Zbid., fol. 31 r°-33 vo
2, Ibid., fol. 33 vo-34 ro.
tard « sur les autheurs des scandales » et l’on doit tout attendre de sa miséricorde’.
On peut louer l'éloquence du manifeste de Marillac. Comme la plupart des manifestes du temps, 1l est conçu sous une forme oratoire, dont l’auteur, il faut le reconnaître, tire souvent d’heureux effets. Mais cette forme sert aussi plus d’une fois à masquer la faiblesse du fond, et sur le fond il importe de faire d'expresses réserves. Marillac avait à justifier coûte que coûte la conduite de son gouvernement, la tâche était commandée et le souci de la bien remplir quand même éclate à chaque page. En réalité la cause qu'il défendait était mauvaise ; son seul mérite est de l’avoir brillamment défendue. Pour apprécier en effet à sa valeur le factum de Marillac, 1l convient de remarquer tout d'abord que plusieurs des faits invoqués par lui à l'appui de sa thèse sont notoirement suspects. De ce nombre est le prétendu empoisonnement du duc de Bouillon, qui encore aujourd’hui est loin d’être prouvé. L'extrême propension à supposer du poison dans toutes les maladies des princes était une des faiblesses de l’époque: on doit s’en défier, même quand la torture arrachait des aveux aux malheureux que l’on soupçonnait*. Il y eut sans doute ici un examen médical. Mais il est permis de n'avoir qu'une confiance limitée dans la science d’alors et il semble plus naturel d'attribuer la mort du Duc aux fatigues et aux chagrins d’une longue captivité . IL importe d'autre part de se bien persuader que parmi les motifs eux-mêmes que Marillac nous paraît de bonne foi