d'ÀYDIE
Original. (Bibliothèque nationale. Pièces originales, vol. 155, doss. 3216, n' 10.)
Fragment d'un compte des recettes du duché de Berry. (Mars -novembre 1465)
Compte de maistre Pierre Morin, trésorier et receveur gênerai de toutes les finances de monseigneur duc de Berry et par lui commis à cueillir, prandre, recevoir et retenir par ses mains oudit pais et duchié de Berry tous les deniers des aides, impositions, huitiesmes et autres subsides quelxconques qui estoient escheuz au temps que par l'ordonnance de mondit seigneur avoient esté descriez, et aussi tous les deniers de la taille des gens d'armes et des greniers qui estoient escheuz ou qui escherroient dès lors en avant des receveurs, grenetiers, fermiers, commis et autres quelxconques qui ont levez et receuz lesdits deniers, pour iceulx convertir, emploier et distribuer par ledit trésorier aux personnes et là où il lui seroit par ledit seigneur ordonné, comme par lettres dudit seigneur transcriptes et rendues au commencement de ce présent compte peut plus à plain apparoir, pour les mois de mars et avril l'an mil CCCG soixante quatre, may, juing, juillet, aoust, septembre, octobre et novembre ensuivant mil CCCG soixante cinq, de la recepte et despense faictes par ledit trésorier et receveur gênerai durant le temps dessusdit, ainsi et en la manière que cy après s'ensuit ; ce présent compte rendu à Court par ledit trésorier et receveur gênerai en personne.
Recepte. Et premièrement.
Recepte falcte par ledit trésorier et receveur gênerai [Pierre Morin] à cause des deniers par lui receuz oudit pais et duchié de Berry, des receveurs ordinaires du domaine dudit pais estans en l'obéissance de monseigneur duc de Berry, par les cedulles dudit trésorier, ainsi que cy après s'ensuit, c'est assavoir :
Demaine oudit pais de Berry
De Ursin Quinault, nagueres receveur ordinaire dudit pais de Berry, U somme de LUI 1. I s. IV d. obole p^e parisis, qui valent à tournois LXVI 1. VII s. V d. demi picte tournois, que ledit Quinault devoit par la fin de son compte rendu et cloz en ladite Chambre des comptes de mondit seigneur, pour ce par lettre dudit trésorier escripte le XXII» jour d'aoust l'an mil CCCCLXV, ladite somme de LXVI 1. VII s. V. d. demi picte t.
De maistre Marc Le Duc, receveur ordinaire dudit pais de Berry, la somme de XXIII 1. XIX s. II d. t. sur ce qu'il povoit et pourroit devoir à cause de sadite recepte de ceste présente année, pour ce par lettre dudit trésorier et receveur gênerai escripte le IIII^ jour de may l'an dessusdit MCCCLXV, la dite somme de XXIII 1. XIX s. II d. t.
Dudit Marc Le Duc, la somme de XXXVIII 1. VIÏ s. VI d. t. sur ce qu'il povoit et pourroit devoir à cause de sa recepte de l'année finie à la saint Jehan Baptiste mil CCCCLXV, pour ce par lettre d'icellui trésorier escripte
le XXIIII^ jour de juing oudit an mil CCCCLXV, la dite somme de
XXXVIII 1. VII s. VI d. t.
Dudit Marc Le Duc, receveur ordinaire dessusdit, la somme de XXV 1. t. sur ce qu'il povoit et pourroit devoir à cause de sadite recepte tant de Tannée passée que de ceste présente année, pour ce par lettre dudit trésorier escripte le derrenier jour d'octobre l'an dessusdit mil CCCCLXV, ladite somme de XXV 1. t.
Du dessusdit maistre Marc Le Duc, receveur dessus nommé, la somme de XXII 1. X s. d. sur ce qu'il povoit et pourroit devoir à cause de sadite recepte tant de l'année passée que de ceste présente [année], pour ce par lettre dudit trésorier et receveur gênerai escripte le derrenier jour dudit mois d'octobre oudit an MCCCCLXV, ladite somme de. . . XXII 1. X s. t. :l Summa : VIII^x XVI 1. IIII s. I d. ob. pt«.
Autre recepte par ledit maistre Pierre Morin, trésorier et receveur gênerai de toutes les finances de mondit seigneur, faicte à cause des deniers par lui receuz de messeigneurs François, seigneur de Linieres, Anthoine de Chasteauneuf, seigneur de Luçay, Guillaume de Sully, seigneur de Voullon, eulx estans en garnison en la ville de Bourges et ailleurs durant le temps dessus dit, tant sur ce qu'ils avoient reçeu de Pion de Bar, receveur des aides et gens d'armes oudit pais, que de Guillaume Dole, grenetier du grenier à sel de Sancerre.
Desdits François seigneur de Linieres, Anthoine de Chasteauneuf, seigneur de Luçay, et de Guillaume de Sully, seigneur de Voullon, la somme de XIIc XLVIII 1. t. receue par ledit trésorier sur ce qu'ilz ont receu et peu recevoir oudit pais et duchié de Berry, tant de Pion de Bar, receveur des aides et gens d'armes en icellui pais, que de Guillaume Dole, grenetier du grenier à sel estably à Sancerre, c'est assavoir dudit de Bar MXLVIII I. t.,
et dudit Dole 11^ 1. t., lesquelles deux parties font ensemble
XIIc XLVIII I. t.
