Ordonnances des rois de France, t. XVI, p
2. Les 18-20 décembre 1464, Charles de France s'3^ trouve avec le roi.
3. Bien qu'ayant promis de ne plus lever d'aides et de subsides pour le paiement des gens d'armes (Archives dép. des Basses-Pyrénées, E 70), le roi parvient tout de même à lever une contribution de 15000 livres tournois pour l'achèvement des travaux à effectuer aux châteaux de Dax, de Bayonne et de Saint-Sever (Bibliothèque nationale, coll. Doat, vol. 221, f» 122).
46 LES DÉBUTS DE LA GUERHii DU BIEN PUBLIC
Mais Louis XI avait beau protester de son grand amour pour ses sujets, de sa volonté de remplir envers tous indistinctement ses devoirs de prince juste et zélé, de son aident désir d'y être aidé par la coopération générale de ses sujets et particulièrement par les princes et seigneurs de sang royal : il y avait bien des opposants. Si l'on en doit croire les mêmes princes, cet idéal était loin d'être atteint, la justice s'exerçait bien différemment suivant la qualité des justiciables, de nombreuses réformes étaient attendues en vain. Du moins ces seigneurs se font-ils complaisamment l'écho de tels bruits, car, plus les plaintes seront nombreuses, plus il leur sera loisible de satisfaire leurs rancunes et de modeler leur conduite politique sur les manifestations de l'opinion populaire ; aussi ne craignent-ils pas de les propager et de chercher à les justifier, comptant faire servir à leurs secrets desseins le mécontentement général.
Ce mécontentement existe, et les plaintes ne sont pas exagérées. On peut réunir un petit faisceau de textes prouvant indiscutablement que le pays tout entier était alors dans une situation de misère réelle. On voit, par exemple, que la province de Normandie, en 1463, supporte à elle seule 400.000 livres tournois d'impôts, et que les Etats de la province élèvent la voix à ce sujet K Une révolte a éclaté à Rouen contre les officiers de finances, deux ans auparavant ^. A Angers, au mois de septembre 1461, a éclaté une insurrection populaire dite de la Tricoterie, à laquelle participèrent les pauvres gens de métier de la ville et des environs, écrasés d'impôts, qui se portèrent, armés de briques et de bâtons, vers les demeures des officiers royaux, de l'élu, des receveurs, des chanoine^, et s'apprêtèrent à les piller ^. Pour la même raison, les habitants de Poitiers s'insurgent et se plaignent en outre d'être ruinés par les dévastations, rançonnements arbitraires et pillages des gens de guerre indisciplinés qui « prennent la substance du peuple » *. A An-