SCÈNE III
Les précédens, PECQUIGNY.
PECQUIGNY
Prince , daignez m’apprendre Quels devoirs en cealieux m’obligent à me rendre.
Ce pompeux appareil, ce cortège de* preux,
Tout semble m’annoncer.... Que vois- je au milieu d’eux ? Clisson !
LE DAUPHIN
Lui-même !
PECQUIGIf Y, à part.
O ciel ! O fatale entrevue !
A-t-il tout découvert ?
CLISSON. à part.
Il pâlit à ma vue.
LE DAUPHIN
(à Pecquigny.) ( à Clisson.)
Venez. Vous, vos secrets pour être révélés Attendaient sa présence....
PECQUIGNY, ipart.
- Il n’a rien dit.
LE D A U P HIN
Parlez.
« CLISSON
Prince , j’ai votre estime et ma foi la mérite.
Je n’ai point à rougir d’une indigne conduite.
Je fus votrp ennemi , vous le savez : alors ,
Ignorant vos projets , aveugle en mes transports,
Je combattis vos lois ; je crus que la patrie Elle-même approuvait ma rebelle furie ,
Et plaçait dans mes mains ce poignard redouté ,
Arme de la vengeance et de la liberté ,
Ce fer mystérieux qu’en effet je possède.
Mais l'amour dans mon cœur à la haine succède ; Tous mes vœux sont changés ; et depuis qu’à mes yeùx Vous avez fait briller vos desseins glorieux,
Sûr du bien de l’état , rempli de confiance Dans le génie heureux qui veille sur la France ,
J’ai déposé ce fer inutile aujourd’hui.
Un autre m’est donné pour vous servir d’appui 5 Il soutiendra vos lois et vous même et l’empire.
Voilà ce que l’honneur me permet de vous dire.
' 1 * PECQUIGNY, a part.
Il nous sauve.
Quoi donc, ce n’est pas en ce jour Au sein de mes bienfaits reçus devant ma cour,
Quand vos libres sermens vous laissaient sans excuse , Que vous avez formé ces complots qu’on accuse ?
CLISSON
Pouviez-vous le penser? Vous disposez de moi. Je ne m’appartiens plus quand j’ai donné ma foi.