Cf. Bibliothèque nationale, ms. français 20404, f
maistre d'ostel, pour Henri Le Coisic, du XX}1<^ jour de février, à cause que ledit du Lescouet s'est absenté du service de mondit seigneur, comme l'en dit.
Nota €£ue Monseigneur a commandé que Loys Ghauveron i soit payé de ses gaiges d'eschançon à la raison de XV 1. par moys ainsi que l'année passée, et nonobstant qu'il ne soit couché en cest estât, qui a esté par inadvertance et obmission en faisant icelluy.
Item a commandé mondit seigneur que Michel de Saint Germain, aussi obmis oudit estât, soit aussi pa3'é de ses gages à XVI. par moj's, comme contenu est en Testât de l'année précédente 2.
Original. (Bibliothèque nationale, ms. français 32263, lï*. 485-493.) Copie fait« au XVII« siècle. (Bibliothèque Sainte-Geneviève, ms. 848, ff. 46-48.) Extraits faits au XVII« siècle. (Bibliothèque nationale, ms. nouv. acq^"!* françaises 9175, tr. 559-563.)
Déposition de Guyon Maignen sur les services qu'il a rendus
au duc de Guyenne et les propos qu'il a entendus.
(l^r mars 1472)
Le premier jour de mars l'an mil CGGG soixante unze, Guion Meignen, natif de Sablé ou Maine, a juré sur les saintes evvangilles de Dieu, en la présence de monseigneur l'evesque de Valence, de Seuffrey Alamant, siefir de Chasteauneuf, et de moy Bourré, de dire vérité.
Et premièrement après le serment par lui fait, a dit et depposé que, après que l'evesque de Montauban fut envoN'é en l'esté darrenier à Romme de par monseigneur de Guienne, mondit seigneur de Guienneîe voult envoyer après lui et lui bailla ung memoyre signé de mondit seigneur de Guienne et de m^ Guillaume Marquier son secretayre.
Interrogué en quel lieu mondit seigneur de Guienne lui bailla ledit memoyre, dit que ce fut à Saint Sever. Interrogué par quel moyen ne qui lui
1. Quittance d'avril 1472 (Bibliothèque nationale. Pièces originales, vol. 723, doss. 16504).
2. Le présent état ne contient pas les noms de certains officiers et fonctionnaires de Charles de France dont, par des quittances authentiques, nous savons d'autre part qu'ils servaient le duc à des époques très voisines du 21 janvier 1472. Nous citerons entre autres Jean de Barbazan, chambellan (quittance du 12 janvier 1471 — Pièces originales, vol. 187, n» 42) ; Hardouin de Maillé, chambellan (quittances des 7 février et 10 août 1471 — Idem, vol. 1758, n"^ 5-1-55) ; Raymond- Arnaud de Montbardon, chambellan (quittance du 30 avril 1471 — Idem, vol. 2008, n» 9) ; Jean de La Roche, écuyer d'honneur (quittance du 8 novembre 1471 — Idem, vol. 2507, n" 60) ; Guillaume Giron, prieur des Carmes, secrétaire (quittance du 18 octobre 1471 — Idem, vol, 1336, n» 9) ; Pierre Valet, secrétaire (quittance du 14 octobre 1471 — Idem, vol.'.978, n^* 11) ; Jean de Grenoa, portier (quittance du 20 octobre 1472 — Idem, vol. 1406, n" 3) ; Gautier Perusse, sieur des Cars (Bibliothèque nationale, ms. nouv. acq. latines 184, f" 128). Quelques-uns d'entre eux, dans l'iatervalle, avaient pu abandonner leur service et être remplacés.
donna l'adresse à mondit seigneur, dit que ce fut par le mo3'en de Monseigneur d'Angers avec lequel il avoit longuement demouré, et le menoit tous les jours devers mondit seigneur, tellement qu'il avoit grant cognoissance de lui et l'avoit ja fait sonsecretayre.
