ACTE II, SCÈNE II
Dût un hasard fatal , que je ne puis prévoir ,
A l’àveu du complot intéresser mon zèle ,
Plutôt mourir cent fois que de t’être infidèle.
Ne crains rien. Cependant, tu dois te préparer A me voir pas à pas te suij re , t’éclairer ,
Contre tous tes projets armer ma vigilance ,
Te combattre dans l’ombre, et te vaincre en silence. Èartout, à tous momens tu vas me retrouver.
J’ai mon pays , mon prince et ta gloire à sauver; J’en ai l’espoir. Adieu. Je te livre à toi-même. Consulte bien l’honneur , notre arbitre suprême.
Je quitte un conjuré dans sa haine affermi ,
Mais quand tu le voudras , je rejoins mon ami.
PECQUIGNY
Demeure. Tu ne peux , après ton inconstance , Garder ce fer garant de noire intelligence.
Tu sais qu’il doit armer une fidèle main.
Je l’attends.
CLISSON
Il suffit. Je comprends ton dessein ; Mais avant qu’il te serve à m’arracher la vie
PEC QUIGNY.
Non, ton parjure en vain à frapper me convie.
Un sentiment trop cher te défend dans mon cœur.
CUSSON
Vas , ce jour t’apprendra si je manque à l’honneur, Si j’ai mal soutenu les droits de la patrie ,
Et par qui , de nous deux , elle est le plus chérie. Adieu. Je t’admirais aux conseils, aux combats :
Je te plains , je te fuis et je ne te hais pas.
Tu me verras toujours à la France fidèle ,
Me dévouer pour toi , mais t’oublier pour elle.