ACTE IV, SCENE III
Tiens, prends, aurais-je dit : de nos tristes débats , Que le bien du pays au moins ne soulîre pas :
Si je meurs, cours remplir ma dernière espérance : Je te lègue, en mourant , le salut de la France.
Dans le plus saint devoir, prince , il m’eût remplacé. Il vous rendait Clisson , il l’aurait surpassé.
LE DAUPHIN
France ! avec ces héros ta fortune est certaine ! Allons 5 et , prévenant les efforts de la haine , Noos-mêmes interrogeons le fidèle sujet Qui vous a dévoilé cet effrayant secret.
Craignez , en l’appelant , de nouvelles disgrâces. Du dangereux Marcel il assiège les traces $
Il le suit, il l’observe.
LE DAUPHIN
A nous saisir du traître ?
Et pourquoi différer
CLISSON
Osez-vous l’espérer ?
Toujours environné de nombreux satellites ,
Marcel rit de vos lois et brave vos poursuites. Attendons le moment choisi pour éclater ;
La main sur son forfait, il le faut arrêter.
Du signal convenu qu’il promet de surprendre , Maillard doit m’avertir, et nous devons l’attendre. Nous agirons alors ; cependant mes guerriers ,
Aux postes les moins sûrs se glissant les premiers ,
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Mourront pour les défendre à l’instant des alarmes. L’appareil de la paix enveloppe leurs armes.
Rien ne trahit nos plans. Comptez sur le succès. Que l’ennemi paraisse , il verra des Français :
Les traîtres s’enfuiront , ou , changeant de victime Dans le sang de Marcel ils laveront leur crime.
LE DAUPHIN
Ordonnez , disposez. Je veux qu’en ce palais ,
L’on amène à l’instant l’ambassadeur anglais. Lorsqu’il traite avec moi , je ne puis croire encore Qu’en servant des complots son roi se déshonore. L’ami du Navarrois vient ici nous troubler.