Desdits seigneurs, de l'argent dudit de Bar VIII 1. XV s. t.
D'iceulx seigneurs, plus receu XIII 1. V s. t.
De mesdits seigneurs, le XXX«^ jour de mars VIII*» im 1. t.
Desdits seigneurs le IX^ jour d'avril ensuivant IIII>^^ VIII 1. t.
D'iceulx mesdits seigneurs C s, t.
Desdits seigneurs, le XXIIII® jour d'avril MGCCCLXV après Pasques....
111^=1 VII 1. t.
Originalincomplet. (Archives nationales, K 5304, n* 1.)
Compte des provisions de bouche et de chauffage
pour la garnison de la grosse tour de Bourges.
(ler-ll novembre 1465)
Le dimanche III* jour dudit mois de novembre, en beuf.
XXXII s. VI d. t.
En mouton ledit jour XXXVI s. VIII d. t.
En poussins ledit jour X s. X d. t.
En deux oysons et deux connilz , . . XI s. VIII d. t.
Le lundi IIII^ jour dudit mois, beuf XL s. t.
En mouton ledit jour .* XXXVII s. VIII d. t.
En deux oysons et huit poucins XV s . t.
Le mardi V*" jour ensuivant, en beuf XLIII s. IIII d. t.
En mouton ledit jour XXVII s. VIII d. t.
En huit poucins et deux oysons XI s. VIII d. t.
Le mercredi VI« jour dudit mois, en beuf XXXV s. t.
En mouton XXV s. II d. t.
En huit poucins, deux oysons et deux connilz XII s. X d. t.
Le jeudi VII* jour dudit mois, en beuf XLIII s. IIII s. t.
En mouton ledit jour XXXII s. VI d. t.
En six poucins, ung oyson et deux connilz X s. t.
Le dimenche X^ jour dudit mois de novembre, en beuf.
XXXVI s. VIII d. t.
En mouton ledit jour XXXV s. t.
En six poucins, ung oyson et deux connilz X s. t.
Le lundi XI« jour ensuivant, en beuf. XXXIX s. II d. t.
En mouton ledit jour XXXI s. VIII d. t.
En deux chappons, deux connilz, huit poucins, deux oysons et deux perdrix XXX s. t.
Toutes lesquelles parties et sommes dessusdites, montans et faisans ensemble ladite première somme de XXX livres VIII solz V deniers tournois, ledit Estienne Amours a baillées et délivrées pour la provision de ladite grosse tour de Bourges, commis par le papier de la despense dudit mois de novembre contenant onze jours entiers, ouquel sont à plain contenues les parties et sommes dessusdites c5^ rendues, appert, qui servira pour les par-
lies ensuivant, néant, pour ce que la recepte dudit trésorier ne l'a peu porter et rend cy après en debtes deues par raondit seigneur, qu'il a [à] assigner et à paier ladite somme de XXX 1. VIII s. V. d. t., pour ce cy néant.
Pour toutes les parties et sommes cj' après declairees, la somme de cinquante trois livres trois solz quatre deniers tournois, laquelle a este convertie et emploiee par Pierre Gallant tant en despense de bouche que autres choses nécessaires pour la provision et despense de ladite grosse tour de Bourges durant ledit mois de novembre oudit an mil GCGCLXV, ainsi et en la manière que cy après s'ensuit :
Le vendredi premier jour dudit mois de novembre a esté acheté par ledit Gallant pour la despense de ladite grosse tour en poisson, tant en be-
quetz, carpes, anguilles, barbillons, que poisson blanc, pour tout
XLIII s. IX d. t.
En escrevisses ledit jour IIII s. II d. t.
En moUue ledit jour III s. IIII d. t.
En beurre fraiz ledit jour XV d. t.
En percil et choux v X d. t.
En quatre frommaiges , - V s. t.
En deux cens demi œufz XII s. VI d. t.
Le samedi II« jour dudit mois, en poisson pour tout le jour. L s. V d. t.
En deux cens et demi d'esïrevisses à II s. VI d. le cent, valent
VI s. III d. t.
En beurre fraiz ledit jour XX d . t.
En percil, choux et naveaux , XV d. t .
En une douzaine de frommaiges XVI s. VIII d. t.
En deux cent et demi d'œufz à IIII s. VII d. t. le cent X s. V d. t.
En neuf charretes de bois achetées de neuf personnes au pris de V s. X d. t. chascune charrete, valent LU s. Vï d. t.
En deux charretes de charbon XL s. X d. t.
A deux hommes qui ont descepié ledit bois et icellui porté es chambres de la dite tour * XX d. t.
Le lundi IIII^ jour dudit mois, en pijons et un levrault. . VI s. III d. t.
En fruit ledit jour XV d. t.
Le mardi V^ jour ensuivant, en deux lappereaulx et deux canars sauvages.
En fruit ledit jour XII d. t»
Le mercredi VI^ jour dudit mois, en poisson et escrevisses
XXIII d. IX d. t.
En fruit ledit jour XVI d. t.
