GARDES
LE ROI DE NAVARRE
Quel spectacle ! ô fureur !
Je suis vaincu , captif , et pour comble d’horreur ,
Je leur vois adorer ma victime échappée...
( Au Dauphin. )
Ta fortune l’emporte, et ma haine est trompée;
Marcel périt ! et moi , vainement sur tes pas 3’ai semé les complots , les pièges , le trépas.
De mes vastes desseins je n’ai plus que la gloire,
Et ton génie au mien dérobe la victoire.
Je me flattais encore au sein de mes revers
Que ta mort.... Faux espoir , tu vis , j’attends des fers.
Mais tremble! dans ta cour il reste plus d’un traître.
Si je te les nommais !
LE DAUPHIN
Je n’en veux point connaître.
LE ROI DE NAVARRE
Prends-y garde : Marcel n’est pas mort tout entier.
De la rébellion ce poignard meurtrier T’assiège , te poursuit dans l’ombre et le silence.
LE DAUPHIN
Je saurai l’encbaîner.
LE R OI DE NAVARRE
Comment ?
LE DAUPHIN
Par la clémence.
Elle fait des ingrats et jamais des amis :
Crains tous ces courtisans que tu crois si soumis , Crains jusqu’aux défenseurs du trône de leurs maîtres.
LE DAUPHIN
Où je vois des guerriers je ne puis voir des traîtres.