Interrogué que lui dist mondit seigneur de Guienne, dit qu'il l'en chargea de s'en aller à Romme ù toute diligence, et qu'il deist à l'arcevesque d'Arle et audit evesque de Montauban qu'ilz feissent diligence du contenu audit memoyre dont paravant il avoit baillé charge audit evesque de Montauban.
Interrogué se l'evesque d'Angers lui bailla point ledit memoyre de par mondit seigneur, dit que non, et que ce fut mondit seigneur de Guienne de sa main en la sienne, mes bien dit que ledit evesque d'Angers et Pontville y estoient presens.
Item dit que, depuis lui estant à Romme, mondit seigneur de Guienne lui a escript unes lettres faisans mencion qu'il lui avoit esté raporté que le sieur de Cabrieres et ung nommé maistre Pierre Le Noyravoient esté en court de Romme pour empescher sa dispence, et qu'il feist diligence de s'enquérir à qui ilz s'estoient adressez ne comme ils avoient besongné, et qu'il creust le porteur desdites lettres, lesquelles sont escriptes du X'' de septembre à Saint Sever.
Interrogué qui est cely qui lui porta lesdites lettres, dit que ce fut messire Pierre David, chapelain et doyen de Bourdeaux.
Interrogué qu'il lui dist pour sa créance, dit qu'il lui dist que monseigneur de Guienne lui mandoit que, s'il y avoit aucuns en court de Romme qui empeschassent les dispences de mondit seigneur, que on leur presentast argent bien largement et que rien ne demourast par faulte de promectre, et dit que on en a présenté au procureur du roy en ladite court de Romme, lequel n'y voulut jamés entendre.
Interrogué où il s'adressa à Romme, dit que ce fut à l'arcevesque d'Arle et à l'evesque de Montauban, et depuis fut chés monseigneur de Rouen avec ledit evesque de Montauban.
Interrogué que aloit faire ledit evesque chés mondit seigneur de Rouen, dit qu'il lui portoit les lettres que mondit seigneur de Guienne lui escripvoit.
Interrogué quelles paroUes dist mondit seigneur de Rouen quant on lui bailla lesdites lettres, dist qu'il ne sçait, car ilz se tirèrent à part sur ung lit, lui et ledit evesque,
Interrogué s'il porta lettres adressantes au pappe de ceste matière, dit que oy.
Interrogué qui les lui présenta, dit qu'il ne sçait, car quant monseigneur de Rouen, ledits arcevesque d'Arle et evesque de Montauban furent entrez devers lui, on lui ferma la porte et n'y peut entrer ; mais il sçait bien que mondit seigneur de Rouen y estoit présent.
Oultre toutes ces choses, a dit ledit Guion de lui mesmes que, il y a eu ung an, ung peu après Nouel darrenicr passé, que monseigneur de Guienne estant Ou chasteau de Hal à Bordeaux, au retour qu'il avoit fait d'Amboyse,
lui vindrent des lettres de monseigneur de Calabre, lesquelles, après qu'il les eut leues, les bailla à monseigneur d'Angers, lequel, après qu'il les eut aussi leues, dist ces motz : « Veez cy que monseigneur a gaigné d'estre allé à Amboyse ! »
G. Maignen.
Original. (Bibliothèque nationale, ms. français 15537, f^ 212.)
Paiement de trois mois de solde, à raison de 25 livres tournois par mois,
à 32 hommes d'armes de la garde de Charles de France.
(10 mars 1472)
En la présence de moy, Huguet de Luc, notaire de Monseigneur duc de Guienne en la senescbaucié d'Agenois, trente deux des hommes d'armes de la garde de mondit seigneur cy après nommez ont confessé avoir receu de maistre Jehan Gaudete, trésorier des guerres de mondit seigneur, chascun la somme de soixante quinze livres tournoiz à eulx ordonnée par mondit seigneur, et fait bailler et délivrer par ledit trésorier pour leurs gaiges du quartier d'octobre, novembre et décembre derrains passez, montant la somme de deux mil quatre cens I. t., les noms desquelz hommes d'armes cy après s'ensuivent :
Et premièrement :
André de Mornay. Gilles de Rieux.
