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Comme on le voit, la situation menaçait de s’aggraver singulièrement. Cette nouvelle protestation des Luthériens ne démasquait-elle point les ruses de la politique impériale ? Ne pouvait-elle décider le Pape à retirer la bulle ? « En ceste sorte, Sire, écrivait Manillac à Henry 11, s’est découverte la dissimulation dont l'Empereur s’aidoit en ce faict du Concile, auquel il asseuroit au Pape que les Proteslans s’esloient submiz, sans jamais avoir voullu permettre qu'on esclareist ny spécifhiast les conditions, dont estoit faicte mention en termes généraulx dans une clause du recez de l’aultre Diette'. » Dès lors, suivant Marillac, il ne restait plus que deux partis à l'Empereur: ou bien il devait consentir à faire célébrer le concile en la forme et en la ville qu'exigerait le Pape; ou bien, s’il voulait ÿ soumeltre les Allemands, il lui fallait recourir à la force *.
Ce ne fut néanmoins ni à l’une n1 à l’autre de ces deux résolutions que s'arrêta Charles. Il ne jugeait point encore la situation désespérée. Le récent manifeste des députés luthériens n'avait rien d’ofliciel, n'étant point fondé sur un acte, — la bulle, — régulièrement promulgué. Mais comme il ne falloit point fournir aliment à de nouvelles et à de plus dangereuses protestations contre la dernière décision de la Papauté”, Charles demanda et obtint du nonce qu'on retardât la publication de la bulle en Allemagne jusqu’au
1. De Marillac au Roi, 2 décembre 1550. (Druffel, t. I, p. 538.)