à Gournay, ainsi qu'il a autresfoiz dit par sa confession et procès fait ou Chastellet à Paris, et pour ce a esté mis en question pour savoir la vérité au long, lui estant, ouquel estât a esté deuement interrogué ; et a dit et confessé qu'il avoit esté par l'ordonnance et commandement de maistre Jehan Berard jusques à Nantes pour le recommander à la bonne grâce de monseigneur de Berrj-, et, lui arrivé, ne peut parler audit monseigneur de Berrj", mais parla seulement à Monsieur de Malicorne qui le tença et lui demanda qui estoit ledit maistre Jehan Berard et de quoy il s'avençoit. Et il qui parle lui dist qu'il estoit filz de messire Pierre Berard, de Tours, et seigneur en Parlement ; et après que ledit Malicorne a parlé à mondit seigneur de Berry, il dist à il qui parle qu'ilz cstoient tous deux bien en sa grâce, et que s'ilz avoient esté tous deux bons envers lui, qu'ilz eussent tousjours meilleurs ; et autres parolles ne lui dist ledit Malicorne sinon que ledit Berard fist tousjours savoir des nouvelles de par deçà audit monseigneur de Berry ; et en tant que touche son alee à Laigny devers le sire de Habourdin, il dit qu'il n'y fut point envoie par ladite Berarde, et ne fut par elle envoie que jusques à Gournay pour avoir de l'onguement à la demoiselle de Gournay qui estoit. pour amaigrir, comme il lui semble ; et que quant il fut là arrivé, ladite demoiselle de Gournay l'envoya convoyer jusques à Laigny ses deux filles devers le seigneur de Habourdin pour avoir ung congié de wyder leurs biens ou pour despouller leurs blez et prez et les mettre en sauf, ce qu'il fit, et ne parla point audit seigneur de Habourdin ne à ses gens ; et autre chose n'a voulu confesser ; pour tant a esté descendu et mis devers le feu.

Et lui estant devant le feu, lui a este fait lecture de ce qu'il avoit dit en <îuestion, et y a perceveré, excepté qu'il dit que ledit Malicorne lui demanda seullement de quoy se mesloit ledit Berard de faire telles recommandacions â mondit seigneur de Berry, et en ajoutant a dit que en lui demandant il /ut tout esbay et ne lui sceut que dire.

Et, le samedi matin, fut fait lecture audit Francovs de toutes sesdites

confessions, mesmement de sa derreniere en laquelle il a perceveré ; et par la délibération desdits commissaires a esté dit qu'il estoit digue de mort.

Semblablement audit de Bourges qui a persévéré en sadite confession dont lui a esté faicte lecture, et icelle veue a esté prinse par elle délibération, et pour ce livré par le prevost à l'exécuteur de la haulte justice.

Et, le samedi après disner, ledit François Mereaudeau requist parler au roy, disant qu'il le advertiroit d'aucunes choses qui touchoient très grandement sou prouffit, et que entour lui avoit aucuns et mesmement en ceste ville qui savoient tous les secretz du roy et les reveloient et faisoient savoir à monseigneur de Berry, sans iceulx vouloir nommer ; et lui avons dit qui convenoit qu'il les nommast préalablement. Apres plusieurs amonycions et que lui avons dit et promis de le dire et révéler au roy et pour lui en requérir grâce et pardon, il nous a dit qu'il diroit à nous Jehan Bezon seul, mais nous lui avons dit et respondu que seul ne l'oirions point sans avoir le clerc et greffier de ladite prevostc des mareschaulx ; et lequel qui parle après plusieurs amonycions avons tiré à part, et après nous a dit, présent ledit greffier, qu'il avoit esté par deux voiages devers de mondit seigneur de Beny, et que, à son retour dudit premier voiage, Philippe des Essars charga il qui parle de dire à maistre Jehan Berard qui s'avenssit d'aller devers mon dit seigneur de Berrj^ de par Dieu ou de par le diable, et le derrenier voj'age lesdits Berard et des Essars l'avoient chargé d'aller devers le conte de Charroloys luy dire ou faire savoir comment qu'il fust qu'il se approchast et s'allast joindre avecques l'armée de Monseigneur de Berry qui estoit par deçà Vendosme ; et si dit que à ce derrenier voyage par lui fait par devers Monseigneur de Berry, il trouva ung nommé Jehan Prevost, nagueres clerc en la Tournelle du Ghastellet soubz maistre Estienne Philippom, et paravant demourant avecques maistre Estienne Chevalier, lequel se cuida musser et latiter de luy ; et finablement, après ce qu'il aparçeut qu'il qui parle l'avoit congneu, il et ung nommé Jaquet qui autreffoiz avoit demouré avecques ledit maistre Estienne Chevalier, et à présent varlet de chambre de mondit seigneur de Berrj', lesquelz lui demandèrent combien il avoit qu'il estoit venu de Paris, et il qui parle leur dist qu'il avoit bien dix jours ; et les dessus dits lui dirent qu'ilz ne l'avoient point aperçeu, et en ce disant dist ledit Jaquet à il qui parle : a Et vecy qui en arriva hier et m'a'amené cest chaval », en lui monstrant ung beau cheval grisou, du quel il avoit reffusé comme il disoit quatre vingtz escuz ; et après plusieurs parolles lui demandèrent se maistre Estienne Chevalier estoit en ceste ville ; et il qui parle respondi qu'il luy avoit veu ung pou avant son partement, maiz il ne savoit s'il y estoit encores, et si luy demandèrent s'il congnoissoit point ledit cheval ne s'il l'avoit point veu à Paris : lequel leur dist que nennil. Et lors ledit Jaquet dist à il qui parle qu'il vouldroit que sondit maistre maistre Estienne Chevalier fut en ladite ville, et qu'il croyoit qu'il y vouldroit aussi estre ; et, ce fait, ledit Jehan Prevost demanda à il qui parle qu'il estoit aie faire par delà, et il respondi qu'il y avoit à faire neccessairement à Monseigneur ou à aucuns de ses familiers ; après lui demanda ledit

Prévost s'il seroit tantost depcsché, et il respondi qu'il s'en iroit tantost et qu'il estoit ja expédié ; et lors pria à il qui parle qu'il le voulsist attendre jusques au lendemain, et que ledit Jaquet le menoit devers mondit seigneur de Berry pour le expédier et qu'il le meneroit à Chartres sans passer à Tours ; et il qui parle respondi qu'il s'en iroit le droit chemin par Tours et qu'il y avoit à besongner ; et dit que ledit Jaquet lui demanda aussi où estoient Monseigneur du Maine, Monsieur l'amiral, le grant seneschal de Norraendie et Poncet de La Rivière ; et il qui parle lui respondi qu'il ne savoit où ilz estoient et qu'ilz n'estoient point à Tours quant il y passa ; et le dit Jaquet et autres avecques lui qu'il ne congnoist lui dirent qu'ilz savoient bien qu'ilz estoient à Tours et estoient venuz de Normandie leur clourre les passaiges, et que ledit grand seneschal leur estoit tustré, et au regard de mondit seigneur du Maine qu'il tourneroit le doz au roy.

Il dit oultre que ledit Jaquet et sa compaignie lui dirent que le roy a fait ung bon traictié avecques Monseigneur de Bourbon et qu'ilz se dévoient rendre à Paris et y venir, et que c'estoit tout ce qu'ilz demandoient, et qu'il avoit de bonnes gens autour de luy ; et entre autres dit que Poncet de La Rivière estoit l'ung de ceulx, et autres n'a voulu nommer, disant que quant il se trouveira devant le roj^ il lui dira au surplus le demourant qu'il n'a voulu dire ; et pour ce qui nous a semblé que tout ce qui faisoit et disoit n'estoit que pour délayer, nous Beson l'avons fait garder jusques à la venue dudit prevost qui, lui arrivé, l'a livré à l'exécuteur de la justice.

Dudit jour de samedi, en la Bastille.

Fut mandé par devant lesdits commissaires Gracien Meriaudeau, âgé de XXXIIII ans ou environ, demourant à Paris, qui, après serment par lui fait de dire sur les choses susdites, a confessé que environ le temps de karesme derrenier passé, maistre Jehan Herard, conseiller du roy nostre sire en sa court de Parlement, auquel il avoit rescript à Thouars où lors il estoit durant le temps que le roy y estoit derrenierement, touchant le greffe de la prevosté de Paris, auquel maistre Etienne Philippom, l'un des greffiers dudit greffe, le avoit acompaigné, à certain bail que le roy lui en avoit fait à Rouen derrenierement qu'il y estoit, affin que ledit maistre Jehan Berard et son père tinssent la main affin que ledit bail sortist efifect, ledit maistre Jehan Berard lui rescripvit qu'il ne se abuzassat plus à ce greffe, et qu'il lui sembloit que ledit bail fait audit maistre Estienne Philippom, avant qu'il fut brief temps, ne sortiroit point son effect, et que quant il seroit de par deçà, qu'il le ad vert iroit de quelque autre chose qui lui seroit plus pourffitable, il dit oultre que depuis que ledit maistre Jehan Berard fut arrivé en ceste ville de Paris, il lui dist que se Monseigneur de Berr3', duquel il se disoit estre fort en sa grâce, parvenoit aux fins à quoy il tendoit, qu'il trouveroit bien moien de lui faire avoir quelque autre bon estât sans avoir et tenir ledit greffe à ferme ; et il lui demanda comment ; et y respondit qu'il estoit bien en sa grâce. En après, il qui parle lui demanda se son beau père Doriolle estoit point de la bande de mondit seigneur de Berry, et s'il se faisoit point tenir prisonniers en Bourbonnoys et que aucuns en avoient en ymagination ;