Pierre de Couldun. Guillaume de Loudun.
Richart Ahamer. ^ Olivier de La Barde.
Colinet de Vonnes. Colinet Du Gai.
Anthoine de Queneil. Rouyn d'Ethoges.
Arthus Dugué. Jehan Le Verrier.
Anthoine de La Forest. Jehan de Broc.
Anthoine de Vernaige. André Giron.
Gauvain de Dreux. Lordun de La Forest.
Estienne de Rolhac. Messire Jehan de Dreux.
Geoffroy de Bermanville. Claude de La Chastre.
Bertrand de LefTe. Philippes Trousseau.
Martin de Lucy. Jehan de La Chastre.
Anthoine de Mortillon. Jacques de Rozevynen.
Jehan d'Alongny. Thibault Combault.
Pierre Chappelle. Loys Sorbier, cappitaine.
De laquelle somme de II"» 1111'= 1. t. les dessus nommez, chascun en droit soy, se sont tenuz pour content et bien paiez, et en ont quitté et quittent ledit trésorier et tous autres ; tesmoing mon seing manuel cn^ mis à la requeste des dessusdits, le dixiesme jour de mars l'an mil CCCC soixante et
H. de Luc.
Original. (Archives nationalcN, K 71, n«> 15.)
PIÈCES JUSTIFICATIVKS 807
Propositions faites par Yihier Marchant^ maitre de la chambre aux denitrt-
du duc de Guyenne, à Pierre Bourdon, qui s'empresse de le trahir.
(17 mars 1472)
Soit adverty le roy que, le X^ jour de ce mois, le maistre de la chambre aux deniers de monseigneur de Guienne dit à Pierre Bourdon, demeurant à Paris, lui estant en l'église de Nostre Dame à Cambray, que, se ledit Bourdon vouloit faire ce qu'il lui diroit, il lui feroit recouvrer et gaigner plus qu'il n'avoit perdu en la destrousse et emprisonnement oii il avoit esté, comme il savoit bien ; et, pour de ce parler en brief, ledit Bourdon demanda comment. Sur quoy ledit maistre lui respondit que, s'il vouloit dire au roy qu'il e'ust trouvé en ladite ville de Cambray, en une chambre dont ledit maistre feust yssu, une pièce d'unes lettres où il y eust escript Guienne, Bourgongne et Bretaigne, et à ceste cause regardé autour de soy,^ puis apperceu, sarré et recueilli plusieurs autres pièces de pappier escriptes, lesquelles i,l eust mises en ung sac et secrètement lui apportées, ledit maistre lui bailleroit lesdites pièces et sac, ouquel avoit plusieurs autres choses escriptes ; maiz il fauldroit qu'il se gardast de dire au roy que ceste entreprinse vensist d'icellui maistre, car il estoit homme du monde que le roy hayoit le plus, et de ce le roy croiroit bien tost ledit porteur, pour ce qu'il estoit ja aucunement adverti de ce, et si congnoissoit bien la main dudit maistre de la chambre ; et par ce moien pourroit sans difficulté lé roy feroit (sic) de grans biens audit Bourdon et à la chose publicque.
A quoy icellui Bourdon respondit, afin qu'il ne doubtast sur lui, qu'il ne saroit conduire telle matière, et que c'estoit trop grant chose de parler au roy.
Item dit que, encore le lendemain ensuivant, audit lieu où il le retrouva, lui dit que, puisqu'il n'oseroit parler au roy, se il vouloit, il lui bailleroit une bougette et en icelle mettroit une chemise, ung couvre chief, ung bonnet, et ung pigne, avecques des lettres tendans usa fin, et ung mémoire poui adresse de chemins, laquelle bougette il fauldroit que ledit Bourdon mist en quelque chemin, chambre ou autre lieu secrettement, puis que trouvast moien de mener compaignie audit lieu pour icclle bougette faire trouver comme d'avanturc.
