ACTE V, SCÈNE III
Saisi près du palais , de ses remords troublé ,
Il a voulu me voir et m’a tout révélé.
Ne craignez rien , sa mort d’un témoin vous délivre.
Voilà ton nouveau maître , et tii pourrais le suivre !
Et vous pourriez du prince exiger le départ !
Vous dirai-je qu’ici , lui servant de rempart ,
Des légions de preux de leurs bras l’environnent ?
Je sais que les périls jamais ne vous étonnent.
Eh bien ! je le confie à votre loyauté ,
Sa vie en ce palais n’est point en sûreté ;
Il est seul , sans défense , il n’a d’autre cortège Que ses vertus, son nom , le ciel qui le protège ;
Vous ne l’ignorez pas : en cette extrémité ,
L’attaquer , mes amis , est une lâcheté !
Vous n’en commettrez point; vous n’y pourriez descendre ; Venez, venez plutôt l’entourer, le défendre.
Venez d’un prince auguste embrasser les genoux ; Reprenez votre gloire , et de chacun de vous Je suis encor l’ami , le compagnon , le frère.
Eh quoi ! vous balancez ? votre cœur délibère !
Nous fléchir , supplier , demander grâce ! non !
Plutôt braver la mort que briguer le pardon.
CLISSON
Crois-tu que je t’expose à cette honte extrême ?
Dégrader ses amis , c’est s’avilir soi-même.
Sache par quels ressorts... On ouvre ! le dauphin !
PECQUIGNY
A moi , guerriers !
CUSSON
Cruels !