Ibid., fol. 30 vo
; Royaulme et de la gloire de ses ancestres, que les anciens ont tant louez et que la postérité célébrera d’avoir souvent remis au Siège Apostolique ceulx qui en estoient par violence ostez, d’avoir délivré de la main de leurs ennemys ceulx qui estoient assiégez, d’avoir donné, augmenté et amplifié le patrimoine que les Espaignols veulent ravir. » Eh bien ! ce Roi ne permettra point € que le filz, reprenant les arres du père, ayt seullement la gloire de faire preuve de ses forces contre un vieillard octuagénaire, à qui l’aage n'a rien laissé que l’esprit et la voix; contre un prestre qui, n’estant exercité aux armes, doibt estre couvert de celles d’autruy, contre un Pape qui par relligion seule se pourroit deffendre, s’il n’avoit à faire contre ceulx qui ne reçoivent religion que celle qui sert à leur prouffict! »!
Et maintenant, 1l restait à conclure. Marillac le fait en quelques lignes. Le Roi a rompu la trêve. Et qui donc lui en fera un crime lorsque seront connus & le fons et la cause de la guerre » ? & Assailly en la personne du Pape », il est tenu de défendre le Saint-Siège. Cette considération seule justfierait son attitude, si d’ailleurs on oubliait « les sales machinations » du Roi d'Espagne. Puisque « les ennemys du Roy, qui ne peuvent durer én guerre sans faire trefve, ne peuvent ayans la trefve se garder de si souvent la rompre” », ils méritent une juste et sévère leçon. Certes 1l n’est point douteux que « ceulx qui ayment la paix... ne soyent grandement offensez, au lieu d'atteindre icelle paix tant désyrée,.…. de voir la guerre ouverte et allumée aultant que jamais. et d’oyr les plaintes du povre peuple ». Mais c’est là une croix qu'il faut courageusement accepter. € Le malheur de Dieu cherra » d’ailleurs tôt ou