‹ Charles de MarillacChapitre 137 sur 200 · Zbid., fol. 20 re · texte numérisé non relu

Zbid., fol. 20 re

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Néanmoins, soucieux comme il est de la tranquillité et du repos de la chrétienté, il eût peut-être patienté encore avant de reprendre les armes. Oui, il aurait souflert « d’autres indignitez » de la part du roi d'Espagne, plutôt que de voir troublée la paix si nécessaire à l'Europe. Mais les Espagnols ne se sont pas contentés de violer par de secrètes menées les conventions de Vaucelles. Ils en sont bientôt venus à des hostilités ouvertes, et le Saint-Siège, allié du Roi, compris pourtant dans la trève, a été la première victime de leur déloyauté. € On a vu le duc d'Albe, avecques grosse armée mise en campagne, faisant la guerre au Pape... jusques à venir aux portes de Rome pour y assiéger le Sainct-Père'. » Ce vieillard, que «sa doctrine si admirée et ses vertus si célébrées ont conduict par degrez en la chaire de Sainct Pierre, s’est trouvé, en sa ville capitale, environné d’une infinité d'ennemys simulez et couvertz et d'ailleurs assiégé par armée d’aultres ennemys déclarez et ouvertz * ». C’est alors qu'il a imploré l’aide du roi de France. Il l’a supplié « d’avoir commisération du povre et musérable estat de l'Églize … Ne sera-tl pas escoulé tenant tel et semblable langaige en justification de sa cause et damnation de celle de son adversaire, lequel il appelle en jugement du ciel et de la terre pour le réduire à meilleur sens *? »

Et laissant la parole à l'opprimé lui-même, Marillac lui fait exprimer en un véhément langage ses accusations et ses plaintes. C’est peut-être R le plus beau morceau du manifeste. « Si vous estes filz de l'Empereur des Romains, s'écrie le Pape, s'adressant à Philippe Il, si vous estes extraict du sang des Roys Catholiques d'Espaigne, com-

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