‹ Charles de MarillacChapitre 190 sur 200 · Ibid. p · texte numérisé non relu

Ibid. p

elle fut admise dans l’édit du 5 mai 1561, qui décida que tous les évêques séjourneraient dans leurs diocèses & à l'exception de ceux que le Roy enverra en ambassade ou qu'il appellera auprez de lui‘ ». Pour justifier la contradiction qui existe entre la conduite de Marillac et ses plaintes à l'assemblée des Notables, on pourrait prétendre, il est vrai, qu'il ne se voua jamais à l'Église et qu’il ne posséda jamais ses abbayes et ses évêchés qu'à titre de commende. Mais une telle supposition serait téméraire. Non pas que le cas fût rare au xvr° siècle. Sébastien de l’Aubespine, évêque de Limoges, Monlue, évêque de Valence, Morvilliers, évêque d'Orléans, Paul de Foix, archevêque de Toulouse, n'avaient point les ordres sacrés ou ne les reçurent que très lard. Toutefois, en ce qui concerne Marillac, on ne saurait être aussi affirmatif qu'au sujet de ces personnages. En réalité, et la chose est presque incroyable, on ne rencontre dans toutes les œuvres de Marillac, ni un mot ni une allusion qui permettent de croire qu'il ait ou non appartenu à l'Église. Nous avons pourtant signalé plus haut un détail, qui nous ferait incliner volontiers vers la première de ces deux hypothèses. A l’époque où il reçut au Parlement une charge de conseillerclerc, 1l ne fut point question pour lui, nous l’avons remarqué, des dispenses nécessaires en pareil cas à un laïque. Et pourtant ces dispenses sont en général très soigneusement enregistrées dans les registres du Parlement vers la date d'entrée en fonctions de leurs bénéficiaires ?. Nous pouvons donc conclure avec assez de vraisemblance que dès avant sa nomination au Parlement, Marillac avait été

1. Archives Nationales, Registres du Parlement, X1a 1597, fol. 109 ro ef ve.

2. Archives Nationales, Registres du Parlement, X1a 1589, fol. 322. — X1a 4518, fol. 2 vo.

« promeu in sacris », probablement, comme nous l'avons dit, à son retour de Constantinople. D'autre part, Le Laboureur, dans les Mémoires de Castelnau, prétend que Marillac € eut un fils naturel qui laissa postérité ». Et il ajoute : € Je crois qu'il lui naquit auparavant qu’il fût engagé dans les ordres sacrés, parce qu'il prétendoit estre légitime. I] fut d’ailleurs homme de mérite et eut l'honneur de commander une compagnie au régiment des Gardes". »

Quoi qu'il en soit, nous savons que Marillac confia la direction de ses deux évêchés à son frère Bertrand de Marillac, de l’ordre des Frères Mineurs, qui en occupa le siège en son lieu et place. Ce Bertrand de Marillac mourut lui-même évêque de Rennes. Nous ne connaissons aucun détail de son administration à Vannes, et un seul souvenir de son passage à Vienne nous a été conservé : l'hôpital des pauvres de cette ville fut achevé par ses soins.

Quant à Charles de Marillac, la seule de ses résidences ecclésiastiques qu'il semble avoir affectionnée est son abbaye de Saint-Père-de-Melun où 1l mourut. On voit encore à Melun, dans le pare de la Préfecture, des restes importants de cette abbaye. Deux corps de bâtiments sont demeurés à peu près intacts, à l'extérieur du moins. Le premier semble avoir fait partie des communs du monastère : les appartements de l'abbé auraient été compris dans le second. On y montre, en effet, désignées sous le nom

de cabinet et de chambre de l’abbé, deux pièces, dont l’une est de plain pied avec un petit cloître bâti au midi et dont la seconde a ses fenêtres au Nord, sur l’un des plus beaux points de vue de la contrée. L'état de ces appartements est-il resté le même depuis Marillac? I] serait difficile de l’affirmer. La décoration, — très sobre, 1l est vrai, —

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