à quoy il respondi qui ne savoit, mais que à son advis plusieurs de ce royaume et autour du roy en povoient bien estre, car il lui sembloit que tout ce qui se faisoit ne se faisoit que pour garder et mettre ordre et gouvernement au fait du roy et de son royaulme que merveilles. Dit oultre que ledit maistre Jehan Berard luy déclara à une foiz et tantost après que son intencion estoit de envoier ung nommé Jehan de Bourges en Bretaigne par devers mondit seigneur de Berry, lequel de fait il y envoya, ne scet se ledit maistre Jehan Berard y rescripvy ; maiz il ouyt dire qu'il n'y escripvy nulles lettres, mais que ma demoiselle sa femme y en rescripvj\ Il dit oultre que son frère François Meriaudeau y a esté par deux foiz et que à la première foiz il n'y porta que une chançon que mademoiselle de Chissé y envoya, et une lettre que la Morine y rescripvy, qui contenoient entre autres choses que le pippcur se recommandoit ; à qui lesdites lettres se adressoient, il ne scet, maiz de ce il se rapporte à sondit frère, et à la seconde foiz que sondit frère y ala, il y porta lettres de madamoiselle de Chissé et de ladite Morine, comme lui semble, car il n'en est pas bien recors, et si ne scet qu'elles contenoient, car oncques ne les vit, maiz bien dist à son dit frère, à chascune fois qu'il y alloit, qu'il ne se chargast point de lettres dangereuses, qui ne fut prins à tout sur le chemin, et qu'il entendoit que son frère voulsist mettre peine de demourer avecques quelque ung de par delà, et que quant bon appoinctement se fust trouvé entre le roy et monseigneur de Berry, qu'il eust peu entrer en quelque office de quelque homme de bien, car au commencement et à ceste nouvelleté chascun escrioit que ce qui se faisoit par les seigneurs ne se faisoit que pour le bien du roy et de son royaulme. Il dit encores que, la première foiz que le frère d'il qui parle lui rapporta qu'il allast vers monseigneur de Berry, ledit maistre Jehan Berard fut enorté par madamoiselle sa femme qui lui disoit et demandoit s'il seroit point bon qu'il mesmes y allast ; à quoy fut respondu par ledit maistre Jehan Berard qu'il n'y iroit point sans en avoir l'oppinion et conseil de maistre Pierre DorioIIe, et qui vouldroit bien prier il qui parle qu'il y allast pour le savoir de lui ; et de fait lui promist il qui parle d'y aller ; et n'eust esté le coup depié de cheval qu'il qui parle avoit lors, il y fut voulentiers aie ; car son intencion estoit que ce eust esté son grant bien et qu'il soit vray ; dès lors il dist à Lienart, notaire ou Ghastellet de Paris, et au cirurgien qui le appareilloit, et à plusieurs autres, que ce coup lui venoit bien mal îi point, et qu'il avoit une charge pour parler audit Doriolle, dont à cause de ce il auroit des biens du roy.

Il dit oultre que le jeudi au soir, avant sa prinse, ung nommé maistre Regnault, que oncques n'avoit veu, vint veoir en son hostel Madamoiselle de Chissé qui y estoit, lequel maistre Regnault, ainsi que il avoit entendu dire, avoit esté prisonnier et nouvellement délivré de prison, et parlèrent grant pièce ensemble eulx deux ; de quoy il ne scet, excepté qu'elle lui demanda se on lui avoit point parlé d'une clef d'un huis du palais, à quoy il respondi que non ; et dès lors le dit à maistre Simon Belin qui estoit en sondit hostel.

Interrogué sur ce que par la confession dudit maistre Simon Belin appert que, après qu'il fut malade du coup de pié de cheval, il le vint veoir, et en

lui demandant comment il lui estoit, et il respondi qu'il lui estoit venu bien mal à point, et que ceste sepmaine maistre Jehan Berard avoit esté mandé pour aller devers mondit seigneur de Berrj^ et qui devoit aller avecques lui ; dit qu'il est vray qui lui dist qui le disoit tout, affin de savoir audit Bellin s'il avoit quelque ligue, et si lui declaireroit quelques emtreprinses contre le roy, et se luy mesmes en estoit ou non, pour le rapporter au roj', et à ce que ledit Belin par sadite confession dit avoir reprins il qui parle de ceste parolle qui lui disoit, en lui disant que c'estoit folle emtreprinse, il qui parle, et que en la fin le roy et Monseigneur de Berry se accorderoient, et ne parvendroit jamais Monseigneur de Berry à ses fins. Il respond et dit qu'il ne lui dist point les paroUes en ladite forme, maiz bien lui disoit qui lui sembloit qu'ilz ne parvendroient point à leurs fins ; et aucunes foiz disoit qu'il lui sembloit que si feroient, car de ceste matière ilz en ont parlé ledit Belin et lui ensemble par plusieurs foiz, et le language selon le bruit et les nouvelles que on rapportoit en ceste ville de jour à autre. Et sur ce que par la depposition dudit Beliin appert qu'il dist qu'il lui respondi que par Dieu si feroit, c'est assavoir que mondit seigneur de Berry parvendroit à ses fins en lui demandant s'il congnoissoit point la piperie que on faisoit au roy ; et que quant tout seroit prest, l'en savoit bien où l'on le devoit faire rendre, et que par Dieu il seroit prins et ne joyroit plus de son royaulme, maiz le auroit mondit seigneur de Berry. Il dit et respond que par plus de quarente foiz lui et ledit maistre Simon Belin ont parlé ensemble de ladite matière, et aucunes foiz ont eu lesdites parolles ensemble ; et autres foiz il qui parle lui disoit que le roj"- ne parvendroit point à son intencion comme il lui sembloit, et que la chose estoit dangereuse pour le roy, car y il avoit tant de gens malcontens de luy que c'estoit merveilles et que tous les seigneurs estoient ensemble contre luy, et que c'estoit ung chef sans membres, en disant audit Belin : a Que cuidez vous^ mon compère, que ce soit d'ung chief sans membres ? » Et autreffoiz, selon le bruit qui venoit en ceste ville, il changoit ses parolles en exaussant le roy contre Monseigneur de Berry ; et autreffoiz mesmement quant les nouvelles viendrent que Monseigneur de Calabre venoit à grosse compaignie et Monseigneur d'Armignac, en parlant de ce ilz disoient ensemble qu'ilz faisoient le fait du ro}' très doubteux ; et dist sur ce requis que quant les nouvelles vindrent à l'ostel de la ville, que le roy avoit appoinctemeut avecques Monseigneur de Bourbon et autres seigneurs, ledit Belin ala par devers lui qui parle, qui estoit sus sa couche à l'occasion de sa jambe blessée, et lu dist et raconta lesdites nouvelles dudit hostel de la ville, à quoy il qui parlei respondi ; « Mon compère, j'ay grant paour que ce soit une droicte Joncherie et que il y a dangier que on ne l'amuse par delà et que on ne l'atiengne en abaj\ » Et dit qu'il ne dist point que quant tout seroit prest, l'en savoit bien où l'en devoit rendre le roy, qu'il seroit prins et que jamais ne joyroit de son rojaulme, maiz l'aroit Monseigneur de Berry, et s'en rapporte audit Belin pourveu qu'il soit confronté devant luy.

De la relevée dudit jour.

Ledit Gracicn nous requist que lui feissions lecture de la responce par

lui faicle sur le derrenier article, ce que avons fait ; et icelle faicte a dit que du contenu en l'interrogatoire ne se rapportoit point audit maistre Simon Belin, et que tout ce qui avoit esté pourparlé entre eulx n'estoit que par manière de dénis et selon les nouvelles qui couroient par la ville, comme de Monseigneur de Calabre que l'en disoit estre en Champaigne à grosse puissance, el de plusieurs autres nouvelles, et dit que ledit maistre Simon Belin luy rapporta luy mesmes ces nouvelles.

Interrogué quelles lettres ce sont que luy sus sa couche la femme maistre Jehan Berard lui monstra et bailla à lire, et quelles choses elles contenoient, en baillant lesquelles elle dist à il qui parle : Les besongnes se portent bien. Dit que vray est que ladite damoiselle, durant sa maladie, elle estant en l'ostel d'il qui parle, ung qui se disoit varlet de maistre Arnoul, astrologien * , apporta unes lettres à la dite Berarde, disant que son mary les luy envoyoit, et lesquelles incontinent elle ouvrit et fit lire à il qui parle, qui les leut tout haulte, et en la présence du messaiger mesmes dudit maistre Arnoul et d'autres, comme lui semble, des noms desquels il n'est à présent recors, et sur ce requis dit qu'il ne scet se ledit maistre Simon y estoit et s'en rapporte à luy ; et contenoient les dites lettres que Monsieur le grant maistre estoit passé des premiers à ung passaige près du Pont de See par eaue et à basteaux, et à huit heures du matin, et vers midi cstoient passés Messeigneurs de Berry, Bretaignc, Dunojs et Loheac ; et estoient tous audit Pont de See. Je nesçay que ce sera ; Dieu nous soit en aide! et autre chose n'y avoit dont soit recors.

Du dimenche XXVIII'^ jour dudit mois.

