De Marillac au Roi, 45 juin 1549 (/Zbid., p
3. Du même au même, ? juillet 1549. (/bid., p. 58-59.) — Lettres de Paget au Protecteur, 23 juin 1549. — De Paget à William Petre, 2% juin
On comprend sans peine les craintes de la France à la nouvelle des agissements de Paget. Au moment même où notre gouvernement redoutait le plus une déclaration de guerre de la part de Charles-Quint, l'Angleterre essayait de décider l'Empereur à intervenir contre nous dans la guerre d'Écosse. Pendant quelques jours, la cour de France vécut dans de perpétuelles alarmes. La situation allait se dénouer ! On allait connaître enfin les projets de Charles- Quint !
Ce fut heureusement une bonne nouvelle que, le ? août 1549, Marillac transmit à son gouvernement. De l’audience, qu'il venait d'obtenir, Paget n'avait rapporté qu'un refus ‘. L'Empereur ne voulait décidément pas consentir à prendre part à la guerre d'Écosse. La France pouvait respirer, car le bruit courait à Bruxelles que Charles allait tourner ses desseins du côté de l'Allemagne et abandonner les Pays-Bas. Les efforts de la politique francaise, pour aggraver l’état des affaires à Rome et dans l'Empire, n'avaient donc pas été infructueux”. C’est à ce moment que la France crut pouvoir lancer contre l'Angleterre une déclaration formelle de guerre, qui transforma en hostilités ouvertes la lutte déguisée que nous avions soutenue jusqu'’àalors au nom de l'Écosse (8 août 1549)°.
L'’échec de la mission de Paget, dont la France se ré-
1549.— De Paget et de Sir Philip Hoby ambassadeur ordinaire d'Angleterre à la cour impériale, de la mème date. (Turnbull, Calendar of state papers of the reign of Edward VI, p. 38-39.) — Burnet, t. IL, p. 198-202.
1. Paget au Protecteur, 30 juin 1549. (Turnbull, p. 40-41.) — Paget à William Petre, 8 juillet 1549. (/bid., p. 43.) — Froude, t. IV, p. 456-458.
2. De Marillac au Roi, 2 août 1549. (Bibl. Nat., fr. 3099, p- 102.) — Du même au même, 13 août 1549. (Zbid., p. 111-112.)
3. Du Roi à Marillac, 8 août 1549. (/bid., p. 11%.) — Instruction à M. de Chemault, chargé d'informer officiellement l'Empereur de la déclaration de guerre. (/bid., p. 118-120.)
jouissait comme d’une victoire, était assez facilement explicable. Notre gouvernement, 1l faut en convenir, s’élait beaucoup exagéré les dangers de la situation. Ses craintes sur la possibilité d’une rupture avec l'Empereur n'étaient pas fondées. Les intrigues de la France à Rome et en Allemagne, siirritantes qu’elles fussent pour l'Empereur, ne pouvaient vraiment l’amener à abandonner la tâche immense qu'il avait entreprise. Accorder la liberté religieuse à l'Empire, pour déclarer la guerre à la France, eût été pour Charles renoncer aux avantages des victoires de Schmalkalde ;: et de plus, la rivalité de l'Angleterre et de la France lui laissant les mains hbres en Allemagne, n’était-ce pas le moment d'en profiter? S'il avait jusqu'à ce jour retardé son départ de Bruxelles, c'est qu'il aurait voulu obtenir de Rome une réponse favorable touchant l’'Intérim, avant de gagner l'Allemagne.
Dans ces conditions, 1l était bien décidé à ne pas se mêler à la guerre franco-anglaise. S'il pouvait, sans trop de sacrifices et sans frais considérables, favoriser la continuation des hostilités, il ne se souciut pas de soutenir en ce moment contre Henry Il une lutte en règle, qui eül absorbé une partie de ses ressources. Il autorisa donc l'Angleterre à continuer ses levées de troupes en Allemagne, mais jugea impossible d'accéder aux sollicitations de Paget.
Cependant, malgré l’'insuccès de la mission de son ambassadeur, l'Angleterre ne désespérait pas d'obtenir l'intervention de l'Empereur en sa faveur. Les avances du Protecteur avaient été repoussées ; ce ne fut qu'un grief de plus que ses ennemis firent dès lors valoir contre lui.
Le paru le plus violemment opposé à lord Seymour était celui de la vieille noblesse, restée fidèle aux doctrines catholiques et que la protection accordée par le Régent au
luthéranisme mécontentait autant que sous Cromwell. Les membres de ce parti se persuadèrent que le refus de l’Empereur de soutenir l'Angleterre provenait seulement de sa répugnance à s’allier à une puissance protestante. Si l’on voulait avoir aide et secours du défenseur de la foi catholique, l’on devait revenir selon eux à des doctrines modérées. Les ordonnances religieuses nettement luthériennes, que Seymour avait imposées à l'Angleterre, étaient la cause tout indiquée de Ja froideur marquée de Charles-Quint . L’anistocratie résolut donc de s’emparer du gouvernement et d'obtenir l'approbation et l'assistance impériale en ramenant le pays à l’orthodoxie.
Les dépêches de Marillac nous fournissent sur celte période troublée de l’histoire d'Angleterre les détails les plus intéressants. M. de Selve, notre dernier ambassadeur à Londres, avait été rappelé aussitôt après la déclaration de guerre : les nouvelles d'Angleterre parvinrent alors à la cour de France par l’intermédiare de Marillac. C'était un intermédiaire autorisé. Il connaissait fort bien les hommes et les choses de l'Angleterre, et sut donner à son gouvernement, mieux que de simples renseignements, des appréciations tout à fait remarquables de diplomate.
Les tendances religieuses de La noblesse anglaise et les projets de politique extérieure qui en étaient la conséquence, n'étaient pas les seules raisons qui poussaient l'aristocratie à prendre position contre le Régent. Elle avait contre lui d’autres griefs. La politique intérieure de Seymour n'avait été que la perpétuelle et violente affirmation du pouvoir central contre les prétentions de la vieille noblesse. «Les grands, écrivait Marillac, sont trez marriz de ce que le Protecteur seul et sans tenyr grant compte d’eulx