Ordonnances des rois de France, t. XVI, p
3. G. Lescur, édit. H. Courteault, t. II, chap. 16 ; — et Bibliothèque nationale, nis. français 6960, p. 271.
4. Par exemple le roi se voit obligé d'emprunter 3000 écus à un juif, Melchior Sacha, pour payer la solde de 300 hommes d'armes, le 17 décembre 1462 (Bibliothèque nationale, ms. français 15537, f'^ 240).
5. Commines (édition B. de Mandrot, t. I, p. 24) signale les disgrâces d'André de Laval, maréchal de Lohéac, de Jean de Bueil, d'Antoine de Chabannes. Dans le Jouvencel, Jean de Bueil, qui ne tarit point d'éloges sur Charles VII, se fait l'écho des sentiments éprouvés par les anciens serviteurs de ce monarque à l'égard de son successeur, altéré de vengeance et souverainement méfiant. Plus tard, à son lit de mort, Louis XI se prendra à se repentir de la conduite qu'il tint au début de son règne et auquel il attribuera avec assez de vraisemblance une grande partie des malheurs dont il soufi'rit, et la France avec lui ; il reconnaîtra la faute politique commise par lui d'avoir méconnu les services rendus par les fidèles conseillers de son père (Instructions à son fils ; Bibliothèque nationale, ms. français 2831, p. 57), Cf. l'introduction au Joiwencel, pp. ccxxxii et suivantes.
6. Thomas Basin, Histoire, édition Quicherat, t. 11, p. 24 ; — Fragment d'une chronique de Louis XI, publiée dans les Mélanges de l'Ecole de Rome, 1895, pp. 124-125.
7. « Car le ro\', ce que dur m'est que ainsy me le faut escrire, prit à tous lez questions et querelles aux princes ses parens ; usa de volonté et de propre teste en tous ses faits ; avoit povre effet en son promettre, et amour variable en belle parole ; ses amis et voisins puissans traitoit en rigueur ; queroit à les rongier en leur puissance ; estudioit à se faire craindre, non à
assurément, mais c'est une page écrite par un esprit clairvoyant, pondéré, sincère \ qui n'est pas éloigné de la vérité. Le poète contemporain Jean Meschinot a laissé de son côté une peinture très émue de la détresse de la France pressurée par les extorsions royales à la date de 1465, et un portrait peu flatteur des odieux conseillers qui ont servi Louis XI dans sa tortueuse et néfaste politique. A cette politique, faite de trahison, de parJTire, de mensonge, de vilenie, de violation de la foi jurée, il n'y a, selon ce poète breton, qu'un remède : la mort du roi, qu'il souhaite sans détour. La France est perdue et ruinée, et par qui ? par cet implacable perturbateur de la paix publique, qui poursuit de querelles et de guerres continuelles ses amis, *es voisins, ses sujets eux-mêmes, qui suscite partout des troubles, qui supprime toute joie et toute sécurité ^. C'est, je le veux bien, un ennemi qui parle ainsi, mais ne faut-il pas voir là cependant un écho certain de l'opinion populaire? Aussi la situation demeure-t-elle fort critique, ce qui fait dire à un de ces Italiens toujours avisés que l'année 1464 ne se terminera pas sans quelque nouveauté en France.
Louis XI songe bien à chercher à l'étranger les alliances qu'on lui refuse chez lui, pour contrebalancer les influences
aimer; mesmes de ses propres subgets et serviteurs n'avoit grâce, et le savoit bien ; reveloit son courage publiquement de la haine que portoit en cœur; et de ceux dout se pensoit servir seloncq sa nature, et fussent encore de petit los, ceux accueilloit il, vouloit seul régner et estre cremu de tous. Nourrissoit séditions et les praliquolt luy mesme, en Castille contre le roy Diego (sic), qui en chey en dure guerre à l'encontre de ses nobles ; en Bourgongne du père encontre le fils, dont tant de douleurs et de mescliiefs se disposoient pour avenir que nulle pitié pareille; en Angleterre, du roy Edouard à rencontre son propre cousin germain le roy Henry et sa cousine germaine la ro} ne ; en Liège, là où il estoit fausteur des Liégeois, sousteneur de leur orgueil contre leur evesque et contre le duc de Bourgongne ; et en Bretagne, pour ce que le duc et le conte de Charolois s'entre aimoient ensemble, à l'un preparoit guerre toute conclute par ses gens d'armes, et à l'autre quit les voies pour Vy avoir en temps à venir, et ne s'en faignoit en paroles. » (Chastellain, édition Kervj^n de Lettenhove, t. V, p. 12).
1. Ce sont les qualités que lui reconnaît son plus récent biographe, Gabriel Pérouse, Georges Chastellain (Paris, 1910, in-8; extr. des Mémoires de l'Académie royale de Belgique, 2'^ série, t. VII), pp. 22 et suivantes. On peut comparer les portraits tracés par Thomas Basin et par Philippe de Commines, qui sont plus ou moins exempts de partialité.
2. Ballades XIII et XIV (édition de 1522j ; cf. Bibliothèque de l'École des Chartes, 1S95, p. 294.