LA MISÈRE DANS LES PROVINCES
goulême, à Condom *, ailleurs encore, la population est diminuée de moitié, au début du règne de Louis XI. Les régions de Marmande et de Sainte-Foy-la-Grande sont dépeuplées ; les terres y sont incultes ^. Dans le Bordelais le roi a pu constater par lui-même le triste état de la province, quand il vint assister au mariage de sa sœur Madeleine ^. Au mois de mars 1466, les États de Languedoc réunis au Puy exposent la lamentable situation du pays ; ceux qui ne l'ont pas abandonné vivent dans une extrême misère *. Les Dauphinois cherchent, pour éviter la ruine, et dans l'impossibilité de supporter de nouvelles taxes, à emprunter de l'argent aux banques lyonnaises, qui sont loin de s'y prêter de bonne grâce ; d'après une lettre adressée par les Etats à Jean Bourré, l'un des meilleurs confidents du roi % leur pauvreté est si grande « qu'on n'y scet donner remède ». Le peuple, à Troyes, peut à grand peine accepter les charges ordinaires qui pèsent sur lui, tellement il est « foullé » ^. Même situation lamentable à Reims, où le roi promet des dégrèvements, à Laon, où les impôts ont triplé ', et aux environs de Paris. De nombreux villages de la région parisienne sont à peu près abandonnés ^. Par peur des gens d'armes, les églises rurales sont devenues des lieux de refuge pour la population, lorsqu'elles n'ont pas été transformées en magasins à blé, à fumier, etc. ' ; les conditions économiques sont le plus souvent déplorables ^^ ; l'insécurité règne partout.