‹ Charles de Navarre, tragedie en cinq actes;Chapitre 12 sur 65 · CATHERINE LE DA UPHIN · texte numérisé non relu

CATHERINE LE DA UPHIN

Je lui permets d’exhaler librement Le cri de la douleur et du ressentiment.

La franchise me plaît ; la fierté me rassure.

Un grand cœur ulcéré découyre sa blessure ;

Un cœur vil la déguise.

CLISSON

Eh bien ! j’en fais l’aveu ; Vous haïr est ma loi , me venger est mon vœu. Jeté dans les prisons par votre main jalouse , Séparé d’un ami , d’un fils et d’une épouse ;

Seul , la nuit sans sommeil et le jour sans repos , De mon obscur séjour fatiguant les échos Des imprécations d’une colère vaine ,

Quand tout m’abandonnait, j’ai vécu de ma haine. Elle était mon espoir , mon bieu , mon avenir.

Et de quoi , me disai-je , ose-t-on me punir ? D’avoir senti mon âme indépendante et Gère ,

Au cri de liberté , s’élancer la première

Vers les saints défenseurs de nos droits envahis ,

En répétant ce nom si cher à mon pays ,

Ce nom qu’avec orgueil tout Français doit redire.

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