Le jeudi VII^ jour dudit mois, en six pijons et ung levrault VII s. VI d. t.
En ung fin froumaige ledit jour II s. VI d. t.
En fruit ledit jour X d. t.
Le VIII« jour dudit mois de novembre ensuivant oudit an, en carpes et bequetz XXXVII s, XI d. t.
En deux barbeaux, une truite et autre poisson blanc . . XVII s. I d. t.
En mollue ledit jour IIÏI s. VII d. t.
En escrevisses ledit jour VI s. VIII d. t.
En beurre fraiz pour ledit jour II s. I d. t.
En œufz pour icellui jour XII s. VI d. t.
En froumaiges pour ledit jour , XV s. t.
En ung pompon , II s. VI d. t»
En fruit ledit jour XIX d. t.
En deux charretées de bois ledit jour. . . . . , X s, X d. t.
Le samedi IX* jour ensuivant, en bequetz, carpes, barbillons et poisson blanc acheté par ledit Gallant LI s. ÏII d. t.
En deux truites et deux cens d'escrevisses XII s. VI d. t.
En mollue et alouses sallees et beurre fraiz VII s. XI d. t.
En œufz et fruit ledit jour IX s. IIII d. t.
En six charretées de bois au pris de VI s. III d. t. XXXVII s. VI d. t.
En deux charretées de charbon XLIII s. IIII d. t.
Le diraenche X»^ jour ensuivant, en cinq perdriaux V s. t.
En ung levrault et quatre pijons VI s. VIII d. t.
Le lundi XI« jour ensuivant, en huit pijons et deux levraux. . , . . . .
XI s. VIII d. t.
En ung fin froumaige II s. VI d. t.
En fruit ledit jour. XX d. t.
En pâtisserie ledit temps durant XVI s. VIII d. t.
A Jehan Bonnet, boulangier demourant à Bourges, la somme de XXII l. t., pour avoir baillé et livré en la grdsse tour de Bourges durant le temps dessusdit, qui sont XI journées entières, 11*^ XX douzaines de pain pour la despense d'iceulx de ladite tour, qui est, au pris de XXII douzaines par jour, valent à la raison de II s. t. la douzaine, la somme de XXII 1. t., laquelle lui a esté paiee par ledit Gallant, pour ce XXII 1. t.
Lesquelles parties dessusdictes, montans et faisans ensemble ladite somme de LUI 1. III s. IIII d. t., sont à plain contenues oudit papier fait pour ledit mois de novembre, comme par icellui rendu sur la partie précédente appert, pour ce, par vertu desdites lettres patentes de mondit seigneur et
papier rendu comme dit est et quittance cy rendue, ladite somme [de
LUI 1. III s. IIII d. t.
Original. (Archives nationales, K 5303, qo 20.)
Lettre de Charles de France à Philippe le Bon, duc de Bourgogne. (1er décembre 1465)
Très cher et grant amy, nous envoyons présentement par devers nostre très cher et très amé frère le conte de Charolois nostre amé et féal conseiDer et chambellan messire Brunet de Longchamps, chevalier, sieur de Mauville, auquel avons donné charge de luy dire et parler pour certaines
matières qui bien nous touchent, et pareillement peuvent toucher nostre dit frère et les autres princes et seigneurs du sang qui ont interest à l'entretenement des choses promises et accordées par monseigneur le Roy es traittés fais avecques eulx et nous, la conservation desquels traittez touche Tonneur de tous lesdits princes et le bien de la chose publicque du royaume, et pour ce congnoissons que la maison de Bourgoigne s'est toujours employée à soustenir et garder toutes choses qui conservent l'onneur des princes du royaume, à quoy sçavons que vouldriez donner bon conseil et tenir la main de tout vostre pouvoir, ainsi que nous tenons bien adcerteuez que vous vouldriez employer à nous faire plaisir et service; nous avons chargé nostre dit conseiller et chambellan vous dire et communiquer lesdites matières et vous prions que adjoutez foy et créance à ce qu'il vous dira de par nous, et que es dites matières vous emplo3'ez au mieulx de vostre povoir, comme nous y avons especial confiance . En quoy nous ferez très grant et singulier plaisir dont à tousjours aurons mémoire et le recongnoistrons envers vous par manière que en serez bien content. Très cher et grant amy, Nostre Seigneur vous ait en sa garde. Escript à Rouen, le premier de décembre.
Copie du XVIIIe siècle. (Bibliothèque nationale, ms. français 6972, f» 285 v».)
Lettres de Louis XI donnant pleins pouvoirs au duc de Bourbon pour négocier avec son frère Charles .
