‹ Charles de Navarre, tragedie en cinq actes;Chapitre 2 sur 65 · LE ROI DE NAVARRE, GRANVILLE · texte numérisé non relu

LE ROI DE NAVARRE, GRANVILLE

GRANVILLE

Oui , sire : de la paix le bruit inattendu Dans les murs de Paris est déjà répandu.

On dit que le Dauphin qui pour vous se déclare , Daigne vous rétablir au trône de Navarre ;

Qu’il vous a pardonné ; qu’au sein de vos états , Vassal obéissant , vous reportez vos pas.

Cependant , occupé du soin de votre gloire , Marcel dément ce bruit; il refuse de croire Qu’à vos vastes projets renonçant aujourd’hui , Vous retiriez au peuple un généreux appui.

D ne craint point.de vous cette lâche faiblesse.

Mais l'ardent Pecquiguy , ce chef de la noblessfe,

En cris audacieux éclate contre vous.

Déjà de ses amis annonçant le courroux , •

La menace à la bouche , il vous cherche , il s’approche. Que pourrez-vous répondre à son juste reproche?

N’en redoutez-vous point les dangereux effets?

LE ROI hE NAVARRE.

J’attendais ce courroux : il sert à mes projets.

Comment ?

GRANVILLE

LE ROI UE NAVARRE

Tu vois la France aux troubles condamnée.

Depuis que de Poitiers la funeste journée «

Lui ravit son monarque, et du jeune Dauphin Éleva la faiblesse au pouvoir souverain •,

Depuis que d’Edouard illustrant la victoire ,

Et tombé de son trône ainsi que de sa gloire , L’orgueilleux Jean second moutre à Londre étonné L’héritier des Valois en triomphe amené ,

L’Anglais, maître du roi son captif, son otage, Tranquille , aux bords français promène le ravage. Chacun des grands vassaux s’arme dans ces hasards i Contre une autorité cédant de toutes parts Il lutte , ou se retranche au fond de ses provinces. Paris môme, Paris, si fidèle à ses princes ,

Insulte du Dauphin tous les droits attaqués.

Pour comble de malheur, les états convoqués Du feu des passions doublent la violence.

Trois partis tour à tour emportant la balance ,

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