‹ Charles de MarillacChapitre 70 sur 200 · bid · texte numérisé non relu

bid

commissaires déjà désignés par le Protecteur étaient connus de Marillac comme personnages sans importance ; 1l était évident que, les négociations entamées, 1ls ne pourraient rien décider d'eux-mêmes ; (car n’estans d’authorité pour s’ingérer d’enfoncer et passer oultre, synon que de jour en aultre 1lz auront instruction, 1lz feront traisner ceste practique en infinie longueur ‘ ».

Une autre raison pouvait, ilest vrai, expliquer l'attitude du gouvernement anglais. Les révoltes se multiphaient dans l'Ile, où le peuple réclamait à grands cris la paix. La guerre arrêtait le commerce et le mouvement des affaires, augmentait les impôts, appauvrissait le pays. En paraissant souhaiter la paix, le Protecteur comptait peut-être empêcher la population exaspérée d'entrer en rébellion ouverte ?.

Ces divers moufs mis en avant par Marillac, pour jusüfier la conduite de lord Seymour, étaient sans doute fort plausibles. Mais la cour de France sut bientôt découvrir le mobile plus important qui dirigeait la politique anglaise. Comme le Roi l’exposa très clairement à Marillac, le but des propositions de l'Angleterre était de décider l'Empereur à la soutenir plus efficacement qu'il ne l'avait fait jusqu'alors et voici comment : Charles ne tenait à rien autant qu'à la continuation de la guerre entre la France et l'Angleterre : rien ne pouvait le mieux décider à intervenir plus activement en faveur de cette dernière que la crainte de voir suspendues les hostilités franco-anglaises. « Les Angloys, écrivait Henry Il à Marillac, veulent done mettre l'Empereur en oppinion qu'ilz sont prez de cappituler avecques moy de quelque chose de grande importance,

Page 1