ACTE I, SCÈNE I
S y disputent 1 empire : au fils du prince absent L uu , celui de la cour, marque un zèle impuissant. L’autre , formé du peuple, a pris Marcel pour guide. Pecquigny du troisième est le chef intrépide -,
Des nobles sous ses lois marche le corps nombreux. Ma fortune aujourd’hui vient se placer entre eux ,
Et toujours du plus faible embrassant la querelle Prête son assistance au parti qui chancelle Jusqu’au moment heureux où leurs débats jaloux Permettront à mon bras de les accabler tous.
Ce momedt tardait trop : ma politique habile En signant une paix à mes desseins utile ,
Me rapproche d’un bien qui m’échappait toujours , Et de mes grands destins précipite le cours.
Cette nuit je triomphe et Paris me couronne.
GRANVILLE
D’un projet si hardi quel confident ?
LE ROI DE NAVARRE
Personne.
GRANVILLE
Et qui doit le servir ?
Pecquigny.
LE ROI DE NAVARRE
Tous. Le Dauphin, Marcel,
GRANVILLE
Vous
pourriez.
LE ROI DE NAVARRE
Ce pacte solennel ,
Du Dauphin rassuré trompe la prévoyance-,
Comme il me croit sans force il est sans défiance. -, D’ailleurs il est trop loin de soupçonner qu’un roi ,
Alors qu’il l’a promise, ose éluder sa foi.
De la jeunesse encor les erreurs l’environnent. <
Pour Marcel et les siens , leurs forfaits me les donnent; Point de grâce aux pervers si le prince est vainqueur.
GRANVILLE
Mais l'altier Pecquigny! Sire , jamais son Cœur N’abjurera pour vous , quelqu’amour qu’il vo»s nïarque , Les droits de la noblesse , et même du monarque : - Ennemi des abus , il prétend corriger Les lois de cet état , et non pas les changer N’espérez point fléchir sa fière indépendance.
Non ; mais je puis du moins égarer sa prudence ;
J’en connais le moyen. Le voici , laisse-nous.