Lettres de Louis XI, t. X, p
4. Lequel était à la fois beau- frère du roi de France et du comte de Charolais.
5. Lettres de Louis XI, édition Vaesen, t. II, p. 232. — La réponse du duc de Bourbon, envoyée de Bourges le 24 mars, a été imprimée dans l'édition de Commines par Lenglet-Dufresnoy, t. II, p. 443.
suppression de toutes aides, impositions et autres exactions, à l'exception de la taille nécessaire pour le paiement de la solde et l'entretien des gens d'armes ; invitation directe et prompte à faire publier dans tous les pays soumis à son autorité, et partout où il passera, cette suppression décidée ; avertissement sera donné aux collecteurs et fermiers de l'impôt de suspendre leurs recettes, à peine de confiscation corps et biens ; les sommes dont ces collecteurs et fermiers seront trouvés dépositaires serviront au paiement de la solde des troupes dont le duc de Bourbon prendra le commandement ' .
Singulier début, mais bien fait pour se concilier les faveurs du peuple. La « Ligue du Bien Public » s'inquiétait peu du lendemain, bien qu'elle assurât la perpétuité de ses promesses, sans se soucier des voies et moyens à employer pour réussir. Un candidat, quel qu'il soit, met ou croit mettre un gros atout dans son jeu en faisant miroiter la suppression des impôts : parole de candidat ! Le jeune duc de Berry, candidat éventuel au trône, se servait des moyens les plus propres à frapper l'imagination populaire, ou tout au moins on s'en servait en son nom.
Mais il fallait aussi se ménager des alliances. Charles de France adresse un autre mémoire au duc de Bourgogne (16 mars) pour le tenir au courant des événements ; il ajoute " : les abus de l'administration royale et la conduite des conseillers du roi sont la cause de tous les maux que subit la France ; les libertés de l'Eglise ont été violées, la noblesse est veuve de ses privilèges, la justice est foulée aux pieds, le peuple est opprimé, tous les princes du royaume et leurs amis ont hâte de se séparer d'un souverain qui les méprise et les tient en défiance ; la personne même du duc de Berry est à ce point menacée qu'il y avait nécessité pour lui à s'enfuir et à trouver asile en pays allié, où il lui a été fait un excellent accueil. Le
1. Archives nationales, R2 26, n"* 322. Pièce justificative n*' III. — Dès le 13 mars, le duc de Bourbon, étant à Moulins, fit publier une proclamation contre le roi, où il répète les mêmes lieux communs (Documents historiques inédits, t. II, p. 196).
2. Bibliothèque nationale, collection Dupuy, vol. 539, f" 150 ; publ. dans Commines, édition Lenglet-Dufresnoy, t. II, p. 437.