CATHERINE LE DA UPHIN
Je lui permets d’exhaler librement Le cri de la douleur et du ressentiment.
La franchise me plaît ; la fierté me rassure.
Un grand cœur ulcéré découyre sa blessure ;
Un cœur vil la déguise.
CLISSON
Eh bien ! j’en fais l’aveu ; Vous haïr est ma loi , me venger est mon vœu. Jeté dans les prisons par votre main jalouse , Séparé d’un ami , d’un fils et d’une épouse ;
Seul , la nuit sans sommeil et le jour sans repos , De mon obscur séjour fatiguant les échos Des imprécations d’une colère vaine ,
Quand tout m’abandonnait, j’ai vécu de ma haine. Elle était mon espoir , mon bieu , mon avenir.
Et de quoi , me disai-je , ose-t-on me punir ? D’avoir senti mon âme indépendante et Gère ,
Au cri de liberté , s’élancer la première
Vers les saints défenseurs de nos droits envahis ,
En répétant ce nom si cher à mon pays ,
Ce nom qu’avec orgueil tout Français doit redire.