Ibid
3. Abid. — « Lettres de chevalerie pour Guillaume de Marillac Conseil-
souvenir nous a élé conservé d’une de ces &« commissions honorables » auxquelles fait allusion le biographe. Lorsque Charles de Marillac, alors ambassadeur à Augsbourg, signala à son gouvernement l'invention qui venait d’être faite dans cette ville par un certain Schwab de la presse et des divers instruments mécaniques du monnayage moderne, ce fut Guillaume de Marillac, — accompagné d’Aubin Olivier, un autre Auvergnat, — qui se rendit en Allemagne pour y faire l'essai des nouveaux engins, en prendre livraison et les amener à Paris'. Ce même Guillaume fut à diverses reprises employé comme courrier diplomatique auprès de son frère, les correspondances de celui-ci en font foi. Les frères de Marillac semblent d’ailleurs avoir vécu dans la plus parfaite union. Ils se prêtaient appui et assistance et le dernier survivant, Julien, bénéficiait encore en 1577 des bons souvenirs que ses aînés avaient laissés à la Cour, puisque c'était & en considération des services de M. Gabriel de Marillac, avocat général au Parlement, de ceux de M. Charles de Marillac, archevesque de Vienne, conseiller au Conseil Privé des Roys Henry Il et Francoys IT, de ceux enfin de M. Guillaume de Marillac, aussy conseiller au Privé Conseil, contrerolleur général et intendant des finances du feu Roy Charles IX° », que Henry II accordait à Julien de Marillac « la réhabitation en la noblesse de ses ancestres, lesquelz avoient
ler du Roy, Superintendant et Contrôleur général des finances, délivrées par Henry, duc d'Anjou... Donné à Saint-Maur, le 3e jour d'octobre 1569. » — « Lettres de confirmation desdictes lettres de chevalerie. par le Roy Charles IX<... au mois de mars 1570. » (Archives Nationales, Z!a 529.)
1. P. de Vaissière, La découverte à Augsbourg des instruments mécaniques du monnayage moderne et leur importation en France en 1550. — Cf.: l'article consacré à ce travail par M. Buff, archiviste municipal de la ville d'Augsbourg, dans « Beilage zur Allgemeinen Zeitung », du 28 juillet 1892. M. Buff démontre que le nom de l'inventeur, qui n'est pas donné par Marillac, est Schwab.
L'HOMME 493 négligé ou ignoré leur qualité de privilégiez et s’estoient laissé imposer à la taille* ». Il faut ajouter en terminant que Guillaume de Marillac fut le père de Michel de Marillac, garde des sceaux de France et du maréchal Louis de Marillac.
Les Marillac furent du reste récompensés de leur dévouement autrement que dans leurs descendants. Quant à Charles en particulier, nous avons énuméré les honneurs que lui valurent ses services. Et le profit matériel qu'il en reura dut aussi être considérable. Sans doute, son traitement d’ambassadeur ne contribua pas à l’enrichir. En Angleterre, 1l touchait 300 livres par mois, 600 en Allemagne *. Mais à ces chiffres venaient perpétuellement s'ajouter et des remboursements de frais extraordinaires, toujours très largement comptés, et des gratifications fréquentes. Comme conseiller au Conseil Privé d'autre part, 1l recevait annuellement 4,000 livres tournois”. Enfin les revenus de ses abbayes du Mas et de Saint-Père et de son évêché de Vienne devaient s'élever à un chiffre respectable. En véritables Auvergnats, les Marillac semblent d’ailleurs avoir connu le prix de l'argent. Ce sentiment apparaît plus d’une fois dans les correspondances de l'ambassadeur. La preuve en estaussi dans l'acte curieux, où, quelques jours après le décès de leur frère, Guillaume et Julien de Marillac récla- : ment une somme de 338 livres tournois représentant exactement l'indemnité à lui due pour un mois, — novembre 1560, — et un jour — 1* décembre, jour de sa mort*.
Bon parent, Charles de Marillac fut-1l bon collègue et
1. « Lettres de réhabilitation pour Julien de Marillac, commissaire ordinaire des guerres » (mars 1577). (Archives Nationales, Zta 529).
2, Bibl. Nat., fs. Clatrambault, vol. 1215, fol. 78 : vol. 1220, fol. 25.