Interrogué sur ce qu'il est trouvé que le landemain que Jehan de Bourges fut prins et emprisonné ou Chastellet de Paris, et maistre Regnault il qui parle avoit dit audit maistre Simon qu'il y avoit ung très grant mal advenu et que Regnault avoit esté cherché, et que Jehan de Bourges et que Regnault estoient prisonniers, et qu'il doubtoit que ledit de Bourges eust esté veu à Laigny par Pierre d'Orgemont, et que durant le temps qu'il y avoit esté, les Bourguignons y estoient, et doubtoit encore» qu'il parle au concierge du palaiz qui fut ; dit qu'il n'a point dit lesdites parolles audit maistre Simon, dont il soit souvenant, bien dit que environ le temps dessusdit ladite damoiselle ala en l'ostel d'il qui parle, lui dist que son mary ne lui avoit laissé que deux hommes, l'ung pour l'acompaigner et l'autre pour lui apareiller à mengcr, et que l'ung d'iceulx avoit esté prins par les gens de maistre Jehan Prévost, et il qui parle lui demanda pourquoy ilz l'avoient prins prisonnier, et elle lui dist qu'elle l'avoit envoie devers la damoiselle de Gournay pour avoir de l'omguement pour la maigrir et apeticer son sain, et dit qu'elle lui fit de prime face grant difficulté de lui dire ce que dit est, maiz finablement elle lui dist en disant que ledit de Bourges arrivé audit Gournay estoit aie à Laigny par l'enortement de ladite damoiselle conduire et mener l'une de ses filles sans dire devers qui ; et adonc il qui parle demanda à ladite Berarde se elle lui avoit envoie et quoy faire ; et

1. Arnould des Mares (voir la pièce justificative suivante), qui figure parmi les bénéficiaires des dons royaux aux étrennes de 1454 (Bibliothèque nationale, ras. français 10371, f^ 34).

elle lui jura qu'elle ne lui avoit aucunement envolé. Et dit que la cause pourquoy il l'interrogua, c'estoit pour savoir d'elle s'elle luy avoit envoie et s'il y avoit quelque cntreprinse et pour parvenir à la fin dont dessus est parlé ; et dit que après que ladite damoiselle dist qu'elle ne lui avoit point envoyé et qu'elle le povoit bien desavouer, car elle lui avoit demandé se fere le povoit ; il dit sur ce requis que bien est vray que ledit Berard fut vers lui, et lui dist que ung des filz de Monseigneur de Chaumont estoit au Bourg la Royne, qui luy mandoit qu'elle alast parler à luy à Nostre Dame des Cliamps en lui demandant s'il estoit bon qu'elle y allast, et il qui parle enquist d'elle qui estoit ledit filz de Chaumont et pourquoy il ne venoit vers elle ; et elle lui dist que par l'ordonnance du roy on i'avoit mis hors de ladite ville de Paris affin qu'il ne feist savoir les nouvelles ; et il qui parle lui demanda qit'û avoit à faire à lui et de quoy elle le congnoissoit ; et elle respondi qu'elle le congnoissoit de ce qu'il estoit d'emprès Tours, de ceulx de Chaumont, et de ce qu'il frequantoit souvent en l'ostel d'elle en disant qu'elle n'avoit que faire de lui, et dit qu'il cuidoit toujours tirer d'elle aucune chose pour anoncer ainsi que dessus est dit, et quant il vit qu'il ne povoit riens tirer d'elle, lui dist qu'elle n'y allast point, et autre chose ne lui dist.

Interrogué sur ce qu'il dit à Jacquette Delamare qu'il avoit bien intencion d'avoir lesdits greffes bien brief, et neantmoins ne les digneroit excercer et qu'il auroit bien mieulx ; dit que bien est vraj»^ que durant sa maladie de sa jambe ladite Jacquette fut à l'ostel d'il qui parle, qu'ilz se voulsissent déporter de certain argent qu'ilz avoient preste audit Philippom pour la poursuite desdits greffes, et que le lendemain sans quelque doubte lui en apporteroit ; et il qui parle lui dist touchant lesdits greffes : « Vecy le temps que justice régnera, se Dieu i^laist ». Se maistre Estienne Baron et maistre Guillaume Philippom ne jo^-^ssent de leur don qu'ilz avoient du feu roy, dont restoit encores à esclieoir quatre ou cinq ans, il joyroit de son don et aroit lesdits greffes et esperoit encores d'avoir mieulx, et au moyen de la fin où il pretendoit cy dessus ; et dit que le landemain, pour ce que ladite Jacquette ne tint pas ce qu'elle lui avoit promis, il l'envoj^a amonester et adjourner ledit maistre Estienne Philippom pour cognoistre ou nj-er une cedule qu'il avoit de luy. Dit après, sur ce requis, qu'il ne dist point après la délivrance dudit maistre Regnault qu'il fut bien joj^eux de sa délivrance et qu'on ne doubtoit que de lui principalement ; et sur ce requis, dit qu'il ne s'en raportera point à la confession et depposition dudit maistre Simon Belin ne d'autres, fors à la Berarde et audit maistre Regnault .

Le lundi XXIX« jour dudit mois.

A esté fait venir ledit maistre Simon Belin pour icelui confronter avecques ledit Gracien, et après serment par lui fait de dire vérité, et lui aussi admonnesté deuement de non charger sans cause ledit Gracien et de ne dire autre chose que vérité, et après que lui avons fait lecture de sadite confession et depposition, a dit et affermé touchant le premier point et article qu'il estoit véritable, et ledit Meriaudeau a confessé qu'il avoit bien sceu que son frère estoit aie par deux foiz devers Monseigneur de Berry.

Et au regart du second article, après lecture faicte, a dit qu'il est véritable ainsi qu'il est escript, et ledit Gracien a dit qu'il estoit vray qu'il avoit dit audit Belin que ledit maistre Jehan Berard avoit esté mandé aler par devers moudit seigneur de Berrj', et que son frère à son premier voiage avoit deu dire audit maistre Jehan Berard que les gens de Monsei-gneur de Berry disoient que ce seroit bien fait à maistre Jehan Berard d'aler devers Monseigneur de Berry, et de fait avoit accordé il qui parle d'aler avecques, pourveu que ce fust l'oppinion de maistre Pierre Doriolle, ea priant qui parle que ce fust son plaisir d'aler devers ledit maistre Pierre Doriolle savoir s'il conseilloit audit maistre Jehan Berard d'aler devers mondit seigneur de Berry, tendant par lui qui parle à la fin dessusdite ; et ledit Belin, sur ce interrogué, pour ce que en sadite confession il ne parle point dudit Doriolle, a dit qu'il estoit vray et qu'il luy en parla par la manière qu'il dit ; maiz qu'il lui parlast oncques du roy, il n'en estoit point recors. Et si dit ledit Gracien que oncques ledit maistre Simon ne lui dist que c'estoit une foie entreprinse de vouloir aler devers Monseigneur de Berry ; mais est bien recors qui lui dit que le roy et Monseigneur de Berry s'acorderoient, et ne parvendroit jamais icelluy Monseigneur de Berry à sesfins; et ledit Meriaudeau dit que il peust bien estre qu il dit, en debatant Jes matières entre lui et ledit Belin, que ledit Monseigneur de Berry viendroit à ses fins, en lui demandant s'il veoit point la pipperie que l'en faisoit au ro3% et qu'il fault dire que les seigneurs savoient bien où l'en le devoit faire rendre, et si dit qu'ilz pevent bien avoir dit entre eulx deux en parlant de la prinse du roy, car on savoit bien qu'il estoit roj' et ne le povoit l'en deppoincter, et qu'il failloit dire que par adventure on mettroit ordre en justice et ou gouvernement du roj'aulme ; et ne dist point à la dite Berarde qu'il n'entendoit riens esdites lettres, et dit que esdites lettres n'avoit riens qui portast consequance, et que se aucune chose y eust eu, qu'il les eust retenues et monstrees.

Et dit qu'il n'est point recors s'il demanda audit maistre Simon s'il avoit entendu le contenu desdites lettres, ne se ledit maistre Simon lui dist qu'il avoit seullement ouy que ledit François, frère d'il qui parle, estoit parti, et de ce rapporte se bien à luy ; et dit qui lui semble que lesdites lettres sont encores en sa chambre ou chez la dite Berarde ; et dit qu'il dist bien audit Belin que son dit frère estoit aie devers Monseigneur de Berry, et ne le celoit à personne, maiz le disoit à plusieurs pour parvenir à ses fins telles que dessus et dit. Et si dit qu'il a bien dit audit Belin que, veu la venue des Bourguignons et du duc de Galabre, aussi qu'on parloit fort de ceulx du quartier des Halles et que à Paris avoit plusieurs gens, et que on ne savoit qui estoit bon ou mauvais, et aussi la publication que on faisoit de l'afranchisement des tailles et des impositions, qui estoit une chose qui pourroit atraire les ceurs du peuple à soy, que la chose estoit fort dangereuse pour le roy, et mesmement qu'on avoit fort escrié à Paris la venue d'icelluy, et toutes foiz n'y venoit point.

Et dit oultre que, en parlant de ladite matière, ledit Belin luj^ dist bien que c'estoit chose impossible que ledit Monseigneur de Berry peust parvenir à

ses fins se les villes du royaulme tenoient bien pour le roy ; et il qui parle lui respondi qu'il estoit vray, en disant oultre que s'il avenoit que aucunes gens de guerre de la compagnie du roy ou autres d'entour lui feussent desloyaux et favorables à mondit seigneur de Berry, que cela pourroit bien estre cause de la perdition du roy.

Il dit et confesse qu'il dist audit Belin que ladite Berarde lui avoit dit qu'elle feroit une requeste à mondit seigneur de Berry, et qu'elle se mettroit à genoulx, et qu'elle savoit bien qu'il ne la reffuseroit point, et que après son mary et son frère il n'y avoit homme pour qui elle fist requeste que pour luy qui parle .

Et dit oultre que durant sadite maladie, pour plusieurs debastz et questions qu'il qui parle avoit euz avecques les greffiers qui sont de présent ou Chastellet, et pour plusieurs prestz qu'il qui parle avoit faiz audit maistre Estienne Philippom pour les voiages et impetracion que avoit fait Jacquette Delamare desdits greffes, il qui parle et ledit Belin, en parlant desdits prestz, ilz pevent bien avoir dit ensemble que ledit Philippom ne leur avoit pas tenu bons termes, et ne lui avoit voulu faire cedule de promesse de l'acompaigner ausdits grefifes, en disant oultre par lui qui parle que de brief justice se mettroit sus, et que chascun seroit ouy et aroit raison, et que ledit maistre Estienne Philippom seroit encores tout joyeux d'estre soubz lui esdits greffes.