A quoy ledit Bourdon dit de rechief qu'il n'oseroit prendre ceste charge ; et lors ledit maistre de la chambre lui dit, puisque ainsi estoit, qu'il gardast bien de jamaiz ne sonner mot à quelque personne, autrement se mettroit en danger d'estre une foiz destruit, et feroit grant dommaige à ladite chose publicque.
Desquelles choses ledit Bourdon s'est acquitté pour le faire savoir au roy, comme autrement en temps et lieu plus au long pourra faire apparoir se besoing est.
Fait le XVII« jour de mars CCCCLXXI.
Minute. (Bibliothèque nationale, rasj français 20600, f" 63.)
S08 rilkCE JUSTIFICATIVE N« 143
CXLIÏI
Instructions du duc de Bretagne à Poncet de Rlinère,
Guillaume de Soupplainville et Nicolas de
Kermeno, envoyés par lui à la cour de Bourgogne.
(17 avril 1472)
Instruction et advertissement pour messire Poncet de Rivière, chambellan et conseillier du duc, estant de par luy devers Monseigneur de Bourgoigue son frère, Guillaume de Souplenville son maistre d'ostel, et maistre Nycolas de Kermeno, son conseillier et procureur gênerai, à présent par lu^' envoyez devers moudit seigneur de Bourgoigne.
Premièrement, emprès la presentacion des lettres et recommandacions bien affectueuses, remonstreront à mondit seigneur de Bourgoigne comme le duc, dempuix le retour que a fait devers luy l'abbé de Begar, après avoir par ledit abbé sceu bien à plain des bonnes nouvelles, estât et prospérité de mondit seigneur de Bourgoigne et de son bon et loyal vouloir, à l'accomplissement et perfection des matières commancees, en a esté très joyeux, et en bonne diligence en a tousjours et souvent informé Monseigneur de Guyenne et les seigneurs estans en son partj-.
Item, et comme dès le XYIII» jour de mars, le vis admirai de Guyenne et l'argentier du duc arrivèrent devers le due,venans devers mondit seigneur de Guyenne qui de par lui apportèrent au duc lettres, luy priant d'envoyer devers mondit seigneur de Bourgoigne de ses serviteurs feables et entres autres ledit abbé de Begar et ledit argentier, pour avecques et celuy vis amiral besongner et servir à conclure les matières encommancees et par eulx envoj'és devers le duc povoirs et scellez pour y servir.
Item, et comme pour ce que bientost emprès la venue des dits vis amiral et argentier devers le duc il eust nouvelles, comme les medicins foisoint doubte en la santé de mondit seigneur de Guyenne, le duc, désirant que mondit seigneur de Bourgoigne en eust congnoessance entière, et que pour deffault de non du tout estre adverti, ne eust peu en la conduite des matières se trouver doubteux, renvoj'ea Peret, serviteur de messire Poncet, par lequel il fist savoir bien au vray tout ce que en estoit venu à sa congnoessance, et par luy envoyea audit messire Poncet les lettres qui lui estoint venues de Guyenne, avecques et deux scellez de mondit seigneur de Guyenne, pour, se mondit seigneur de Bourgoigue voyeoit que faire le deust, estre emploiez en la déclaration de mondit seigneur de Gujenne, pour la restitution 'les places d'Amyens, Saint Quentin, Roje, Montdidier et autres, prinses contre le trecté de Peronne, et en l'aliance perpétuelle telle que mondit seigneur de Bourgoigne vouldroit faire, ce que le duc fist, à ce que mondit seigneur de Bourgoigne feust infoi'mé du vouloir de mondit seigneur de Guyenne, et que il eust devers lui scellez pour servir aux poins plus requis pour la sceurté de ses matières.
Va pour lors ne hasta le duc l'alee dudit vis amiral, pour ce que il desi-
fort que, lorsque ledit vis admirai et les gens du duc feussent devers mondit seigneur de Bourgoigne, ilz le peusseot mieulx informer de Testât de la personne dudit monseigneur de Guyenne, aussi pour ce que il desiroit y envoyer l'abbé de Begar qui dès lors estoit indisposé de voyaiger et encore est à présent.