(2 décembre 1465)
Loys, par îa grâce de Dieu roy de France, à tous ceulx qui ces présentes, lettres verront, salut. Comme puis nagueres nostre très chier et très amé frère le duc de Normendie ait envoyé par devers nous aucuns de ses gens et officiers et nous ait fait savoir que le plus grant désir qu'il ayt en ce monde si est qu'il puisse estre et demeurer en nostre bonne grâce, et qu'il est délibéré de nous servir et obéir tant de sa personne comme de son paj^s, en toutes manières à lui possibles, et que pour oster toute rancune et malveillance d'une part et d'autre pour les choses passées, nourrir bon amour et union entre nous et luy, et eschever toutes causes de question et de discort pour le temps advenir, il desireroit fort venir en sa personne ou envoyer par devers nous aucuns de ses plus prouchains conseilliers pour besongner es choses dessusdites, ou qu'il nous pleust ordonner et depputer aucuns de par nous avecques qui icellui nostre frère ou ceulx que il vouldroit depputer de par lui peussent communiquer et besongner touchant les choses dessusdites, à laquelle requeste benignement nous sommes condescenduz, et sommes contens et délibérez de y entendre en tous termes de raison ; et soit ainsi que pour besongner, traicter et appoincter es choses dessusdites soit besoing de commettre et depputer de nostre part gens de grant estât et auctorité par qui les matières puissent mieulx estre debatues, appoinctees et conclûtes ; savoir faisons que nous, confians entièrement et à plain de nostre
très cher et très amé frère et cousin le duc de Bourbon auquel avons baillé -en sa compagnie des principaulx de nostre conseil, et de ses sens, loyauté, conduicte et bonne dilligence, et lequel aussi nous a esté requis par le» gens de nostre dit frère que le y voulsissions envoyer, icellui nostre frère et cousin de Bourbon avons ordonné, estably et commis, ordonnons, establissons et commectons par ces présentes de par nous, pour soy transporter ou pays et duschié de Normandie, et par tout ailleurs là où il verra que besoing sera, et lui avons donné et donnons plain povoir, auctorité, commission et mandement especial de parler, communiquer et besongner avec nostre dit frère sur toutes les ouvertures qui de la part d'icellui nostre frère lui seront faictes et ouvertes, et sur toutes les dictes ouvertures et aussi sur toutes les questions, différences ou discors qui sont ou pourroyent estre entre nous et nostre dit frère, traittier, paciffier, appoincter et conclurre ainsi qu'il verra bon estre, et que mieulx lui semblera pour le bien des matières ; et à celle fin promettre et accorder pour nous et en nostre nom telles choses et de bailler et donner telles terres, seigneuries, argent ou autres choses que bon lui semblera et que ferions et faire pourrions en nostre propre personne ; et en oultre, se ainsi estoit que nostre dit frère ou les siens feissent aucune doubte touchant leur venue par devers nous ou autrement, lui avons avecques ce donné povoir de leur bailler sur ce telle ou telles seurté ou seurtez et en telle forme et manière qui lui semblera estre à faire, et generallement de faire dire, donner, accorder, promettre, besongner et prendre conclusion final avec nostre dit frère et tous ceulx de sa compagnie sur toutes les ouvertures et autres choses dessusdites, tout ainsi et autant que nous mesmes lX)urrions faire se presens y estions, jasoit ce qu'il y eust chose qui requist mandement plus especial, et en bailler les lettres patentes au cas appartenans ; promettans de bonne foy et en paroUe de roy tenir et avoir agreabU à tousjours tout ce que par nostre dit frère et cousin le duc de Bourbon sera fait, dit, besongné et accordé avec nostre dit frère ou ses commis ayans puissance de par lui sur les choses dessus dictes, leurs circonstances et deppendances, sans jamais aler ne venir ne aucune chose faire ne souffrir estre fait au contraire, et des choses ainsi accordées et conclues par nostre dit frère et cousin de Bourbon bailler noz lettres de ratiffication telles et en telle forme qu'il les avisera et qu'il appartiendra, toutes et quantes foiz que requis en serons. En tesmoing de ce, nous avons fait sceller ces présentes de nostre seel. Donné à Orléans, le deuxiesme jour de décembre l'an de gi'ace mil CÎCCC soixante cinq, et de nostre règne le cinquiesme.
Original. (Archive» nationales, P 1359 bis, n" 702.)
Procès-verbal de restitution aux habitants de Vernon de leurs biens et privilèges, en raison de leur soumission au roi. (26 décembre 1465)
Aujourd'uy vingt sixiesme jour de décembre mil CGGC LXV, Monsei-
gneur le duc de Bourboiinois et d'Auvergne, lieutenant gênerai du roi nostre sire, a ottroyé aux gens d'église, nobles et habitans de Vernon, et aux frans archiers estans en icelle, que, en rendant et baillant présentement ladkte ville en l'obéissance et possession du roj^ es mains de mondict seigneur de Bourbonnois, iceulx gens d'église, nobles, bourgois et habitans dessus nommez demeureront en tous leurs biens meubles et héritages et en tous leurs previleges, libertez et franchises come ilz estoient auparavant la possession prinse de ladicte ville par Monseigneur Charles frère ^lu ro3^
Fait les an et jour dessus dits, et de ce leur seront faictes lettres par moy : Robertet.
Collation faicte à l'original cj'^ dessus transcrit, veu sain et entier par moy Jehan Lemoigne, tabellion de Vernon, pour le roy nostre sire, l'an mil CGGG soixante huit, le cinquiesme jour d'aoust.
Copie du XV» siècle. (Bibliothèque de la ville de Rouen, ms. suppl. 20,Carlulaire de Vernon, l» 19.)
PuBL. (iiicomplètemenl) : Th. Michel, Histoire de Vernon (Vernon, 1851, hi-16), p. 105.
Lettre de Charles de France au roi.