Il dit oultre que lors ledit Belin requeroit à il qui parle d'avoir compaignie et société esdits greffes avecques luy, et que incontinent que le roy seroit en ceste ville de Paris , il mettroit ses matières en tenues, et quant aux offices de maistre Jehan Prévost, il dit qu'il peut bien avoir dit que se on le mettoit à choi» de deux offices, et que l'une fust de cinq cens frans et l'autre de deux cens, il ameroit mieulx celle dudit maistre Jehan Prévost de deux cens que l'autre de cinq cens, pour les griefz et extorcions qu'il luy a faiz ou fait et impetracion desdits greffes, et aussi qui le menassa de le grever ou chasteau d'Amboize, en lui disant : (( Meriaudeau, vous faictes difficulté quelle puissance j'ay en l'hostel du roy, mais avant qu'il soit ung an, je vous monstreray bien que j'en ay plus qu'il ne vous en fault; et qu'il ne parviendroit point à avoir l'office desdits greffes, et lui deust il couster mil escuz contens à bailler au roy, en disant entre eulx : Feroit l'on bien Monseigneur de Berry régent » ; et autres paroles n'eurent pour lors.

Sur le troizieme article, a affermé ledit Bellin le contenu en icelui éstre véritable, et ledit Gracien a dit qu'il est vray que ladite Berarde lui porta et monstra unes lettres que maistre Jehan Berard lui avoit rescriptes, qui contenoient entre autres choses que François estoit party, et il lui demanda que c'estoit à dire party ; et elle lui respondi qu'il estoit aie devers Monseigneur de Berry, et se rapporte audit Belin de tout le surplus dudit article, excepté en ce mot « sans doubte » qu'il dit non avoir dit, dont soit recors, mais n'en peust avoir dit que selon les choses qu'ilz veoient et les nouvelles qui venoient, il porroit parvenir à ses fins.

Sur le quatrième article touchant le premier point, ledit Belin y a per-

severé, et icelui Gracien dit que autre fois l'a confessé ; et au regart du second point, ledit Belin a samblablement persévéré ; et il qui parle dit qu'il y ajàparavant respondu en sa précédente confession à laquelle il se rapporte, et a requis ledit Gracien sçavoir la vérité dudit Belin des paroles qu'il luy dit touchant les fermes, dont mention est faicte en sa confession précédente, ce que avons fait, et lequel par le serement que dessus nous a dit que bien estoit vray que ledit Gracien lui, pour parvenir à avoir lesdits greffes, avoit dit que se le roy pooit venir à Paris et justice estre mise sus, et que Monseigneur de Berry ne parvenist à ses fins, il feroit tant que il aroit le droit de maistre Estienne Philippon, et lui qui parle le droit de maistre Guillaume de Culant.

Sur le ciuquiesme article, ledit maistre Simon a persévéré en disant toutes voies par lui que son entendement touchant ce mot, qu'il y avoit ung grant mal advenu, c'estoit pour la prinse de Jehan de Bourges qui avoit esté à Lagny ; et ledit Meriaudeau a dit qu'il lui avoit voirement dit que la Berarde lui avoit dit que elle n'avoit que deux hommes, et que on lui en avoit prins et emprisonné l'ung, c'est assavoir ledit de Bourges, lequel elle avoit envoie devers la demoiselle de Gournay quérir de l'oinguement pour appeticer ses mamelles, et que ladite damoiselle de Gournay l'avoit envoie à Lagny ainsi qu'il a devant dit, et qu'il se mist en effet d'en enquérir à elle qu'il en estoit et s'elle en estoit point consentant ; et laquelle lui dit que non ; et pour ce il qui parle lui dit qu'elle l'en pooit bien desavouer.

Sur le sixiesme article, ledit Bellin a persévéré, et ledit Gracien dit qu'il n'en parla oncques autrement que ainsi qu'il a devant depposé.

Sur le VIII® article, ledit maistre Simon a persévéré, et ledit Mereaudeau a dit qu'il en respondit hier et les autres jours bien largement, à quoy il se rapporte.

Et sur le IX*" article, ledit Bellin a persévéré et ledit Meriaudeau a dit qu'il n'en parla oncques, et que de maistre Regnault il ne parla oncques autrement que dessus a dit.

De la relevée dudit jour.

A esté remonstré audit Gracien que les excusations qu'il a voulu dire n'estoient souffisantes, car s'il eust eu bonne volenté, il deust avoir déclaré partie de sa volenté à Monsieur le lieutenant gênerai, à Monsieur le prevost, à l'un des presidens ou à autres de la justice ; à quoy il a respondu qu'il reputoit tous ceulx de Paris traîtres et desloiaux au roy, et au regart de ceulx de Parlement, il dit que ledit Berartlui avoit dit que, quant on parloit en la Court de Monseigneur de Berrj'', pluiseurs y prestoient les oreilles sans lui declairer qui ilz estoient ; et pour ce a esté livré aux questions pour ce que autre chose n'a voulu dire ne declairer, lesquelz l'ont estandu en ladite question et baillé de l'eaue en la manière accoustumee, lequel, lui estant en ladite question, a dit que véritablement ledit maistre Jehan Berart ne lui declaira point qui estoient ceulx qui prestoient les oreilles ausdites paroles.

Il dit qu'il n'a point voulu accuser les choses contenues en sa première

confession affm de parvenir à plus grant chose, et qu'il tendoit, pour ce que aucuns disoient que maislre Pierre Doriole et Monseigneur de Trej'nel s'estoient faiz arrester en Bourbonnois pour sçavoir s'il estoit ainsi, et s'il donneroit consentement à son fillatre d'aler devers Monseigneur de Berry pour attendre à plus grant chose.

Et lui a esté remonstré que par sa confession il sçavoit pluiseurs choses préjudiciables au roy, lesquelles il n'a point dénoncées à quelque homme de justice, à quoy il a respondu que il ne se sçavoit en qui fier.

Et après plusieurs remonstrances, il a dit que Philippe des Essars avoit chargé à son frère de faire sçavoir aux Bourgongnons qu'ilz feissent diligence de eulx joindre avecques les Bretons, en nous requérant que le voulissons faire mettre hors de ladite question, et qu'il diroit vérité ; pour laquelle cause l'avons fait deslier et mettre devers le feu.

Et lui estant audit estât, il dit que son dit frère, quant il vint la seconde foiz de devers le duc de Bretaigne, il lui dit que il avoit trouvé Philippe des Essars à Amboise, qui lui avoit demandé de Testât et armée de Monseigneur de Berry ; et il lui nomma qu'il estoit acompaigné du duc de Bretaigne, du conte de Dunois, de Monsieur de Loheac, du grant maistre de Bretaigne et pluiseurs autres, et qu'ilz estoient bien XIIII mil bons combatans, et que alors ledit Philippe lui dit que, si les Bourgongnons ne joingnoient avecques les Bretons, Monseigneur de Berry ne parviendroit jamais à son intencion, mais s'ilz pooient joindre, il viendroit à son intencion ; en chargant le frère de il qui parle que, incontinent qu'il seroit venu à Paris, qu'il le feist sçavoir ausdits Bourgongnons, ce qu'il lui accorda, et dit que pour ce faire sondit frère ne mist que deux jours et demy à venir à Paris, et luy arriva qui fut ung jour de mardy. Il recita à il qui parle tout ce que ledit Philippe des Essars lui avoit chargé de faire et dire, et lui dit qu'il vouloit aler vers eulx leur faire sçavoir ; et il qui parle lui dit qu'il garde qu'il n'y alat point, et lui destourna d'y aler. Et samblement le lendemain matin, dit à il qui parle qu'il y vouloit aler, dont il qui parle lui dist qu'il y avoit trop grant dangier, et s'en rapportoit à luy, et de fait y ala.

Interrogué pourquoy, puisqu'il savoit ces choses, icy il ne les reveloit à aucuns de la justice, dit que pour ce que on disoit de jour en jour que le roy venoit, il attendoit pour luy dire à luy mesmes.

Et pour ce que autre chose n'a voulu dire, a esté mis en la gehaine, et luy deuement interrogué sur ce que par sa depposition il dit qu'il fut voulentiers aie devers maistre Pierre Doriole pour savoir s'il eust conseillé audit Berard d'aler devers mondit seigneur de Berry pour le venir encuser au roy, et après a dit qu'il n'eust oncques voulenté d'acuser les dits Berard et sa femme, ne ledit Doriole, quant il l'eust sçeu, car ilz sont trop ses amis et l'ont soustenu et porté son fait touchant les greffes par devers le roy ; et dit que de la clef de Galilée ne de l'emtreprinse qui estoit de mettre en Paris les Bourguignons ou autres ennemis du roy, riens ne scet autrement que devant a dit.

Et lui estant devant le feu, dit que ce qu'il a dit en sa confession du

jour d'hj^er, que brief justice se mcttroit sus. il entendoit que par le roy ladite justice se devoit mettre sus, et que le roy avoit dit qu'il cougnoissoit bien maintenant que par le moieu et introduction de Monsieur son lieutenant gênerai il avoit fait plusieurs injustices, et que le roy disoit qu'il n'en feroit plus ; et par ce moien l'entendoit et non autrement.

Et si dit qu'il ne sect comment entendoit ladite Berarde le fait de la clef, sinon que ce fut pour faire une entrée par la poterne de Galilée, maiz avccques qui ne scet et n'en fut oncques consentent.

Et après a dit qu'il entendoit de Monsieur de Berry que, s'il parvenoit à ses fins, il remettroit justice sus et qui ne couroit point de justice ; et touchant les greffes du Chastellet, on lui avoit fait la plus grant injustice qu'on fit oncques à homme ; et n'a voulu touchant ladite clef bailler autre entendement que dessus.

