Ibid., p
4. Du Roi à Marillac, 7 septembre 1550. (Bibl. Nat., fr. 15917, fol. 95 vo.)
Mais les insistances de Marillac auprès du nonce, celles de notre ambassadeur à Rome auprès du Saint-Père, restèrent inutiles. Le 27 novembre, Marillac informait son gouvernement que la bulle de convocation du concile était arrivée à Augsbourg le 25. Les desseins de l’'Empereur semblaient avoir pleinement réussi.
Cependant les choses n'étaient pas près de se terminer aussi heureusement que l'Empereur pouvait l’espérer à ce moment. Tandis, en effet, que la majorité de la Diète s’opposait mollement aux volontés de Charles, un parti prenait chaque jour plus de force au sein de l'assemblée, c'était le parti de la résistance. Il était dirigé par le nouvel adversaire de l'Empereur, Maurice de Saxe, ou du moins par ses représentants, car l'Électeur n'avait pas encore paru à la Diète. Après avoir fait violemment affirmer par eux les prétentions du parti luthérien, Maurice donna ordre à ses ambassadeurs d'intervenir auprès des princes protestants de l’assemblée, pour les décider à appuyer ses portestations. L'Électeur de Brandebourg fut un des premiers à y consentir. Il n'était pas lui non plus à Augsbourg, mais il enjoignit à ses représentants de se mettre d'accord avec ceux de Maurice. Le comte Palatin suivit bientôt cet exemple. Grâce à l'activité de ses membres, le pari de l'opposition intransigeante gagna donc rapidement du terrain. Le duc Maurice, écrit Marillac, et l’Ellecteur de Brandebourg avecques lesquelz on estime que le Comte Palatin se Joimdra bientost font instance envers le surplus des Princes de l’Empire de déclairer à l'Empereur les conditions, soubz lesquelles ilz se sont soubmiz au Concile et aussy que ledict Seigneur fasse clairement entendre comme le Pape et luy l’entendent cellebrer‘. »
1. De Marillac au Roi, 16 septembre 1550. ({bid., fol. 93 vo.)
L'intérêt de la cour de France était, on le comprend, d'encourager ces menées. Elle n'y manqua pas, et Marillac fut là encore le principal agent de sa politique. Aussitôt après la déclaration des députés de Maurice, notre ambassadeur avait fait exprimer au secrétaire de l'Électeur la satisfaction de son gouvernement, et lui avait fait promettre l'appui du roi de France. Le secrétaire avait fort bien accueilli ces avances et y avait répondu dans les termes les plus courtois. Il informait Marillac @ qu'il lui feroit entendre prochainement de bonnes nouvelles ».
On put d’ailleurs constater bientôt la force qu'avait prise le nouveau parti, dirigé par l'Électeur de Saxe. La bulle venait d'arriver à Augsbourg. Mais avant même qu’elle fût publiée, les députés de Maurice, du margrave de Brandebourg et de huit autres princes protestants € entendirent que ceste bulle portoit expressément que le Concile seroit reprins el continué aux mesmes termes qu'il se trouvoit, par où s’en ensuivroyt nécessairement la confirmation des décrets desjà faictz en la dernière assemblée de Trente? ». Aussilôt ces députés déclarent solennellement et par écrit que les Luthériens n'ont accepté le concile que sous les conditions énoncées en la diète de 1548: ils mentionnent de nouveau expressément ces conditions: 1ls exigent qu’on n'impose point à l'Allemagne les décrets de la première assemblée de Trente et terminent en réclamantun concile tel que l'Empereur le leur a promis, «libre, franc et général * ».
1. Du même au même, 19 août 1550. (Druffel, t. I, p. 484.) — D'autre part Maurice était entré déjà en relations avec la cour de France. « Le duc Maurice de Saxe a ces jours envoyé devers moy homme exprès me déclairer le désyr qu'il a de m’estre serviteur et entier amy. » Du Roi à Marillac, 5 juillet 1550. (Bibl. Nat., fr. 15917, fol. 5 vo.)