(Décembre 1465)
Mon frère, je me recommande à vous tant comme je puis. Le sieur de Saint Simon, porteur de cestes, en exécutant la charge et commission que luj' et le sieur de Maupas avoient pour la délivrance des villes et places de mon duché de Normandie, ont esté par lesdites villes et places de mondit duché et icelles fait bailler et délivrer à mes gens que j'avois envojé avecques eulx, et se y est gouverné ledit sieur de Saint Simon en manière que j'en suis bien content, dont je vous mercie, et vous prie que, en continuant ainsi que jusque icy avez fait, vueillez tousjours entretenir la bonne et parfaite amour et aliance que avons eu et avons ensemble, et de ma part tenez vous certain que vous trouverez tousjours moy présent et mes pays et subgets prests à vostre aide et service comme les vostres propres . Mon frère, mon am\', je prie Nostre Seigneur qu'il vous doint ce que desirez. Escript à Rouen, le jour de décembre.
Minute. (Bibliothèque nationale, ms. français G972, f° 285.)
Instructions de Charles de France à (Cardin des Essarts, qu'il
charge d'une mission auprès du comte de Charolais,
(Décembre 1465)
Instruction à Cardin des Essars, escuier, de ce que Monseigneur le dua de Normandie lui a chargé faire devers Monseigneur le conte de Charrolois.
Premièrement lui présentera à raondit seigneur de Charrolois les lettres de créance que mondit seigneur de Normandie lui escript, en lui faisant les recommandations accoutumées ; et pour l'exposition de la, créance lui dira comme mondit seigneur envoyé ledit Cardin de par delà, principalement pour savoir du bon estât et disposition de mondit seigneur de Charrolois ;, duquel mondit seigneur désire le bien et prospérité comme de soy mesmes.
Item lui dira que mondit seigneur duc a esté receu en son pais et duchié de Normandie et d'icellui a à présent joissance et possession paisible, laquelle chose il tient avoir par le bon aide et moyen de mondit seigneur de Charrolois, lequel s'est tant employé au bien de mondit seigneur, comme à tousjours il s'en tient et reppute tenu à lui, et jamais n'oblira les bons termes que mondit seigneur de Charrolés lui atenuz, et les services et plaisirs qu'il lui afaiz.
Item dira oultre ledit Cardin à mondit seigneur de Charrolois que mondit seigneur de Normandie lui offre tout l'aide et faveur qu'il lui pourra donner, et le servir et aider de lui et de ses pays et subjectz, tousfoiz qu'il lui plaira, et que si mondit seigneur de Charrolois, en la guerre qu'il mené et conduit à présent, a besoing de gens ou d'autres choses, qu'il le face savoir à mondit seigneur, et y si employera tellement que mondit seigneur de Charrolois apersevra par effect l'amour et affection qu'il a à lui.
Item dira que mondit seigneur de Normandie prie à mondit seigneur de Charrolois que tousjours il veille entretenir et garder la bonne amour et aliénée qu'ilz ont ensemble, laquelle mondit seigneur de sa part est délibéré d'entretenir et de estre avecques mondit seigneur de Charrolois comme bons frères et aliez doivent estre ensemble.
Item baillera ledit Cardin des Essars les lettres que mondit seigneur rescript à Monseigneur de Saint Pol, et lui dira les choses dessus dites ; au surplus mondit seigneur lui prie que tousjours il s'employe à entretenir l'amour d'entre lui et mondit seigneur de Charrolois, et avecques ce que mondit seigneur a sa singulière fiance à mondit seigneur de Saint Pol, et se pelt mondit seigneur de Saint Pol tenir seur que mondit seigneur en toutes choses le vouldroit favoriser et aider et tenir comme son bon parent et amy.
Mon frère, je me recommande à vous tant comme je puis, pour le désir que j'ay de savoir de voz nouvelles et aussi pour vous faire savoir des miennes, et que j'ay à présent en mes mains par vostre bon moyen et aide tout mon pais et duchié de Normandie. J'envoye présentement par devers vous mon amé et féal conseiller Cardin des Essars, auquel j'ay chargé vous dire aucunes choses ; si vous prie le croire de ce qu'il vous dira de par moy pour ceste foiz, et par lui faire savoir de vos nouvelles. Mon frère, je prie à Nostre Seigneur qu'il vous doint ce que desur escript.
Minute. (Bibliothèque nationale, ms. français 5040, f» 104.)
