‹ Charles de MarillacChapitre 136 sur 200 · Ibid., fol. 18 ro · texte numérisé non relu

Ibid., fol. 18 ro

le comte de Megen, gouverneur du Luxembourg ? Nieraton qu'après avoir corrompu trois soldats de la garnison de Metz, le comte n'ait tout préparé pour une surprise } N'a-t-il pas envoyé des espions pour relever les plans des forüfications et s'assurer de l’état de la défense? N’atil pas réuni à Thionville tout un matériel de siège ? N’a-til pas réglé les moindres détails de ce complot, qui n’a échoué que par un merveilleux hasard? Et est-ce une réponse digne d’un prince que celle du duc de Savoie à l’ambassadeur du Roi, qui lui exprimait son indignation : (« C’estoit, à son adviz, usance et ruse de guerre d'entreprendre ainsi l’ung sur l’aultre' ». Ruse de guerre légitime certes en temps d'hostilités, odieuse lorsqu'une trêve a séparé les combattants !

Est-ce aussi loyale (usance de guerre » que d'empoisonner les eaux d’une ville, pour plus aisément venir à bout de ses défenseurs, comme a tenté de le faire le même comte de Megen à Mariembourg ? Est-ce une honorable entreprise que d'envoyer des ingénieurs reconnaître les villes de la frontière ? Et cependant peut-on nier la présence continuelle d’espions à Monireuil, à Doullens, à Saint-Quentin, à Mézières, à Boulogne, à Abbeville. & Attenter sur les villes du Roy, corrompre les subjectz, machiner trahisons, violer la foy qui est le seul lien d'honneur entre les Princes, enfreindre la relligion du serment solennel presté publiquement à Dieu” », voilà donc ce que l’on nomme ruses de guerre! Doit-on s'étonner, si le roi de France préfère une lutte ouverte et loyale à cette paix simulée et & à de si sales et indignes

machinations » ?

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