Et si a dit, sur ce inquiété et pressé de remonstrances, qui ne fut oncques en propos ne en voulenté d'accuser lesdits Doriole, des Essars, Berard et sadite femme au roy ne à autre pour la cause par lui dicte en la question, et que au surplus y se rapportoit du tout ad ce que maistre Simon le lui en a depposé ; et partant a esté fait revestir et renvoie en sa prison.

Du mardi XXX^ jour de juillet,

Par devant raesdits seigneurs les commissaires fut attainct ledit Gracien, et lui fut fait lecture de sesdites confessions, mesmement de ses derrenierement faictes tant en question que devant le feu, esquelles y persévéra et persévère, disant qu'elles estoient véritables en tout et par tout, excepté en ce qu'il a dit qu'il avoit voulenté, quant il eust sceu toute la communauté desdits Berard, sa femme, Doriolle et autres, qu'il les eust accusés au roy, car il n'en eust oncques voulenté, et aussi sont ilz tous les meilleurs amis qu'il ait, ainsi que dessus a dit, et qu'il avoit grant voulenté d'aller avecques ledit Berard par devers Doriolle et par devers Monseigneur de Berry pour soy recommander à sa bonne grâce ; et n'eust esté le coup de pié de cheval, y fut allé ; et partant renvoie en sa prison.

Ce fait, parmesdits seigneurs les commissaires a esté mis en délibération avecques maistre Jehan Lefilz, et tous d'ung commun accord ont esté d'oppinion et conclud qu'il estoit digne de mort, et que pour eschever plus grant esclandre y fust noyé ; et tantost après livré là l'exécuteur.

(Bibliothèque nationale, ms. français 19229, ff. 84-102).

Protestation de fidélité au roi d'Arnoul des Mares,

astrologierit à propos des événements survenus à Paris.

(Fin juillet 1465)

L'an milCCCCLXV, environ la fin du mois de juillet, le roy estant en la ville de Paris, le prevost des marchans fit une assemblée en l'ostel d'icellc ville, et là exposa comment le roy, qui estoit sur son partement pour aler à

Rouen, avoit laissié aucuns capitaines et gens de guerre pour la garde d'icelle ville, et demanda à ceulx qui là estoient qu'il estoit de faire. Sur quoy fut délibéré que on devoit aler devers luy le remercier ; et ce fait, ledit prevost mist en délibération se on devoit point requérir au roy que messire Charles <le Meleun, lors grant maistre d'ostel, fust son lieutenant en ladite ville ainsi que paravant il avoit esté ; à quoy par touz concordamment fut repondu que de luy ne d'aultre on ne devoit point faire requeste, maiz devoit on attendre que le roy y mist teîz que bon lui sembleroit, attendu qu'il estoit seigneur sans moyen de ladite ville ; et le lendemain qui estoit ung samedi, à l'issue de vespres ainsi que maistre Arnoul l estoit au coing de sa rue, devant l'huys de Monsieur le présidant de Corbie, où estoient aussi maistre Jehan Hébert, Jehan de Longueil, Jehan de Canlers, Christophe Paillart, Jehan de Bailly, et sire Germain Braque, en devisant de plusieurs choses, fut dit que au matin on avoit proposé de par ladite ville devant le ro}', et que entre autres choses on luy avoit requiz que ledit messire Charles de Meleun fust son lieutenant, dont ils furent tous bien esbaiz, veue la délibération du jour devant qui avoit esté au contraire, et ne le povoient croire ; et afin d'en savoir la vérité, les dessusdits du carreffour où ilz estoient se partirent et s'en allèrent en l'ostel dudit prevost des marchans où ne le trouvèrent pas, et de là s'en alerent et le trouvèrent devant Saint Germain, ainsi que on descent pour aler en grève ; et lors ledit maistre Arnoul, qui estoit le plus prouchain dudit prevost, lui dist : (( Monsieur le prevost, nous venons icy par devers vous pour ce que nous avons telle chose, pour savoir s'il est vray ». Lequel prevost repondist que oy, et que pour le bien de la ville ainsi l'avoit fait, et combien que paravant eust esté délibéré le contraire ; et lors ledit maistre Arnoul luy dist : « Nous estions cy venuz pour en savoir la vérité, maiz puisque vous l'avez fait pour le bien de la ville, bien soit, et à Dieu ». Et sans aultre chose luy dire ne à aultre de la compaignie, soit à Michel de La Granche ou aultre, s'en partit ledit maistre Arnoul et les dessusdits. Bien est vray que ayant Jehan Hébert et ledit de La Granche encore ensemble aucunes paroUes, ne scet ledit maistre Arnoul quelles. Et incontinent ledit maistre Arnoul s'en ala devers le roy en entencion de luy dire, et le trouva au long des murs de la porte Saint An-

thoine, et pour ce qu'il ne peust parler

. . . . , [lignes coupées]

à luy le dist à monseigneur d'Evreux qui là estoit, affin qu'il luy dist, et comment le cas soit tel que dessus est dit, et que en ce faisant ledit maistre Arnoul avoit fait chose qui soit de grant malor ne digne de reprehencion ; ce nonobstant ledit Michel de La Granche, à l'appétit dudit messire Charles de Meleun qui lors avoit grant bruit, et pour lui complaire, donna à entendre au roy que les dessusdits avoient fait grant assemblée de peuple pour faire tuer luy et ledit prevost, qui estoit non véritable ; ou mojen duquel faulx raport ledit maistre Arnoul et les dessusdits ont esté eu grand indi-

(1) II mourut dâ la peste l'aunée suivante (Jean de Roye, t. I, p. 175).

gnation du roy. Si supplie ledit maistre Arnoul qu'il plaise au roy se informer de la vérité, car il trouvera ce que dessus est dit vray, et oster de son ymagination ce que lui a esté donné à entendre contre vérité et remettre ledit maistre Arnoul en sa bonne grâce, car à son povoir oncques envers luy ne fist faulte, et ne vouldront faire, mais l'a loyaulment servy sans varier tant ou fait de son office comme aultrement.

Original provenant du chancelier d'OrioIe (Bibliothèque nationale. Pièces originales, vol. 1918, f» 1.)

Fragment d'un compte de dépenses occasionnées par le siège de Dan-le-Roi.

(Juillet 1465)

A Jehan Seguree, charretier, la somme de XX s. t. pour ses peines, voyages, sallaire et despens d'avoir esté quérir avecques ses charrete et chevaulx certaine quantité de pouldre de canon pour mener ou siège de Dun le Roy, et pour icelle avoir ramenée avecques autres choses dudit Dun le Roy en ladite ville de Bourges, pour ce XX s. t.

A Pierre Charretier, charretier, la somme de VII s. VI d. t. pour ses peines et sallaires d'avoir amené de Dun le Roy en ladite ville de Bourges partie de l'artillerie qui y avoit esté menée pour le siège qui avoit esté mis devant ladite ville de Dun le Roy, pour ce VII s. VI d. t.

A Pierre Le Breton, maistre pionnier d'une des mignes faictes audit siège de Dun le Roy, c'est assavoir à celle de monseigneur le Bastart de Bourbon, Gillet Arme, Guillaume de La Bourderie, Henry Sergent, Jehan Legendre, Pierre Fermain, Gillet Perrot, Girault Rogier et Jehan Charretier, tous pionniers de ladite migne, Regnault Bernard, Jehan Le Bon, Jehan Pailleron, Philippom Douchier, Bernard Charnier, Jehan Fleury, Simon Fleury, Jehan Prévost, Pion Dondure, Jehan Dechirelles, Guespin Griffon, Pierre Le Couvreux, André Carrellet, André Terrier, Jehan Lutier et Jehan Le Breton, tous manœuvres d'icelle migne, Jehan Corneborne, Guillaume Guerin et Pierre Turpin, charpentiers de ladite migne, la somme de XXII l. XII s. VI d. t., pour leurs peines, journées et sallaires d'avoir chascun en droit soy besongné de leur dit mestier en ladite migne dessus declairee par les journées et sommes cy après declairees, c'est assavoir audit Pierre Le Breton, XXX s. t. pour neuf journées qu'il a vacqué à besongner en ladite migne commençant le XIX* jour dudit mois de juillet, et finissant le XXVIII* jour ensuivant, au pris de III s. IIII d. t. par jour ; audit Gillet Arme, VII s. VI d. t. pour trois journées qu'il a aussi vacqué en ladite migne au feur de II s. VI d. t. par jour ; ausdits de La Bourderie, Sergent, Legendre, Fermain, Perot, Rougier et Charretier, à chascun d'eulx XXII s. VI d. t. pour chascun les journées par eulx vacquees à besongner de leur dit mestier de pionnier en ladite migne ; audit Regnault Bernart, XX s. t. pour huit journées qu'il a vacquees en ladite migne à besongner de sondit mestier de

maneuvre au feur de II s. VI d. t. par jour ; ausdits Lebon, Chirelles, et Jehan Le Breton, à chascun XII s. VI d. t. pour chascun cinq journées qu'ilz ont vacqué en icelle migne au feur de II s. VI d. t. par jour ; audit Philippom Douchier, XX s. t. pour huit journées qu'il a vacqué en ladite mign& au pris de II s. VI d. t. par ledit jour ; ausdits Pailleron, Charnier, Jehan Fleury, Simon Fleury, Jehan Prévost, Dondure, Griffon, Le Couvreux et Jehan Luttier, à chascun d'eulx XV s. t. pour chascun six journées par culx vacquees en ladite migne à la raison de II s. VI d. t. par jour ; audit Carrellet, VII s. VI d. t. pour trois journées qu'il a vacquees à besongner comme maneuvre en ladite migne au pris que dessus ; et audit Tierciér (sic)t V s. t. pour deux journées qu'il a vacquees en icelle raigqe au feur de II s. VI d. t. par jour ; au dit Corneborne, X s. t. pour quatre journées qu'il a vacquees à besongner de sondit mestier de charpentier en ladite migne, à faire les estandiz et des appuys pour soustenir la terre au pris de II s. VI d. t. par jour ; audit Guerin, VII s. VI d. t. pour trois journées qu'il a vacqué à besongner de sondit mestier de charpenterie en ladite migne au pris que dessus ; et audit Musnier, XV s. t. pour six journées qu'il a vacquees avec les dessusdits charpentiers en ladite migne à ladite raison de II s. VI d. t. par jour ; lesquelles parties dessus dites montent ensemble ladite somme de XXII 1. XII s. II d. t.