Lettres de grâce et de pardon accordées à la ville de Lisieux
par Louis XL
(Décembre 1465)
LfOj's, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à tous presens et à venir nous avoir receue humble supplication de noz chers et bien amez les evesque, gens d'église, nobles, bourgoys et habitans de nostre ville et cité de Lisieux, contenant que comme puis nagueres le seigneur de Lescun et autres en sa compagnie feussent venuz devant ladicte ville de Lisieux et les eussent sommez et requis de mettre ladicte ville en leur main comme liêuxtenans de nostre très chier et très aimé frère Charles, et leur rendre l'obéissance de ladicte ville et de leurs personnes, après lesquelles sommations et requestes, par l'ennortement et sédition d'aucuns, ilz aient baillé ladicte ville et faict ladicte obéissance aux dessusditz pour et ou nom de nostredict frère, et depuis congnoissans avoir failly et mesprins envers nous, se sont traiz par devers nous et nous ont humblement supplié et requis que la faulte et offense qu'ilz ont et pevent avoir faicte et commise envers nous et nostre Magesté, d'eulx estre mis en la main et obéissance de nostre dict frère sans nostre sceu et consentement, il nous plaise leur pardonner, quitter, remettre et abolir et sur ce leur impartir nostre grâce. Pourquoy nous, inclinans à la requeste desdits supplians, à iceulx et chascun d'eulx la faulte, offense et crime qu'ilz pevent avoir faicte et commise d'eulx estre mis en la main et obéissance de nostredit frère ou de ses gens, et sans nostre congié et licence, avons pardonné, quitté, remis et aboly et par ces présentes de grâce especial, plaine puissance et auctorité royal, pardonnons, quittons, remettons et abolissons ensemble toute peine, amende et offense qu'ilz pevent -àceste cause avoir encouru envers nous et justice, sans ce que aucune chose leur en soit ou puisse estre imputée ou demandée ores ne pour le temps avenir, et sur ce imposons silence perpétuel à nostre procureur présent et à venir. Si donnons en mandement par ces présentes à tous noz justiciers, officiers et subgetz que de nostre présente grâce, pardon et abolition facent, seuffrent, laissent lesdits suppliants et Jehan de Montenay, Guillaume Trousseauville, Jehan de Bocquetot, Charles et Jehan d'Anisi, escuiers, lors et à l'eure que ladicte obéissance fut faicte de ladicte ville à nostredict frère estans en icelle, J03T et user plainement et paisiblement, sans leur faire ne souffrir estre fait, ores ne ou temps à venir, aucun ennuj', destourbier ou «mpeschement à ceste cause, en corps ne en biens en aucune manière ; lequel, se fait, rais ou donné leur estoit, mettent ou facent mettre tantoust et sans delay â plaine délivrance, et en ce faisant lesdits supplians et autres susdits nous ont promis estre bons et loj^aulx, et nous servir envers tous et contre tous ; et affin que ce soit chose ferme et estable à tousjours, nous vivons fait mettre nostre seel à ces dites présentes, sauf en autres choses
iiostre droit et l'autruy en toutes. Donné à Argentan, ou raoys de décembre l'an de grâce mil CCCC soixante et cinq, et de nostre règne le cinquiesme..
Par le Roy, le sire de Monlauban, admirai, l'évesque d'Evreux et autres presens.
J. DE Moulins.
Original. (Archives municipales de Lisieux.)
Ltttre du magistrat de la ville de Dinant à Charles de France. (Décembre 1465)
A très hault et très puissant prince et très honnouré seigneur monseigneur le duc de Berri, de Normendie, etc.
Très hault et très puissant prince et très honnouré seigneur, humble révérence avec noz possibles services permis et offers à vostre noble grâce, à laquelle soit plaisir savoir que tenons icelle avoir assés cognoissance comment, seur et par vertu de l'ancienne benivolence et affection que les très chrestiens rois du royalme de France, ensemble subgés et sourseans d'icellui, ont eu au pais du Liège généralement et à ceste ville en especial. et ausi la singulière amour et vraie dilection que tousjours avons eu à la coronne de France, les bourgois et marchans de ceste dicte ville ont à fréquenter et communiquer ou dit ro3'ame, et aussi ceulx d'icelui en icelle ville, et ce de si loing temps que point n'est mémoire du contraire, en y excerchans marchandises, par especial de denrées appelées batterie, come paelles, bachins, chaudrons et autres, sur laquelle marchandise ceste dite ville est principalement fondée de grande antiquitet, laquelle n'est pas tant seulement excercee ou communiquée audit royaume, mais aussi en Espaingne, AUemaingne, Angleterre et en plusieurs aultres marches et pais ; s'est que par noz combourgeois marchans de la dite batterie sommes informés que à la fore d'Ansvers, qui fu à la Pentecoste derrinement passée, firent cargier de la dite denrée en la nave d'un nommé Thonis Petersen certaines pièces de batterie, assavoir trois longues pièces que l'on nomme frahiax, item une seconde pièce que l'on nomme baissiron, esquelles quattres pièces sont toutes paelles, item encore deux baustes où il y a dedens paelles et chaudrons qui poissent ensemble siex milliers trois cens trente huit libres, item en une autre nave appartenant à Pieter Hotman cinq pièces de batterie, assavoir une longe pièce, deux queues et deux baustes plaines de paelles parmi aulcuns bachins et deux grans chaufoirs, lesquel cinq pieces poisent la somme de quatre mil huit cens demi et vingt deux libres, pour ce touttes parties desdictes denrées ensamble la somme de onze mil deux cens dix livres, lesquelles denrées ilz faisoient mener par mer ou roialme d'Angleterre pour en faire leur reject et prouffit et pour aller plus avant ainsi que chascun marchan quiert et charge son gangnaige et avancement. Suivant quoy est avenu que iceulx vagans ont esté rencontrés par gens d'armes de mer du roialme de France et aultres, et finablement amenés à Hune-
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fleu en Normendie le XlIIIe jour d'octobre derrin passé, comme au vray leur a esté raporté, ouquel lieu sont ou ont esté leurs dictes denrées retenues, à leur très grief, dommage et interest, comme tout ce noz ont remonstré grave pour ce vololr escripre à vostre très noble grâce. Pour quoy, très bault, très puissant et très honnouré seigneur, nous confians que vostre dicte noble grâce, bien informée de ce que dit est, nullement ne vora souffrir nosdits combourgois ainsi perdre leurs denrées, vous escripvons comme à souverain refuge et recour, priant si affectueusement que povons et savons que, tant pour amour et contemplation de nous comme en faveur de justice et équité, plaise vostre dicte noble grâce sur ce tellement faire et ordonner par commandement, escripture ou ault rement à vostre bailli, capitaine ou officier dudit Hunefleu, oii là il appert que les biens et denrées de nos dits combourgois, dont le porteur de cestes pora faire déclaration de chacune pièce qui sont merquee de telle merque que ci dessoubs est furnie, leur soient à plain quittement et ligement rendues et relivrees, affin que par moien de ce puist estre entretenue l'ancienne amistié, singulier amour et dilection que tousjours avons en la sainte couronne de France. Très hault et très puissant prince et très honnouré seigneur, se chose vous plait que puissons, signifiés le nous pour à nous possibilités le acomplir, à l'aidde de Nostre Seigneur qui vous doint bonne vie et longe et acomplissement de vous nobles désirs .