Item et comme depuis, ainsi que le duc a eu nouvelles de mondit seigneur de Guyenne, tant de sa personne comme de ses affaires, et de la guerre que le roy par ses gens luy a fait tant à Marent comme à Montalban, et es pays d'Agenoys et de Crecy, le duc en a journellement informé mondit seigneur de Bourgoigne, tant par Jehan Soche comme par Jehan du Rochcel, lesquels le duc a fait passer par la mer, pour ce que par la terre n'est à présent laisible faire passer aulcuns messagiers.
Et présentement pour ce que, parce que derrainement il a eu nouvelles de Guyenne, le duc espoire la sceurté de la resconvalessance et garison de mondit seigneur de Guyenne, ainsi que parce que il a envoyé par Jehan du Rocheel peut estre veu,et que dempuix n'en a ouy ne sceu chose au contraire, il envoyé présentement devers mondit sieur de Bourgoigne ledit de Souplanville, son maistre d'ostel, garny de la charge et povoirs que mondit sieur de Guyenne lui a baillez, et sondit procureur gênerai pour les deux ensemble, en la compagnie d'iceluy messire Poncet, servir devers mondit seigneur de Bourgoigne à mettre en euvre ce que ledit maistre d'ostel porte, et prandre conclusion es matières par cy devant parlées et conduytes, desquelles ledit messire Poncet de Rivière, le sieur d'Uffé et le maistre de la chambre aux deniers de Monsieur estans par delà ont toute congnoessance, et esquelx en «este matière doyvent ledit maistre d'ostel et procureur declerer le tout de leur charge et en leur compaignie et par leur conseill besongner au tout desdites matières.
Et est l'intencion du duc que ilz servent à conduire que de la part de Monseigneur deGuienne soit fait déclaration par scellé de employer sa personne, biens et subgez, à faire avoir et recouvrer à mondit seigneur de Bourgoigne Amyens et toutes autres places, prevostez et revenus prinses par le roy sur luy contre le trecté de Peronne, à luy faire avoir repparacion de tout ce que par le roy a esté fait au contraire d'iceluy trecté, et à faire et prandre entr'eulx deux aliance perpétuelle en la plus ample et plus sceure forme que ilz pourront adviser.
Item et que mondit seigneur de Bourgoigne face sceurté à mondit seigneur de Guyenne par son scellé que, emprès qu'il aura recouvré lesdites places ainsi prinses par le roy, soit par guerre, appoinctement ou quelque autre moyen que il les puisse recouvrer, il baillera à mondit seigneur de Guyenne par mariaige Madammoiselle sa fille, et iceli mariaige fera consommer, ainsi que il a dit et decleré audit messire Poncet et l'abbé de Begar vouloir faire, comme ilz ont plusieurs foiz escript et dit au duc qui le tout a envoyé à mondit seigneur de Guyennc.et mesmes ledit maistre de la chambre des deniers, et ledit sieur d'Ulfé, dempuix qu'il est par delà, le lui ont ^certinic; et si mondit seigneur de Bourgoigne vouloit avoir scellé de mondit
seigneur de Guyenne d'iceluy mariaige accomplir, par les commis de mondit seigneur de Guyenne luy doibt estre octroyé et baillé.
Item rcmonstreront à mondit seigneur de Bourgoigne comme moadit seigneur de Guyenne s'est (il a ja lonc temps) declairé au roy de secourir et ayder mondit seigneur de Bourgoigne en tout le contenu outrecté de Peronne, à l'occasion de quoy le roy lui a osté la pension de vingt quatre mille livres que il avoit de luy, et rompu la soulde et paiement de cent lances que il lui payoit ; aussi luy a fait prandre sur luy la cité de Montalban, et pluseurs autres places es pays d'Agcnoys et de Carcy ; par quoy il luy a rompu toute la finance que il tenoit en iceulx pays, qui monte à grant estimacion.
