Le Laboureur, Mémoires de Castelnau, t. I, p
de la chambre de l’abbé, trahit bien le goût du xvr‘ siècle. Mais pendant les guerres de religion le monastère de Saint-Père fut, on le sait, pillé par les Protestants et subit très peu après d'importants remaniements. On ne saurait donc dire que l’on a sous les yeux l'appartement même où vécut Marillac. Pourtant on évoque aisément sa figure en ce séjour charmant qu'il aima et qu'attriste seulement le souvenir de la mort misérable qu'il y fit.
Nous savons fort peu de chose sur le caractère et la vie privée de Marillac. Les chroniqueurs du temps ne mentionnent que bien rarement son nom et encore est-ce toujours à l’homme publie qu'ils font allusion. Et comme, d'autre part, 1l n’a été conservé de lui mi lettres familières, ni même un seul acte d'ordre privé, la difficulté est grande de pénétrer dans son intimité. Essayons-le cependant à l'aide des quelques renseignements isolés qui nous sont parvenus.
Nous avons déjà noté le trait le plus apparent de son caractère, l'ambition et la préoccupation très vive de s'élever qui en faisaient le fonds. Nous n’y reviendrions pas, si nous n'avions à constater les mêmes sentiments chez les divers membres de sa famille et si ce n’était une occasion toute trouvée de parler de celle-ci. Guillaume de Marillac, père de onze enfants, dut les laisser sans grandes ressources. [ls surent pourtant presque tous faire très honorablement leur chemin et Charles de Marillac n'eut à rougir d'aucun des siens, sauf peut-être d'un certain Pierre de Marillac, religieux à Pontigny, & qui se dévoya de l’ancienne religion de ses aïeux, quitta son habit et se maria à Poitiers ! ». De cette nombreuse famille, Gilbert. aîné,