Lettres de Louis XI, t. IL p
5. J. Boucliet, Les Annales d'Aquitaine (1644, in-folio), p. 267, — Dixhuit mois après, il ordonna de les faire arrêter; Denis Dausseurre, vieux et malade, mourut presque aussitôt (novembre 1466) ; quant à Chèvredent,
tre part quelle joie cet événement procura aux coalisés. La nouvelle se répandit dans tout le royaume comme une traînée de poudre ^ ; on disait déjà que le duc de Berry avait été proclamé « régent de France » ^ . Dès le 6 mars, Louis XI adresse
après avoir obtenu grâce, il fit partie de la commission nommée par le roi pour la réforme du royaume (août 1466), mais fut de nouveau inquiété plus tard (novembre 1468) ; cf. Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest cités et Archives historiques du Poitou, t. XXXV, p. 218 et suivantes. 1. « Audita relatione notabili per magistrum Johannem de Becco, thesaurarium, de litteris régis in domo ville [receptis] super recessu domini ducis Bituricensis et regno, ejus relationem audiverunt, et gratias egerunt domini capitulantes » (Archives départementales de la Seine-Inférieure, G 2136). — (( Subsequenter dominus noster rex Ludovicus, filius Karoli régis Francorum, de civitate Turonis aripuit iter suum pro visitando limina Béate Marie Pontis Sancti Juliani, et dimisit dominum germanum suum ducem Bituricenscm in dicta civitate, credendo quod non recederet ab eademdonec reversus fuisset in eadem civitate ; in qua credulitate fuit deceptus, quia dictus dominus dux Bituricensis accessit deversus ducem Britanie : de qua accessione et recessu dominus noster rex fuit valde contristatus, et totum regnum in maxima tribulatione positum » ( Archives municipales de Périgueux, BB 14, f"20 v^). — La nouvelle était parvenue à Paris le 11 mars ; J. Maupoint nous en fait part dans son Journal (édit. Fagniez, p. 51) et il déclare n'en pas connaître la cause, mais il la devine.
2. «Nicolas Le Jaul, licencié en loix, lieutenant gênerai de noble et puissant seigneur messire Loys, seigneur de Chautemerle et de La Clayette, chevalier, conseillier et chambellan de Monseigneur le duc de Bourgongne, bailli et juge royal de Mascon, à honnorable homme Huguenin Midot, receveur de Masconnois, salut. Nous vous mandons que des deniers de vostre recepte vous payez et délivrez à honnorable homme Olivier de Sagie, citoyen de Mascon, la somme de huit livres tournois pour ung voj^aige par lui présentement fait, par nostre ordonnance et commandement, de Mascon à Dijon par devers Messieurs les président et autres gens du conseil et des comptes de mondit seigneur le duc, leur pourter de par nous noz lettres de créance, et aussi leur dire et exposer sa créance qu'il avoit de nous touchant les nouvelles qui présentement nous sont survenues, c'est assavoir que mondit seigneur le duc de Berry s'estoit retrahit en Bretagne et que l'on l'avoit fait comme l'on disoit régent de France, et autres choses touchans ceste matière amplement contenus et escriptes es memoyres et instructions que sur ce lui avons baillées, et aussi pour savoir d'eulx comme noug nous devions conduire et gouverner en ceste partie. Lequel Olivier, qui pour ceste cause partit de ceste ville de Mascon le douzième jour de ce présent mois de mars, a séjourné en ladite ville de Dijon par ordonnance de mes dits sieurs jusques au dimenche ensuyvant XVII« dudit moj's, comme appert par les lettres closes de mesdits sieurs à nous sur ce envoj'ées par ledit Olivier, attachées à ces présentes, et par ainsi a vacqué audit vo3'^aige tant en alant, séjournant que retournant par huit jours entiers à deux chevaulx, lesquelz huit jours, tant pour journées que despens, lui avons tauxé et tauxons à ladite somme de huit
à ses bonnes villes, notamment aux habitants d'Amiens ^ , puis à ceux d'Abbeville, de Reims, de Châlons-sur-Marne - , de Montpellier ^ , une lettre pressante : il les met au courant de la situation, se plaint amèrement de la conduite de son frère, « au moyen d'aucuns qui l'ont séduit », malgré toutes les promesses qu'il lui a faites et dont il aurait dû être bien satisfait; il leur interdit de le recevoir et de lui obéir; il compte sur leur loyauté ; il les invite même à le faire arrêter et mettre en lieu sûr jusqu'à plus ample informé ; il leur ordonne enfin de faire bonne garde et de mettre la ville en état de défense pour parer à toute éventualité. En même temps, il s'empresse de prévenir le duc de Bourbon Jean II * : « Faites-moi le plaisir de monter incontinent à cheval, venez me voir sans faute, et levez cent lances immédiatement dans vos domaines ^ . » Mais le duc de Bourbon resta sourd à cet appel et se rangea dans l'autre camp.
En effet, sur les conseils du duc de Bretagne, Charles de France avait envoyé au duc de Bourbon un manifeste, destiné de toute évidence à être rendu public ; il lui expliquait que son but, en arrivant à Nantes, était de protester contre les violences et oppressions dont souffre le peuple, contre les désordres et les scandales dont il est le spectateur attristé, et d'entrer sans tarder en campagne pour parvenir à ses fins. Il y a d'ailleurs dans ce document tout un programme de gouvernement :
livres tournois; laquelle somme, en rapourtant ces présentes et quittance souffisant d'icelle dudit Olivier de Sagie, vous sera allouée en la despence de voz comptes par mesdits sieurs des comptes, ausquelx certifiions les choses dessus dittes estre vrayes par ces présentes. Donné à Mascon, soulz le scel de la court de mondit sieur le bailli, le derrenier jour du mois de mars l'an de nostre Seigneur courant mil GCGC soixante quatre. — Par Monsieur le lieutenant, J. de Lugduno ». (Archives départementales de la Côte-d'Or, B 11940.) Cf. Idem, B 5106, fo 27.
1. Archives municipales d'Amiens, BB 10, f*^* 30 ; — Lettres de Louis XI, édition Vaesen, t. II, p. 230.