Item et a fait prandre la place de Marent estant en son pays d'Aulnys, et en celle tient grand nombre de gens de guerre prestz de plus avant y entrer, et ou pays de Poictou.ou pays d'Angoumaj's et ailleurs, sur la frontière des pays de mondit seigneur de Guyenne, à des gens d'armes de son ordonnance et autres, comme des nobles du ban et francs arcbiers, jusques à près de huyt ou dix mille combatans par lesquels il fait chascun jour dire et declairer que il vieult faire la guerre à mondit seigneur et sur lui conquérir ses pays, et pour parvenir à celle fin fait journellement conduj'^re son artillerie tant grosse que menue en celles marches, et puix Pasques la fait charrejer.tellement que, sellon les nouvelles que le duc en a eu le XIIII™'' jour d'avrilï, pour la pluspart elle estoit à Melle bien près du pais de Xantonge, comme ledit messire Poncet congnoest, et du cousté de Tbolouze a fait entrer esdits pays d'Agenoys et de Carcy bien grant arniec.
Pourquoy a esté requis que mondit seigneur de Guyenne fist son armée et en chascune partie d'iceulx ses pays, ainsi qu'il a fait de Monsieur d'Ârmygnac, qui avecques grant puissance tient les champs du costé deThoIouze, et Monseigneur le prince de Navarre qui a fait son armée en telle diligence que on présume que pour le présent elle soit pour joindre à celle de moadit seigneur d'Armygnac.
Et es pays de Aulnj's, Xantonge, Perigort, a envoyé autres gens pour la garde d'iceulx, tellement que pour le présent il y a es places d'iceulx pays grant nombre de gens d'armes ; pour le soulday et entretenement desquelx il a ja fra\'é bien grant partie du revenu de ses pays, et fort foulé son pouvre peuple, ainsi que plus par le menu ledit maistre d'ostel, qui en a congnoessance, le pourra declairer.
Item et rcmonstreront comme le duc, pour secourir mondit seigneur de Guyenne, et aussi mondit seigneur de Bourgoigne, à la fin de sa treffve,a mis touz ses subgiz en armes, et seront au XXIX'' jour de ce moj's sur les champs, et ja a envoyé les gens de son ordonnance et d'autres à Cliczon joignant du pa\'s de Poictou, et a fait déclaration au roy desservir, secourir et ayder lesdits messeigneurs de Guyenne et de Bourgoigne, tant parce qu'il en dist aux sieurs du Gavre et de Montagu qui de par le roy estoint venuz devers luy, comme par la response que puix cinq jours il a faicte à Normandie, roy d'armes, lequel le roy avoit envoyé devers lui, de laquelle ledit procureur porte le double.
Item, et par ce est bien à congnoestre la diminucion de finances que mondit seigneur de Guyenne a souffert, tant en ce que le roy luy souloit payer comme en ce que ses pays ont souffert, et en ce que il a frayé au soulday de ses gens d'armes, et à ce que le duc est délibéré d'en porter ; par quoy est bien requis que mondit seigneur de Bourgoigne, si avant l'arrivée devers luy desdits maistre d'ostel et procureur n'a fait avecques les gens du roy chose qui face cesser les choses dessusdites, commance la guerre au roy de touz coustez que faire le pourra.
Et pour le bien et sceurté de toutes les matieres,le duc le prie de ainsi le faire ou cas de la trêve rompue ou finie, avecques aussi de dire et declerer ausdits ambassadeurs entièrement son intencion des moyens et de toute la forme par laquelle il entend celle guerre estre conduite, pour incontinant et advertir le duc, affin que de sa part il y face tout loyal devoir, et que mieulx il se puisse conformer à l'intencion de mondit seigneur de Bourgoigne.
Item, et oudit cas de la guerre, prieront mondit seigneur de Bourgoigne de rescripre au roy d'Angleterre qu'il envoyé de ses gens au duc jusques à seix mille archiers pour le secourir et aider à faire la guerre de sa part, à ce que mieulx le duc puisse aider et secourir mondit seigneur de Bourgoigne, et sellon les parolles que autresfoiz il en a dictes et portées ausdits abbé de Begar et messire Poucet.