Escript à Dînant ou Xiege.
Les maistre et conseil jurés de la ville de Dinant ou Liège, l
Copie contemporaine. (Archives communales de Dinant, Registres de délibérations, vol. 20, £•> 200 V.)
Rôle de dépenses de Charles de France, duc de Normandie. (7 janvier 1466)
ROOLE d; s PARTIES ET SOMMES DE DENIERS
Que monseigneur le duc de Normandie a ordonnées et commandées à Robert Le Gay, receveur gênerai de ses finances, paier, bailler et assigner durant les mo3'^s d'octobre, novembre et décembre derrainement passez mil CCCC soixante et cinq, tant sur le prouffit et émolument des greniers et chambres à sel estans oudit pays et duchié comme sur les aides, et aussi sur la portion de l'aide mis sus pour le paiement des gens de guerre, et autres receptes particulières, aux personnes et pour les causes cy après declairees, ainsi qu'il s'ensuit :
Et premièrement,
Deniers baillez comptans à Monseigneur le duc de Normandie :
A mondit seigneur le duc de Normandie, la somme de sept vingt treize livres deux solz six deniers tournois en cent escuz d'or, à lui baillez comptans par ledit receveur gênerai ou moys de nouvembre derrenier passé
1. Une missive, conçue en termes identiques, était adressée en même temps aiî bailli de Ronfleur. Ces documents sont détruits depuis l'incendie de Dinant par les Allemands en 1914.
pour faire ses plaisirs et voulentez, pour ce cy ladite somme de
VIIxx XIII liv. II s. VI d. tournois.
Deniers que Monseigneur a ordonnez estrc paiez en son acquit :
A monseigneur le conte de Dunoys, la somme de quinze cens trente et une livre cinq solz tournois que mondit seigneur le duc a ordonnée lui estre baillée et assignée pour le restituer de semblable somme qu'il lui a prestee et baillée comptant du sien en M. escuz d'or, chascun escu pour XXX solz VII deniers obole tournois, lui estant à Saint Mor des Fosscz, pour subvenir à aucuns ses affaires, pour ce cy ladite somme. . . XVc XXXI 1. V s. t.
A maistre Pierre Doriole, conseiller de mondit seigneur et gênerai sur le fait et gouvernement de ses finances, la somme de neuf cens dix huit livres quinze solz tournois, pour VI^ escuz d'or comptans à la raison dessusdite, que mondit seigneur a ordonnée lui estre baillée et délivrée pour le restitueç de semblable somme qu'il lui a prestee et baillée comptant du sien audit lieu de Saint Mor des Fossez, pour subvenir à aucuns ses affaires, pour ce cy ladite somme de IX^ XVIII 1. XV s. t.
A monseigneur le duc de Bretaigne, la somme de trois mil trois cens livres tournois que pareillement mondit seigneur a ordonnée lui estre baillée et délivrée pour le restituer de semblable somme qu'il lui bailla et presta comptant audit lieu de Saint Mor des Fossez, pour lui aider à fournir la somme de V'» Vc livres tournois foible monnoye qui estoit deue de reste de la somme de XI" livres dicte monnoye, pour X'» 1. t. forte monnoye que mondit seigneur le duc a donnée au duc de Calabre pour lui aider à supporter les frais et despens que faire lui a convenu à cause de l'entretenement de plusieurs gens de guerre qu'il a faiz tant en armes par aucun temps avec l'armée des autres seigneurs du sang estans devant la ville de Paris, sur laquelle somme de XI"* livres tournois ne lui a esté fait paiement en ceste dite ville de Rouen que de la somme de V'" V^ 1. 1., pour ce cy ladite somme de IlImUIcl. t.
