‹ Charles de Navarre, tragedie en cinq actes;Chapitre 56 sur 65 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

C LIS S ON, seul.

Du Navarrois je brave les soutiens.

Il a changé ses plans : j’ai dû changer les miens.

Qu’il tremble ! 11 tombe au piège où m’attendait sa haine. Mais le Dauphin proscrit !... Son danger me ramène. Tandis que sur sa tête est levé le poignard ,

Il écoute en secret l’envoyé d’Edouard !

Me confiant ses jours et le soin de l’empire ,

11 ménage un traité que l’honneur peut souscrire.

Et Pcequigny , grand Dieu ! l’aurais-je soupçonné ?

Pour la seconde fois dans le crime entraîné ,

Il s’arme , il vient saisir d’une main parricide ,

Qui ? le fils de son roi ! Je sais tout. Le perfide !

Il est loin de penser que mes yeux inquiets Aient épié ses pas et surpris ses secrets.

Et de tous ses amis le suit l’affreux cortège !

Quel est donc l’art trompeur de ce roi sacrilège ?

Lâches conspirateurs , par sa rage égarés ,

Vous cherchez le Dauphin : c’est moi que vous verrez.

Me voici contre vous armé pour le défendre.

Grâce aux précautions que vous avez su prendre ,

Il me faut de sa garde éloigner le secours.

Seul je lui reste , et seul je sauverai ses jours.

Je les entends vers moi porter leurs pas rapides.

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