Item, et que le duc a envoyé messire Michel de Partenay et Guillaume Guillemet, ses ambassadeurs, devers le roy d'Angleterre, pour celle mesmes matières ; et pour servir à la conduite de son armée, a le duc retenu Monsieur de Rivières, qui par fortune de temps estoit descendu en Bretaigne, et bien vouluntiers et de bonne affection a prorais et octroyé au duc le y accompaigner et servir.
Item, et que de nouvel encza le duc a esté par aucuns grans personnaiges adverty que le roy a envoyé Meny Peny en Escocze pour prier et exorter les Escoczays de venir en Bretaigne pour faire la guerre au duc, et pour plus facillement les induire et mouvoir ad ce faire, leur a envoyé par ledit Meny Peny lettres de don du duché de Bretaigne, qu'elles ont été apparues, veues et leues en Escoce en grande compaignie de gens ; dient et treuvent les Escoczais notoirement celuy don leur avoir esté fait, et aussi est tout notoire tant ou pais de Normandie comme ailleurs que le roy a fait préparer et mectre sus le navire de Normandie pour aller quérir et passer lesdits Escoezais à celle fin.
Item, à celle cause, pour empescher le passaige d'iceulx Escozays, et moyennant l'aide de Dieu, les rencontrer et combatre en la mer, le duc fait en toute diligence mettre sus et armer la grant neff de son admirai et autre navire de son pais ; aussi le roy d'Angleterre luy a fait savoir qu'il mettra de son navire en armes pareillement pour servir à celle mesmes fin ; et si le plaisir de Monseigneur de Bourgoigne seroit faire armer la grant neff des Austrelins à présent estante en ses pays, et l'envoyer vers le Pas de Calays pour soy tenir en l'ayde et compaignie des navires d'Angleterre et Bretaigne et servir à l'entreprinse desusdite, semble au duc que le passaige desdits
Escozais seroit legierement erapesché, et le prie le duc de ainsi de faire, siil congnoist que le navire du roy prenne la mer pour faire ledit passaige.
Item, et si mondit seigneur de Bourgoigne faict traictié ou appoinctemcnt d'aucune trêve o le roj-, lesdits ambaxadeurs advertiront, soliciteront et procurei'ont à leur povoir que celle trêve soit appoinctee et prinse, non seulement pour mondit seigneur de Bourgoigne, mais aussi pour mondit seigneur de Guyenne, le duc et autres seigneurs, leurs amys et aliez, qui contre le roy se sont déclarez pour mondit seigneur de Bourgoigne, et avecques ce que mondit seigneur de Guyenne par l'appoinctemeut de ladite trêve soit en entier restitué de tout ce que par le roy et ses gens a esté prins et retenu sur luy, soit par l'avoir desappointé des pansion et soulde devant touchées, prinse de ses places ou autrement, que de tout ce il soit remis ou premier estât et reparé des charges, mises et dommaiges qu'il a portez et soustenuz à celle cause, et aussi que le duc pour luy, ses ambassadeurs et subgiz, soit restitué des prinses et pilleries faictes par les gens du roy et \cs Escozays, portez et soustenuz de luy sur lesdits ambaxadeurs et subgiz du d«c, comme plus à plain est contenu et déclaré en la response nagueres faicte audit Normandie, roy d'armes cj^ devant nommé.
Aussi se informeront et acertenneront à mondit seigneur de Bourgoigne de la fin et intencion pour laquelle celle trêve aura esté prinse, soit pour dclay d'aucun peu de temps, pour espérance de bonne paix et appoinctement final ou à autre fin, et en touz cas advertiront le duc de ce que fait aura este de ladite trêve, au plus tost que possible leur sera, ad ce que sellon l'exigence des matières il y puisse besoingnier et pourvcoir.
Item, et en touz cas pareillement, soit de trêve ou de guerre, advertirontcculx ambaxadeurs messire Michel de Partenay et Guillaume Guillemet, par le duc envoyez en Angleterre, ad ce que iceulx ainsi advertiz se puissent plus convenablement traicter et conduire en la charge qu'ilz ont devers le roy d'Angleterre, et en icelle mieulx besongner à l'intencion du duc.
