‹ Charles de Navarre, tragedie en cinq actes;Chapitre 3 sur 65 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

S y disputent 1 empire : au fils du prince absent L uu , celui de la cour, marque un zèle impuissant. L’autre , formé du peuple, a pris Marcel pour guide. Pecquigny du troisième est le chef intrépide -,

Des nobles sous ses lois marche le corps nombreux. Ma fortune aujourd’hui vient se placer entre eux ,

Et toujours du plus faible embrassant la querelle Prête son assistance au parti qui chancelle Jusqu’au moment heureux où leurs débats jaloux Permettront à mon bras de les accabler tous.

Ce momedt tardait trop : ma politique habile En signant une paix à mes desseins utile ,

Me rapproche d’un bien qui m’échappait toujours , Et de mes grands destins précipite le cours.

Cette nuit je triomphe et Paris me couronne.

GRANVILLE

D’un projet si hardi quel confident ?

LE ROI DE NAVARRE

Personne.

GRANVILLE

Et qui doit le servir ?

Pecquigny.

LE ROI DE NAVARRE

Tous. Le Dauphin, Marcel,

GRANVILLE

Vous

pourriez.

LE ROI DE NAVARRE

Ce pacte solennel ,

Du Dauphin rassuré trompe la prévoyance-,

Comme il me croit sans force il est sans défiance. -, D’ailleurs il est trop loin de soupçonner qu’un roi ,

Alors qu’il l’a promise, ose éluder sa foi.

De la jeunesse encor les erreurs l’environnent. <

Pour Marcel et les siens , leurs forfaits me les donnent; Point de grâce aux pervers si le prince est vainqueur.

GRANVILLE

Mais l'altier Pecquigny! Sire , jamais son Cœur N’abjurera pour vous , quelqu’amour qu’il vo»s nïarque , Les droits de la noblesse , et même du monarque : - Ennemi des abus , il prétend corriger Les lois de cet état , et non pas les changer N’espérez point fléchir sa fière indépendance.

Non ; mais je puis du moins égarer sa prudence ;

J’en connais le moyen. Le voici , laisse-nous.

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