LE DAUPHIN, CLISSON
* s IEDADPHI».
V enez , brave Clisson : la patrie en alarmes A dû vous conüer la gloire de ses armes :
• Elle ouvre la carrière^ vos pas triompbans.
Puisse-t-elle obtenir de ses autres enfans La même obéissance avec le même zèle !
Puissent tous les Français se dévouer pôur elle ! -- •
Qu’ils suivent votre exemple , et l’empire est sauvé.
CLISSON
Prince , en douteriez-VQUs ? Leur courage éprouvé LE DAUPHIN.
Je le connais , mais je veux davantage.
Il n’est pas un Français qui manque de courage :
Hélas ! il en est trop dont le cœur irrité i Brave encor son devoir , trahit l'humanité , •
Répond.
Et d’un heureux accord méconnaissant les charmes , Prolonge des débats qui font couler mes larmes.
Je ne vous cache rien /connaissez mes douleurs.
i Quand des champs de Poitiers , témoins de nos malheurs Reportant mes regards sur la France alarmée ,
Je la vis sans trésors , sans chef et sans armée ;
Lorsque ma faible main saisit avec effroi Ce sceptre si pesant tombé des mains du roi ,
Seul , chargé du fardeau de cet empire immense ,
Je plaignis ma jeunesse et tremblai pour la France. Avide de conseils , recherchant des soutiens # J’appelai près de moi les premiers citoyens.
A ma voix , dans Paris les Etats se rassemblent.
Que font-ils ? Sous Marcel ils s’abaissent , ils tremblent. Loin de sauver l’empire ils aggravent ses maux.
Ils promettaient des lois , ils trament des complots ;
Et, jusqu’au pied d’un trône entouré de ruines , Déchaînent le fléaq des guerres intestines.
Si du moins leur fureur n’eût menfté que moi !
Mais deux objets sacrés , la patrie et le roi ,
Sans le secours des cieux, succombaient leurs victimes. Que pouvais-je au milieu de ce torrent de crimes ? Entre tous les partis m’avançant isolé ,
Sur ce chemin glissant mes pas ont chancelé.
Je n’ai pas toujours vu d’un œil tranquille et ferme Des désordres publics le véritablq terme,
Ni les nombreux écueils qu’il fallait éviter.
Mais le ciel m’est témoin , jîai droit de l’attester ,
Que , plein de sentimens dignes de ma naissance ,
Mon cœur voulut toujours le salut de la France.
Jè saurai l’obtenir si vous me secondez.