Item, et en touz cas de ladite trêve finye, et que mondit seigneur de Bourgoigne seroit délibéré à la guerre, soit pour le temps de présent ou autre temps ensuivant, iceulx maistre d'ostel et procureur gênerai advertiront ledit messire Poncet de son congié prandre, et s'en venir devers le duc au plus tost que possible luy sera.
Item, et pour ce que ledit messire Poncet ait plus avant congneu le démené desdites matières et l'intencion de mondit seigneur de Bourgoigne touchant icelles, iceulx maistre d'ostel et procureur gênerai feront augmentacion ou restriction de leur créance selon l'advis et opinion d'iceluy messire Poncet.
Expédié à Redon le XVIP jour d'avril l'an mil IIII' soixante doze.
Françovs.
Original. (Archives départementales de la Loire-Inlerieure, E 100.) PuBL. (avec de nombreuses lacunes) : Dom Morice, Mémoires pour servir de preuves à ihisioire de Bretagne, t. III (1740), col. 240.
Inslrnctions doimces par Charles de Guyenne à M. de Boisrohin *
qu'il envoie en ambassade vers le duc de Milan.
(Avril 1472)
Memoria ad Boysrobin de quelle ch'el ha ad dire al Ducha per parte de Monsignore.
Primamentc gii dira como el Re afatto cridare ad Tholosa et ne le confine de Houergiie, et cussi ne le frontière de Saintonge, che nyuno habia le ardimento de tare dispiacere ad alcuni servitori de dicto Monsignore ne ad sa paese et subditi, et cussi ha mandate ad Cugnac el signore Du Bouchage et maestro Yvone du Fou, li quali se sono drissati al vescovo de Montealbano, el quale è andato verso loro, et gli hanno aperto per parte del Re fare appnnctamcnto con dicto Monsignore.
Et durante et sotto umbra de qucste cose el Re ha fatto praticare cum certe ville de Quercy, talimente che, sotto umbra et colore de più subornatione, et promesse ad loro fatte, como de dare al loro novi privilegii et tenire sempre in libertà et non separare mai de la corona, soe gentc hanno pigliatc» Montealbano et tre o quattro picenine ville d'inturno, et con questo sono novcUe che la città de Cours è stata per loro presa, et fa dire tra soe gente che dicto Monsignore ha fatto liga cum li Angles^i, col duca di Borgogna et più altri soy inimici et adversarii.
Item gli dira la voglia et intentionc de Monsignore el Prince, et quelle ch'el ha trovato con quello, et similmente de Monsignori d'Armignac et* d'Alebret, et cussi tutta la dispositione de tutto el paese et arniata de dicto Monsignore.
Item gli dira chè dicto Monsignore gli prega et rechieda ch'el facia guerra al Re del conto de Poitou, et che dicto Monsignore renforsa l'armata sua de Saintonge, a cio che se possano giongere insicme per el paese basso de Poitou, ma ch'el sii cum la magiorre diligentia che sara possibile ; perché s'cl paese de dicto Monsignore vcdaria ch'el Duca et altri soi amici non lo succurj-esseno, loro potcriano stupestarse, atteso ché dicto Monsignore non pô au^ cora bene cavalchare ne andare sopra li campi.
Item gli dira ché dicto Monsignore lo prega che cum ogni diligentia el advisa Monsignore de Borgogna et Monsignore de Galabria.
Item gli dira che dicto Monsignore non pô fare passare nj'^uno per andare avisare Madona de Savoya, et che per questa casone el facia similimente sapere al dicto duca de Borgogna ch'el avisa dicta Madona, et cussi ch'el facia guerra al Re del conto de Borgogna, perché adesso non è nyuno, et sono tutta la gente de guerra de Alvernia et de Borbonese ne le confine de delà,fra el paese de dicto Monsignore et verso Tholosa, dove fanno guerra al dicto Monsignore.
Item gli dira la bona convalescentia de la persona de dicto Monsignore ne la quale è adesso, Deo dante.