A Jehan Fiat, marchant demourant à Bourges, la somme de XXXIIII 1. t. pour les parties cy après declairees, c'est assavoir XII 1. t. pour la vente de deux muys d'avoine et XXII 1. t. pour la vente de trois tonneaulx de vin en six queues par marchié fait entre ledit trésorier et ledit Fiat, laquelle avoine et vins ont esté menez audit siège de Dun le Roy, et par délibération de monseigneur de Bourbonnois et d'Auvergne, le conte de Dampmartin, monseigneur de Chaumont, monseigneur le Bastard de Bourbon, monseigneur de Voullon et autres seigneurs estans en la compaignie de mondit seigneur de Bourbon, ladite avoine et vins ont esté donnez et délivrez à monseigneur de Montagu et au marquis de Rotellin pour eulx aider à vivre et leurs chevaulx.

Original. (Archives nationales, K 530 3, n« 12.)

Autre fragment.

A Anthoine Rouzel et Fierre Rouzel, canonniers, la somme de XX livres tournois, laquelle leur a esté ordonnée par monseigneur le Bastard de Bourbon, lieutenant gênerai de monseigneur le duc de Bourbon et d'Auvergne, estre baillée et délivrée par lesdits trésorier et secrétaire, tant pour leurs gaiges, peines et sallaires d'eulx, Perot leur varlet, Thomas Loyer, aussi canonnier, comme pour leurs despens, et aussi de deux charpentiers, deux mareschaulx, quatre charretiers et deux maneuvres, d'avoir esté et vacqué chascun par neuf journées entières durant icellui siège, lesquelz canonniers avecques les dessusdits avoient esté commis et ordonnez pour conduire et ramener une serpentine faicte en la dite ville de Bourges, au moien de laquelle se sont rendus ceulx dudit lieu de Dun le Roy, pour ce XX 1. 1.

A Esticnne Calais, Guillaume Bigot, Jehan Calais et Jehan Ribon, charretiers, la somme de XLV s. t. pour leurs peines et sallaires d'avoir mené et conduict en charroy de ladite ville de Bourges jusques en la ville de Dun le Roy les tonneaulx de vin qui s'ensuivent, c'est assavoir lesdits Estienne Calais et Ribon chascun ung tonneau au pris de VII s. VI d. t. pour chascun d'eulx, valent XV s. t., et ausdits Guillaume Bigot et Jehan Calais chascun deux tonneaulx de vin audit pris, qui est pour chascun d'eulx deux XV s. t., vallent XXX s. t. , pour ce XLV s. t.

A Jehan Poncet, marchant demourant à Bourges, la somme de XLVII 1. IX s. XI d.t., tant pour la vente, bail et délivrance de vin que pour certaines parties par lui baillées et qui ont esté menées au siège tenu par mondit seigneur devant Dun le Roy par l'espace de huit journées entières, dont les parties s'ensuivent, c'est assavoir en dix tonneaulx de vin qui furent baillez aux Bourguignons estans audit siège et à autres qui faisoient certaine mine, pour les entretenir oudit siège au pris de IIII 1. 1. le tonneau, vallent XL 1. 1., et pour l'emplaige de l'un desdits dix tonneaulx duquel il s'en failloit plus de demi pied, lequel se perdit et beust sur le chemin, XV s. t. ; en demie livre de pouldre fine, IIII s. II d.t. ; demie livre de menues espices, VI s. lîl d. t. ; en pouldre de duc, XX d. t. ; en deux livres de succre, XV s. t. ; en deux livres d'almandes, II s. t. ; en demie livre de pouldre blanche, IIII s. II d. t. ; demie livre pouldre synamoinne, VI s. III d. t. ; une once saffran, IIII s. II d. t. ; en deux torches, V s. t. ; en deux mains de papier et ancre, II s. XI d. t. ; en trente quatre livres de chandelles, XXVIII s. IIII d. t. ; en une livre de chandelle de bougie, V s. t. ; en cire vermeille, VI s. VIII d. t, ; en quatorze livres estouppes à VI s. t. la livre, vallent VII s. t. ; en une peau de mouton, II s. XI d. t. ; en quatre livres de poix raisiné, X s. t. ; en potz de terre pour mettre feu pour getter en la ville de Dun le Roy, V s. t. ; en tranchouers et vaisselle de bois, VIII s. IIII d. t. ; en six cens de clou de quatre doiz à XX d. le cent, vallent X s. t. ; lesquelles parties ont esté menées audit siège et montent à la somme de XLVII 1. IX s. XI d. t. : néant, pour ce que icellui trésorier n'en a aucune chose paie, pour ce que sadite recepte ne le povoit porter, mais en a fait sa cedulle audit Poncet, et pour ce rend icelle somme de XLII (sic) 1. IX s. XI d. t. cy après en debtes que mondit seigneur a à paier et à assigner nonobstant qu'il en ait baillé sadite cedule comme dit est, pour ce XLVII 1. IX s. XI d. t.

A Pierre le Mareschal, dit des Moulins, Guillaume Raguin, Gauchier Le Maire et Colin Fegereou, charretiers, la somme de XLV s. t. pour leurs peines et sallaires d'avoir mené de Bourges à Dun le Roy certaine quantité de tonneaulx de vin, du pain et autres choses neccessaires pour ceulx dudit ost, c^est assavoir audit Pierre Le Mareschal pour deux tonneaulx de vin par lui menez audit siège, XV s. t., audit Guillaume Ragon (sic) VII s. VI d. t. pour une charretée de pain, audit Gauchier Le Maire XV s. t. pour deux tonneaulx de vin, et audit Fougereou (sic) VII s. VI d. t. pour une autre tonneau de vin, pour ce XLV s. t.

Original. (Archives nationales, K 5304, n» 5).

Demandes faites par le duc de Berry et les ligueurs

pour fixer l'apanage du duc.

(19 septembre 1465)

S'ensuivent les demandes que Monsieur de Berry et les seigneurs font pour le partage de M. de Berry.

1») Ont demandé la duché de Normandie ou la duché de Guienne selon son ancienne limitation ; et pour ce que le roy n'a pas esté conseillé de bailler nulle desdites duchez parce qu'elles sont unies et jointes à la couronne et ne s'en peuvent séparer, lesdits seigneurs ont fait les demandes qui s'ensuivent, e'est à sçavoir ; la comté de Champagne, le pays de Vermandois, le pays de Brie, le pays de Gastinois, avec la duché de Berry, lesdits pays et seigneuries en tous proffits tant en domaine, aides, tailles, greniers qu'autres profits et emolumens quelconques avec partie des gens d'armes.

Sur quoy le Roj-^ a fait les offres qui s'ensuivent :

1» Le comté de Champagne, le pays de Brie, réservé les places de Meaux, Melun et Montereau, le pays de Vermandois, le comté de Guise et Tournay et Tournezis avec les aides et greniers, et la moitié de la taille desdits pays et seigneuries, et pareillement de Rheims et Langres, en délaissant au roy par M. de Berry la duché de Berry parce qu'elle est joignante à Touraine oii le roy fait souvent sa résidence.

Item M. de Charolois demande les terres de Picardie nouvellement dégagées par le Roy. Surquoy le roy luj'^ a offert de luy faire délivrer franchement la comté de Boulogne et recompenser Monsieur de Boulogne. Item la comté de Guines. Item les trois chastellenies Peronne, Montdidier et Roye, et en recompenser Monsieur de Nevers, laquelle offre ledit de Charollois n'a pas voulu accepter, mais à toute force veut avoir Icsdites terres de Picardie, jaçoit ce qu'il n'y ait cause de les demander, et qu'il ait tant fait et porté de dommage au roy et au royaume, comme chacun sçait. Et pareillement les autres seigneurs, ainsi que le roy a esté adverty, ont intencion de faire de grandes demandes au roy tant de terres et seigneuries que de ses droits royaux et souverains que d'argent, afin de diminuer et afoiblir tellement la puissance du roy que toute la force et puissance du royaume leur demeure.

Les présentes demandes et offres ont de par le roy esté baillées à exposer et publier aux gens des trois estats de ceste ville de Paris par M. le Chancelier, ce qui par luy par ladite ordonnance et commandement fut fait le dix neufviesme jour de ce présent mois de septembre mil HII*^ soixante et cinq, en la Chambre de Parlement, presens plusieurs nobles et du Grand Conseil du roy, MM. les presidens de ladite Court, plusieurs conseillers d'icelle, de la Chambre des Comptes et autres plusieurs de l'Université de Paris, gens d'église et bourgeois en grand nombre.

Copie du XVIII' siècle. (Bibliothèque nationale, ms. français G972, f» 135.)

Compte du paiement de la garnison du Bois VAbbé en Bcrry. (Septembre-octobre 1465)

Par le roolle en parchemin fait et signé par Guillaume de Sully pour le paiement de certains gens de guerre estans en garnison au Boj's l'Abbé, lesquelz y ont esté par l'espace de xxx jours entiers commencent XIIII^ jour de septembre CCCCLXV et finissant leXIII^ jour d'octobre ensuivant audit an, aux gaiges de IIII livres tournois par mois.

