Jbid., p
2. De Marillac au Roi, 4 mars 1542. (/bid., p. 393, pour cette citation et la précédente.)
avec Charles-Quint. La crainte de voir François I‘ devenur pour elle un trop puissant voisin l'y engageait. Maintenant que cette entente n'avait pu se réaliser, Henry VII comptait au moins rester neutre dans la guerre franco-impériale qui menaçait. Comme ille dit finalement en propres termes à Marillac, les Anglais € n’avoient ny occasion ny volunté de faire directement ou indirectement guerre à l'Empereur, envers lequel 1lz n’avoient ny querelle ny chose qui fust à demesler ‘ ». Marillac ne crut jamais du reste à une complète rupture des pourparlers entre l'Angleterre et Charles-Quint. € Despuys le naufrage d'Alger, répèle-t-1l encore au mois de juin 1542, ceulx-ci ont recherché et entretenu l'Empereur plus que jamais, de peur que à cause de la routte qu'il avoit eue et que ses emprinses avoient mal succédé, 1l ne feust, Sire, pour rompre son obstination et vous faire la raison *. »
Et les propositions de la France ne paraissaient pas suffisantes à la cour d'Angleterre pour lui faire négliger cette dernière considération. Le mariage de sa fille avec le duc d'Orléans ne devait-1l pas faire concevoir à Henry VIH de légitimes inquiétudes sur le sort de sa couronne? Le roi était devenu & fort vieil et gris despuys le malheur de la dernière Royne * ». Qu'il se remariät ou demeurât veuf, Q1l n’estoit point pour avoir enfans ». Le prince hériter « sembloit estre de composition si grosse, si chernue et malsaine * », qu’on ne pouvait affirmer qu'il vécût. Il était donc possible que le duc d'Orléans vint par là à la couronne d'Angleterre. Bien plus, le dauphin de France n'ayant pas encore d'enfants, le duc pouvait espérer réunir
Du mème au mème, 6 mai 1542. (/bid., p. 417.)
Du même au même, 40 juin 1542. (/bid., p 424.) Du même au même, 46 mars 1542. (/bid., p. 397.) Du même au mème, 29 octobre 1541. (/bid., p. 351.)
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un jour les deux couronnes de France et d'Angleterre. C’étaient là au moins des raisons pour que François ΰ* se montrât moins exigeant. Or il demandait, en manière de dot pour Marie Tudor, la remise intégrale de l'énorme dette de la France vis-à-vis de l’Angleterre : un million d’écus environ et une pension annuelle de 100,000 écus, qui n'avait pas été payée depuis huit ans. Il n'était question que d’une quittance, disait Marillac, et € quel grant avantaige avoit le Roy d'Angleterre de marier si haultement sa fille sans mettre la main à la bourse, luy baillant pour dot une vieille et doubteuse dette’ »!
Mais Henry VIII se laissait de moins en moins convaincre. Et dès le mois de mai 1542 François I* jugea impossible & de s'approcher plus près de la raison qu'il avoit faict ». Il écrivit à Marillac d'abandonner les négociations. € Je veux, Monsieur de Marillac, que vous laissiez les choses en l’estat qu’elles sont sans plus en parler, ne meltre de ma part aulcune chose en avant, vous advisant que mon filz est d'assez bonne maison pour trouver femme, et ne s’est point encores, Dieu mercy, veu que ung filz de France soyt demeuré sans party”. »
Ces paroles étaient d'autant plus audacieuses, que la guerre allait décidément éclater entre le roi de France et l'Empereur. Marillac fut informé le 8 juillet 1542 de la reprise des hostilités. Il avait déjà reconnu le bien fondé de ses doutes sur une rupture définitive entre Henry VIII et Charles-Quint. La perspective d’une nouvelle lutte avec la France devait en effet faire disparaître les derniers scrupules qui jusqu’à ce jour avaient retenu l'Empereur de
1. Du même au même, 21 mars 1542. ({bid., p. 400.) — Froude, His-
tory of England... t. III, p. 502. 2. Du Roi à Marillac, 44 mai 1542. (Corr. pol., p. 419-420.)
s’allier à un ennemi du Saint-Siège. Dès la fin de mai 1542, Marillac signale avec inquiétude les longs entretiens de l'évêque de Winchester, & aussi bon impérial que mauvais françoys », avec l'ambassadeur de Charles-Quint. « J’entendz de bon lieu, ajoute-t1l, que ce Roy tient propoz de prendre sur luy la protection des Païs-Bas de l'Empereur, auquel davantaige 1l veult subvenir de grand nombre d’angelotz pour l'emprinse de Hongrye contre le Grand Seigneur, moyennant certaines villes des Païs-Bas dont il doibt estre saisy et impatronysé'. »
Et lorsque la guerre fut déclarée entre la France et l'Empereur, on vit bien à quel parti allaient les sympathies de Henry VIE. I fallait l'entendre parler avec mépris des alliés de François [*. Il demandait «quel ayde ce pouvre petit Roy de Suède pourroyt faire » ; si le roi d'Écosse était & pour faire la guerre, luy qui estoit si pouvre »? Pour lui, € l’on se pouvoit asseurer qu'il n’estoit pour entrer en guerre, à moings qu'on ne luy en donnast bien bonne et grande occasion” ». En attendant, ilordonnait les armements les plus considérables, forüfiait sa frontière d'Écosse et préparait sa rupture avec la France par des plaintes ininterrompues contre notre gouvernement.
C’est que l'Empereur allait bientôt lui fournir « ceste bonne et grande occasion » dont 1l parlait. Les dernières hésitations de Charles de s’allier à l'Angleterre hérétique venaient en effet d’être dissipées par l'attitude du Pape. Il avait vainement engagé le Saint-Père à se déclarer pour lui contre François [*. Paul HI avait tenu à rester neutre.