A monseigneur le conte de Dunoys cy devant nommé, la somme de unze cens livres tournois foible monnoie pour M. livres tournois forte monnoie, que pareillement mondit seigneur a ordonnée lui estre baillée et délivrée pour le restituer de semblable somme qu'il lui a baillée comptant audit lieu de Saint Mor, pour lui aidier à fournir le paiement de ladite somme de V"™ Vc livres tournois due à mondit seigneur de Calabre, pour les causes cy devant declairees, pour ce cy ladite somme de V^ 1. t.
Audit maistre Pierre Doriole, conseiller de mondit seigneur, semblable somme de unze cens livres tournois foible monnoie, pour X™ livres tournois forte monnoie que semblablement mondit seigneur a ordonnée lui estre baillée pour le restituer de semblable somme qu'il lui a baillée comptant, pour et ou nom de Regnault Luillier, marchant demourant à Paris, qui icelle somme fut contant de prester à mondit seigneur audit lieu de Saint Mor, pour fournir au paiement de la devant dite somme de V" V^ livres tournois deue à mondit seigneur de Calabre, pour les causes comme dessus, pour ce cy ladite somme de XIc 1. t.
A monseigneur le duc de Bourbonnois et d'Auvergne, lieutenant gênerai de mondit seigneur, la somme de seize cens quatre vingt quatre livres sept solz six deniers tournois, pour XI^ escuz d'or que mondit seigneur lui a fait bailler et délivrer par ledit receveur gênerai pour le restituer de semblable somme qu'il dit avoir empruntée à aucuns marchans de la ville de Bourges sur une croix d'or à lui appartenant, pour icelle somme de XI<^ escuz d'or départir et distribuer aux gens de sa compagnie, lesquelz il tenoit en armes pour servir mondit seigneur en ses affaires, pour ce cy
XVIc IlIIxjt iiii 1. VU s. VI d.
Somme : IX"» Vl^ XXXIIII liv. VII s. VI den. tournois.
Deniers baillez à officiers qui en doivent comptes :
A maistre Ytier Marchant, maistre de la chambre aux deniers de mondit seigneur, la somme de six cens livres tournois que mondit seigneur le duc lui a ordonnée et fait bailler comptant par le dit receveur gênerai pour convertir et emploier à cause de sondit office, ou fait de la despense ordinaire de mondit seigneur, pour ce cy ladite somme de VI^ 1. t.
A lui plus, la somme de deux mil neuf cens livres tournois que pareillement mondit seigneur lui a ordonnée et fait assigner par ledit receveur gênerai pour convertir et emploier à cause de sondit office, ainsi que dessus est dit, pour ce cy ladite somme de II'» IX'^ 1. t.
A Jehan de Neufbourg, argentier de mondit seigneur le duc de Normandie, commis à tenir le compte du fait de son escuirie, la somme de six rail six cens quatre vings livres tournois que pareillement mondit seigneur lui a ordonnée et fait bailler et assigner par ledit receveur gênerai pour icelle convertir et emploier tant ou fait de ladite argenterie comme ou fait de ladite escuirie, pour ce VI«i VI^^ IIII 1. t.
A maistre Macé Guernadon, commis à faire le paiement et tenir le compte des hommes d'armes et archiers que mondit seigneur a retenuz pour la garde de son corps, la somme de trois mil cinq cens vingt livres tournois que semblablement mondit seigneur lui a ordonnée estre baillée et assignée par le dit receveur général pour convertir et emploier tant ou paiement desdits hommes d'armes et archiers de sadite garde que en partie du paiement des gaiges des officiers et autres gens de son hostel, dont il lui a pareillement donné la charge et comçiission, pour ce cj' ladite somme de
III'» Vc XXL t.
A maistre Pierre Morin, trésorier des guerres de mondit seigneur en sondit paj's et duchié de Normandie, la somme de quatre cens six livres cinq solz tournois que icellui seigneur lui a ordonnée et fait bailler comptant par ledit receveur gênerai pour convertir et emploier ou fait de sondit office, pour ce cy IIII*^ VI 1. V s. t.
A lui plus, la somme de vingt et ung mil cent cinquante six livres deux solz six deniers tournois que pareillement mondit seigneur lui a ordonnée et fait assigner par ledit receveur gênerai pour convertir comme dessus, pour ce cy XXIIm CLVI 1. II s. VI d. t.
A lui plus, la somme de deux cens quarante une livres tournois que pareillement mondit seigneur a ordonnée et fait assigner par ledit receveur gênerai sur le prouffit et émolument du grenier à sel establi à Gisors, de cette présente année finissant le derrenier jour de ce présent mois de décembre, pour convertir et emploier comme dessus, pour ce cy 11»^ XLI 1. t.
A lui plus, la somme de dix huit cens cinquante livres tournois semblablement à lui ordonnée par mondit seigneur pour convertir et emploier comme dessus, icelle somme receue de Martin Fauvel, receveur de la communaulté de la ville de Rouen, sur ce que les bourgois, manans et habitans d'icelle pevent et pourroient devoir à ceux de leur quote part et portion de l'octroj^ des trois Estatzfait par les gens dudit pays et duchié, deuemenl assemblés en ladite ville de Rouen en ce présent mois de décembre, ont fait à mondit seigneur le duc, en tout ce que pourra monter leur dite quote part et portion dudit octroy de ladite année à venir qui commancera le premier jour de janvier prouchain venant, pour ce cy la somme de