Aux personnes cy après nommées la somme de XXII 1. V. s. II d. t. à eulx paiee par ledit trésorier pour les causes qui s'ensuivent :

A Ravaut de la Torracte, arballestier, garny et monté d'arballeste et cuirace, la somme de XXXVI s. VIII d. t., c'est assavoir IX s. H d. t. sur ce qui lui peut estre deu de ses gaiges par lui desserviz à la garde dudit Boys l'Abbé durant lesdits XXX jours, que XXVÎI s. VI d. t. pour faire partie de la despense de lui et de ses compaignons icellui temps durant pour ce pour tout XXXVI s. VIII d. t.

A Marquet Micheau, arballestier, aux gaiges dessus dits de IIII 1. t. par mois, sur quoy il a receu pour ledit temps qu'il a servy. . XXXIX s. II d. t,

A Jehan Gajat, arballestier, pour pareille cause LV s. t.

A Jehan Picart, barbier coustilleur, pour semblable X s. t.

A Guillaume Bertault, aussi coustilleur, semblablement . . IX s. II d. t.

A Anthoine Bouché, arballestier, pareillement XLVII s. VI d. t,

A Jehan Planteblé, arballestier, pour ce que dessus IX s. II d. t.

A Jehan Barrier, coustilleur, pour semblable cause X s. t.

A Piigault Dadu, arballestier, pour pareille cause. . Ls.t.

ARegnault Bernard, coustilleur, semblablement... XXXVII s. VI d. t.

A Sebastien Le Roy, arballestier, pour ce que dessus. XLVI s. VIII d.'t.

A Jehan Rochin, coulevrinier, sur ce qui lui povoit estre [deu] de ses gaiges par lui desserviz durant les dits XXX jours, pour ce XXXV s. t.

A Thomas Norment, pour pareille cause XLVII s. VI d. t.

A Philippom Jehannet, coustilleur, pour semblable cause. . IX s.IId. t»

Lesquelles parties dessusdits montans et faisans la première somme de XXII 1. II s. VI d. t. sont à plain contenues et declairees oudit roolle de monstre fait le XIIII« jour de septembre audit an mil CCCC LXV, signé par icellui seigneur de Voullon, comme dit est, comme par icellui roolle cy rendu appert, pour ce par vertu des dites lettres patentes de mondit seigneur rendues comme dessus est dit, et aussi dudit roolle de monstre et quittance des parties contenues en icellui roolle, cy rendues à Court XXIII 1. V s. IL d.

A Loys Pelletier, archier, la somme de XXII liv. X s. t. pour ses gaiges par lui desserviz à la garde des châteaux et forteresses de Chasteauneuf, Linieres, et le Bois l'Abbé, durant les mois de juing, juillet et aoust derreniers passez, pour ce par vertu du papier fait pour ledit mois d'octobre par mesdits seigneurs de Linieres, Luçay et Voullon, rendu ou chappi-

tro d'artillerie cy devant sur ledit mois d'octobre et lettres patentes transcriptes et rendues au commancement de cedit compte et quittance dudit

.arclîier cy rendue à court, ladite somme de XXII 1. X s, t.

Original. (Archives nationales, K 530 3 , n° 1.)

Déclaration d'Odet d'Aijdie, lieutenant général de Charles de France^ spécifiant que la ville de Lisieux a reconnu le frère de Louis XI comme duc de Normandie. (8 octobre 1465) Nous Odet d'Aydie, seigneur de Lescun et de Castillon, lieutenant gênerai de très hault et très puissant prince et mon très redoulté seigneur monseigneur le duc de Normandye et de Berrj', en l'absence de monseigneur le duc de Bourbonnois et d'Auvergne, certiffions avoir veu la composition et appointement fait et passé par messeigneurs du Quenelec, de Saint Pierre, Raymonet de Boecj% messire Régné d'Espeaux, chevalier, et Perot d'Aydie, avecques les gens d'église, nobles, bourgoiz, manans et habitans de la cité de Lisieux, contenant que iceulx, par l'obéissance que [présentement ont fête à mondit seigneur le duc, puissent joyr de telle composition et octroy, comme acordé a esté aux gens d'église, nobles, bourgois, manans et habitans de la ville et cité de Rouen, et avecques ce estre entretenus sans aucune infraction es octroys acordés par feu le roy Charles septiesme que Dieu absoille, en la reducion de la dite cité de Lisieux en obbeissance, et que les officiers de ladite ville et dyocese qui nous ont esté baillés par escript pour faire confermer à mondit seigneur le duc, seront entretenus et demourront en leurs offices en la fourme et manière comme ilz estoient ou temps du feu roy que Dieu absoille ; c'est assavoir Richart de Brumare, recepveur des aides et tailles de ladite ville et ellection de Lisieux, Jehan Lotherel et Robert Tesson, esleus, Laurens du Douet, greffier de ladite ellection, Loj'S Basin, conterolleur du garnier à sel de ladite ville et diocèse, Jehan Eschallart, garde du seel des obligacions de la viconté d'Orbec, Rogier de Mery, garde du seel des obligacions de la viconté d'Auge, Cardot de La Reue, advocat en ladite viconté d'Auge pour mondit seigneur le duc, Michiel Le Roux semblablement advocat pour mondit seigneur en la court des es leus, Nicolas du Murgier, procureur en ladite ellection pour iceluy seigneur, Pierre Durant, sergent de Dyve en ladite viconté d'Auge, lesquelz officiers dessus nommés estoient tous presens à la composition de ladite ville et pocesseurs desdits offices, laquelle composition et appointement nous avons agréable, ferme et estable, et prometons oudit nom faire ratiffier et confermer à mondit seigneur le duc de Normandye et de Berry, et en faire bailler lettres telles que au cas appartendra. En tesmoing de bonne foy, nous avons signé ces présentes de nostre main et fait sceller des armes de monseigneur d'Achon en l'absence du nostre, le Ville jour d'octobre l'an mil CGCC soixante cinq.

Odet d'Aydie.

Original. (Archives municipales de Liiieux.)

Instructions données par Jean de Lorraine à Pierre d'Amboise, seigneur de Chanmont, chargé d'une mission auprès de Charles de France,

(12 octobre 1465)

^ Instructions baillées a Monseigneur deChaumont de ce qu'il aura à dire et remonstrer à Monseigneur au voyage qu'il fait présentement par l'ordonnance de Monseigneur de Bourbon et des gens du Conseil de mondit sei-» gneur.

Premièrement, que incontinent que ceste ville de Rouen fut réduite en l'obéissance de mondit seigneur, mondit seigneur de Bourbon et les dits gens du Conseil de mondit seigneur, ceulx principallement qui avoient esté cause de ladite reducion et avoient plusieurs moiens avecques plusieurs des bonnes villes et places dudit duchié, adviserent qu'il estoit très expédient et plus que ncccessaire d'envoier des gens de guerre tant au pays de Caux que de l'autre part de la rivière de Seine, tirant en la basse Normandie.

Item, pour ce qu'ilz furent advertiz que lesdits gens de guerre n'avoient point d'argent et que long temps ilz avoient servy sans gaiges, par quoy nevouUoient servir ne passer plus avant sans avoir quelque paiement, iceulx ^ens de Conseil avec mondit seigneur de Bourbon adviserent qu'il estoit neccessité de trouver argent pour les paier, ou au moins avancer argent sur leur service, et furent empruntées plusieurs sommes de deniers jusques à la somme de X mille livres ou environ, dont les parties ont esté baillées à mondit seigneur de Chaumont, et lequel argent ainsi baillé tant à monseigneur de Lescun, à Bertrand du Parc, monseigneur de Charenton et aux gens estans soubz la charge de mondit seigneur de Bourbon se sont départis les dits gens d'armes, les ungs oudit pays de Caux, les autres de l'autre part de ladite rivière de Seyne, et tellement ont fait que, la mercy Dieu, 4u costé de Caux sont réduites les villes de Dieppe, Arques, Caudebec, ^onstierviller, Fescamp, et Harefleu, et de l'autre part Pout Audemer, Honnefleu, Touque, Lisieux, Caen, Bayeux et Evreux, et par faulte de gens d'armes sont encore demourees les villes de Loviers, du Pont de l'Arche, Vernon et Gisors ; pour ce requerra mondit seigneur que son plaisir soit d'envoyer des gens d'armes jusques au nombre de 11^ lances, ainsi que autreffois lui a esté aescript soubz la charge et conduite, se faire se peult, de Jehan monseigneur de Lorraine, qui est du pays et y pourra fort servir.

Item, est bien besoing avoir les dits gens de guerre pour aider à parcheverla réduction des dictes places, car il a convenu laisser en chascune des villes et places ja reduictes aucun nombre des gens de guerre qui a tousjours apetissé et diminué le nombre de la compaignie venue par deçà pour ladite réduction de Rouen; et est bien à noter que mondit seigneur de Bourbon et les gens du Conseil de mondit seigneur ont eu l'œil à leur povoir à réduire lesdites villes et places pour la seurecté dudit duchié, et aussi ont esté bien meuz de faire prest ou paiement ausdits gens de guerre pour éviter la pillerie et desordre d'iceulx sur le plat pays.

550 PIÈCE JUSTIFICATIVE No 12

Item, et pour ce que le roy à son derrcnier voyage a contrainct une grande partie des receveurs de Normandie à paier et avancer les deniers de leurs receptes du quartier passé, et mesmement en ceste ville de Rouen qui estoit lors seulement reduicte, ne fut point possible de trouver quelque argent content audit lieu ne ailleurs pour la soulde, prest ou paiement desdits gens de guerre, et convint lors emprunter en toute diligence argent, ce qu'il fut faitf et duquel ont esté paiez lesdits gens de guerre qui par ce moyen ont fait les exploix au profit de mondit seigneur, dont cj^ dessus est touchié, et toutes ces choses et toutes les autres qui ont esté faictes par deçà depuis la dite réduction ont esté faictes par grande et meure délibération du Conseil, mondit seigneur de Bourbon tousjours présent.

