Bibliothèque nationale, ms. français 6602, f
6. Documents historiques inédits (Champollion-Figeac), t. II, p. 385.
7. Thomas Basin, Histoire, édit. Quicherat, t. II, pp. 11, 39 et 42.
8. Petit-Dutaillis, Un nouveau document sur l'Église de France à la fin de la guerre de Cent ans. dans la Revue historique, t LXXXVIII (1905), p.
9. Alliot, Visites archidiaconales de Josas (1902), pp. 211, 212, 214, 238, etc.
10. Idem, p. 200: « Habitantes nimis sunt onerati de talliis et impositionibus régis ».
Malgré cette situation, les émeutes sont encore assez rares. Thomas Basin ^ fait remarquer que les Français sont depuis si longtemps plies à l'obéissance qu'ils ne songent pas à se révolter contre l'exagération des subsides et des impôts.
La situation politique n'est guère plus satisfaisante.
A l'est et au nord, Charles comte de Charolais, qui vient de se substituer à son père malade dans la direction des affaires de Bourgogne, est un ennemi héréditaire que l'on n'a guère à ménager et dont on peut tout redouter.
A l'ouest, François II, duc de Bretagne, dont les démêlés avec Louis XI sont parvenus à la période agressive, n'a nulle raison de s'incliner devant celui qui cherche à soulever contre l'autorité ducale des populations fidèles ^ , et se propose de ne pas demeurer plus longtemps la dupe ou la victime du roi de France ; aussi se prépare-t-il sérieusement à la guerre, en signant un traité de paix et de commerce avec le roi Edouard IV 3 , sans toutefois appeler les Anglais à son aide * , comme Louis XI l'insinue perfidement ^ .
Au centre, Jean II de Bourbon, allié à la maison de Bourgogne, a naguère aifirmé cette communauté d'intérêts par une visite à Gand, auprès du comte de Charolais qu'il a ensuite
1. Histoire des règnes de Charles VU et de Louis XI, édition Quicherat, t. II (185G), p. 422 : « Ipse Francorum rex tam latos et spatiosos imperii iines retinct, et longam atque inveteratam jam possessionem nactus est quaelibet et quantumvis gravia collationum atque vectigalium oiiera et tributa subditis imponere pro solo nutu et voluntate sua, sic quod nullus in regno nec provincia quidem una, sed nec plures simul aut etiam oranes, contra minimum suoruni quacstorum ullo pacto auderent mutire ».
2. Lettre du 5 août 1464 : « L'on dit que puis peu de temps ença le roy a dit et dédairé avoir intencion de destruire non seulement le duché de Bretagne, mais trois ou quatre des plus grands seigneurs de son royaume » . (Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. X, 1883, p. 132.)
* 3. Archives départementales de la Loire-Inférieure, E 102.
4. A. Dupuy, Histoire de la réunion de la Bretagne à la France, t. I (1880), p. 93.
5. A en croire Louis XI, le duc de Bretagne faisait alors savoir aussi au duc de Berrj" et à d'autres seigneurs que le roi avait le projet de céder aux Anglais la Normandie et la Guyenne, ou tout au moins partie de ces deux provinces; par une lettre missive du 24 août 1464, Louis XI fait démentir ce bruit, affirmant que « à ce ne pensasmesoncques ne pour rien ne vouldrions avoir pensé ». Lettres de Louis XI, édition Vaesen, t. X, p. 220.