Item, et pour tenir ordre au bien de mondit seigneur et de ses finances, aprez que mondit seigneur de Bourbon, par l'advis et délibération des gens du Conseil, a eu commis le seigneur d'Esternay et maistre Jehan Hébert au fait des finances tant ordinaires <\ue extraordinaires, pour éviter à multiplication d'officiers, lesdits commis n'ont fait aucun paiement ne fait faire, sinon par l'ordonnance de mondit seigneur et de son conseil, ainsi qu'il appert et apperra par le double dont dessus est touchié et autrement.

Item, et pour ce que dé nouvel maistre Jehan Berart a aporté une commission adjeçant à aucuns particuliers du Conseil de mondit seigneur, derogant à la forme et train que l'on a tenu au fait desdites finances pour le bien de mondit seigneur, pour les causes assez cy dessus touchées, a semblé estre expédient surceoir ladite commission, et qu'il n'estoit ja besoing faire aucune mutation ou nouvellecté, veuz les afaires de par deçà et la fresche réduction du paj's en l'obéissance de mondit seigneur, mais que mondit seigneur de Chaumont yroit devers monseigneur et lui remonstrer ces choses pour au scurplus en ordonner à son bon plaisir.

Item, et ne fait à oublier le labour et peine que ont euz mondit seigneur de Bourbon et les siens à poursuivre le fait de ladicte réduction de jour et de nuyt, les grans et bons termes qu'il a tenuz et tient aux habitans de la ville de Rouen qui le ont en grande et singulière amour et affection, auquel et aux promesses qu'il a faictes et fait chascun jour pour le bien de mondit seigneur et dudit pais, semble que l'en doit avoir grant regard de non muer ou faire aucune nouvellecté, au moins jusques à la venue de mondit seigneur, et lui sur tout et messeigneurs de son Conseil advertiz du fait et estât de sondit pays.

Item, s'il est ainsi que appointement tiengne, ce qu'il n'est pas vray, semble à croire pour les causes qui cy aprez seront touchées, doit poursuir Monseigneur de Chaumont d'avoir en toute diligence les lettres des descharges des places pour soy en aidier à plus aiseemcnt avoir et réduire ce qui est hors des mains de mondit seigneur.

Item, et qu'il fut vray que ces choses pourparlees d'apointement ne sont que fictions et choses simulées, remonstrent ce que le roy a fait de nouvel savoir à ceulx de Dieppe le cry et publication que a fait faire Cousinot à Chartres, le message qu'il a envoie à Coliiiet de La Croix, dont il a

cscript à mondit seigneur de Bourbon, lesquelles lectres mondit seigneur de Chaumont porte avecques lui, aussi des dons qu'il fait des biens et héritages de ceulx qui sont en l'obéissance de mondit seigneur.

Item, est bien à advertir que mondit seigneur et tous les autres princes se donnent garde de leurs personnes, car de nouvel avons sceu par deçà, par gens venans de Paris, l'intencion que le roy a de faire faire aucun excès ou voye de fait, en quelque lieu qu'il les puisse avoir à son avantaige, et, quoy qu'il soit, se gardent bien d'entrer en la ville de Paris, quelque seureté qu'ilz aient pour les causes que remonstrera mondit seigneur de Chaumont.

Item, en tout et par tout, fera mondit seigneur de Chaumont dilligence possible de remonstrer ce qu'il verra estre expédient pour le bien de mondit seigneur et du pays, et dont il peult parler par expérience comme celui qui l'a veu à l'œil et congneu, et ne doit oublier que le roy a fait serement de jamaiz ne donner grâce ou pardon à personne qui ait mené, adhéré ou soustenu ceste querelle, maiz est délibéré de soy en venger par quelque moyen que ce soit, voire tout honneur et seurecté arrière mises.

Item, et que le plus tost que possible sera, s'en doit retourner mondit seigneur de Chaumont par deçà.

Fait au chastel de Rouen, le XII^ jour d'octobre MCCCGLXV.

Jehan. Robertet.

Original. (Bibliothèque nationale, ms. français 6963, f" 59.)

Paiement de travaux exécutés pour la mise en état de défense des villes de Bourges et de Dun-le-Roi. (Octobre 1465)

A Rolet Fayon, demourant à Dun le Roy, la somme de XII livres XII s. VI d. tournois pour avoir fourny, fait et livré les parties qui s'ensuivent, c'est assavoir deux grosses de traict ferré pour arballeste de passe, l'une mise et livrée en ladite grosse tour de Bourges et l'autre en la tour de Dun le Roy, pour le chascune de six livres tournois, et XII sols VI den. tournois pour la serrure et clefz de l'uys de la poterne de ladite tour de Dun le Roy, lequel estoit et avoit esté muré par les habitans dudit Dun le Roy ; pour ce, par vertu dudit papier fait pour ledit mois d'octobre signé de mesdits seigneurs de Linieres, Luçay et VouUon cy rendu, et lettres pattentes de nostre dit seigneur transcriptes et rendues au commencement de cedit compte, lesquelz serviront cy après pour toutes les autres parties contenues en icellui papier sur les chappitres ensuivans dont en ce compte est faicte mention, et quittance dudit Faj^on c}' rendu à Court, ladite somme de

XII 1. XII s. VId.V.

A Mathellin Labrune, la somme de XI s. VIII d. t. pour la vente, bail et délivrance de sept cables d'arballestes et d'une douzaine de corde grosse

et menue pour faire cordes d'arbalestes pour la fortiffication et deffense de ladite grosse tour de Bourges, cy Xî s. VIII d. t.

A Simon Mathieu, maneuvre, la somme de XII s. VI d.t. pour avoir besongné et servy par cinq journées entières Guillaume Le Fondeur à faire des coulevrines pour ladite grosse tour de Bourges au pris de II s. VI d. t. par jour, cj»^ XII s. VI d. t.

A Jehan Le Bègue et Perrinet Drouart, artilliers, la somme de XXXVII s, VI d.t. à eulx deue de reste de greigneur somme pour leurs journées, peines et sallaires d'avoir vacqué et achevé de faire et mectre à point LXX trousses de flesches prinses en l'ostcl de Constenoire et mises en la grosse tour de Bourges pour la fortiffication d'icelle, cy XXXVII s. VI d. t.

A Estienne Sellin, serrurier et faiseur de traict, la somme de III I liv. X s. t. pour ses gaiges, peines et sallaires d'avoir vacqué à besongner avec ses euvres en ladite grosse tour de Bourges à faire du traict d'arballeste, voulges et autres choses neccessaires en ladite tour, par marchié fait avecques luy par messeigneurs de Linieres, VouUon et Luçay par trois sepmaines commençant le XX'' jour de may mil CCCC LXV et finissant le IX* jour de juing ensuivant, cy IIII 1. X s. t.

A Jehan Crochet, marchant demourant en ladite ville de Bourges, pour la vente, bail et délivrance par lui faicte en ladite grosse tour de Bourges, dès le XXVIIe jour de juillet derrenier passé, de LXXV livres de salpestre qui est, au pris de VIII s. IIII d. chascune livre, néant pour ce que ledit trésorier n'en a aucune chose paie, obstant que sa recepte ne le poveit porter, mais en a fait ledit trésorier sa cedule audit Crochet, et pour ce rend icelle somme de XXXI livres V sols tournois cy après ou chappitre de debtes que mondit seigneur aura à paier et assigner, nonobstant que ledit trésorier en ait fait sadite cedule, pour ce cy néant.

A Simon Sellin, brigandinier, la somme de VIII 1. V s. t. en VI escuz d'or neufz pour la vente, bail et délivrance d'unes brigandines, lesquelles ont esté baillées et données à Anthoine Trousseboys, archier, par le commandement et ordonnance de monseigneur le Bastard de Bourbon, lieutenant gênerai de monseigneur le duc de Bourbonnois, pour plusieurs services par lui faiz à monseigneur, tant à aller à Molins devers mondit seigneur porter certaines lettres que ailleurs où monseigneur le Bastard l'a voulu envoyer pour les affaires de mondit seigneur, cy VIII 1. V s. t.

Sumraa : XXVI il 1. IX s. II d. t. i

Original. (Archives nationales, K 530 3, n» 7.)

Quittance donnée par Odet d'Aydie de 600 livres dépensées lors de l'occupation de Granville au nom de Charles de France.

(3 novembre 1465) Nous, Odet d'Aydie, seigneur de Lescun et de Castillon, lieutenant ge-

1. L'ensemble du chapitre de la dépense d'artillerie, à cette date, monta à 567 livres l5 sous 5 deniers.

neral de très hault et très puissant prince et mon très redoublé seigneur monseigneur le duc de Normandie et de Berry, en l'absence de monseigneur le duc de Bourbonnois et d'Auvergne, certiffions à tous qu'il appartient que nous avons prins de Guillaume Abelin, receveur des aydes et tailles à Caen, et des deniers de sa recepte, la somme de six cens livres tournois pour convertir et employer en aucuns fraiz et mises qu'il nous a convenu faire pour la place de Grantville, en mettant icelle es mains de mondit seigneur, et laquelle somme de VI cens livres tournois nous promettons de bonne foy, tant par vertu de nostre povoir que en nostre nom privé, faire avoir acquict vallable audit receveur sur sadite recepte ou lui rendre et restituer ladite somme de VI cens 1. tournois. En tesmoing de ce, nous avons signé ces présentes de nostre main et fait sceller de nostre seel le tiers jour de novembre l'an mil ÇCCC soixante cinq.

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